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Sec 'bcjU e ^

BIBLIOTHGK

DEB

LITBRARISGHESI VBREINS

in Stuttgart. Xlli.

Stuttgart.

Gedruckt auf Koslen des literarischen Vereins.

1846.

LI

ROMAJVS D'ALIXANDRE

PAR

LAMBERT LI TORS

ET

ALEXANDRE DE BERNA Y.

NACH HAND8CHRIFTBN

DBR

rOniglichen rûchersammlung zu paris

HBRAU80BGBBEN

VON

HEINRIGH MIGHELANT,

MITOUn —n«R«l OBLBHRTBir VWMMSKB IN FRANKEUCH IIND IM AU8LAND.

-^<§§>*^-

8TUTT6ART.

.flVDAUOIT AUF KO0TRR DB8 UTBBAAISOBini TaUlINS.

1846.

<M'

Dnrak tob J. Kresser ia Stvtlffarl,

V 0 R W 0 R T.

Wenn ein Heraasgeber des Liedes von Alexander dem Grossen die Frage beantworten woUte weshalb das Mittelalter, ungeaehtet seines eigenen Reichthums an Heldensagen , die der alten Welt entiehnt und au8 ihnen einen neuen Sagenhreiss gebildet habe, der fast eben so man- nigfaltig ist wie die Ton Kaiser Karl und yon Kônig Artus , so Ifige das weder ausserhaJb seiner Aufgabe, noch hitte er zn fûrchten dass er bei seinen Lesern keine Theilnahme finde. Dessen ungeaehtet, und obgjeich dièses Urbild eines Helden ailes in sich schliesst was fur ein Heldengedicht nothwendig ist, lassen wir die Frage doch unberûhrt, weil sie uns auf das Wesen^en^f B^hlJLunst fûhren wûrde , wovon irir hier nieht sprechen woIlen,Jimd weil die Bekanntschaft mit den iîbrigen Dichtungen die aus dem édterthqm entiehnt sind, wie dem Florimont des Aymes Ton Varenne, déih trojani|ehen Krieg des Benedict Ton St More, dem Atjs und Prophilias Ton Alexander Ton Bemay, weiteren Stoff darbieten kann, der, Trenn auch nieht unumg&ngUch nothwendig, doch geeignet ist neues Licht auf den fraglichen Gegenstand zu werfen , uns eine genauere Vorstellung Ton der Art und Weise zu geben wie das MitCelalter die alte Welt auffasste, und wie es, indem es dleselbe zu seinem Eigenthum machte , sich ToUstfindig in ihr spiegelte.

Wir werden uns also darauf beschrânken in alFer Kûrze den Ur- sprung unseres Gedichtes zu besprechen, sogar ohne dass wir seinen BntwicUungsgang, und die Umgestaltungen die es in den Terschiedenen Zungen Europa's * erfahren bat, auseinandersetzten.

1) Am»er den Tercehiedeaen dentschen BearbeUan^^n g\éhi ci elae iFanideho (S«Aehea eoleeeiott de poesUs aatiruAt I.) , eiae dinUehe (Njernp , almiadell^ marskablaeiBiar, B, 40), dne aehwadÎMhe (Oe/er, «weaska foliket hUtoria 4, 220), «lae altoordiaeke (Biaari , kut litt. Ulaad. 8. 107) , aiae holliadMche (Moae , aluUederUadli«he Volkstttoim. tar , S. 83) , eiae eaf lisehe (Wartoa , ea^lMb poetrj 3 , 409. Weber , meti-ieal romaneea i, 2tS), eiae Mkaiiaehe (Dotrowaky, Oetehiehte der bdhmiaehea Spraebe, 0. 129).

VI

Diss um 80 mehr als einigen der auswârtigen Bearbeitungen das lateinische Gedicht Walthers von Chatillon (zwischen 1176 und 1201) zu Grande liegt, dessen Vorbild der alten Welt nâher stund. Bine Menge von Arbeiten sind schon dber diesen Gegenstand erschienen: sehr gelehrte Mânner haben die verschiedenen Quellen und die Anfange von Alexanders Geschichte besprochen; andere haben sich mit der Ueberlieferung, in ihrem Verhâltnis zu den verschiedenen Vôlkern bei denen sie nach und nach heimisch wurde, beschâftigt; noch andre haben ihren Fleiss auf das Gedicht selber gewendet. Aber ungeachtet ail dieser Arbeiten und Untersuchungen sind doch noch eine Menge Fragen ungelôst, oder nur unvollstandig beantwortet. Sie hier aile zu erledigen machen wir uns keine Hoffnung, wefl wir die Herausgabe einer der Bearbeitungen des Gedichtes nur als einen Beitrag weiter ansehen. Indessen hat uns doch dièse Arbeit, so unvollkonunen sie ist , einige Belege geliefert die kûnftighin , wenn auch nicht die Frage vollstândig anfhellen, so doch , mit andern zusanomengestellt, ein wenig mehr Licht auf sie werfen kônnen.

Vergleichen wir das Heldengedicht des Mittelalters mit den âltesten der ûbrigen Vôlker Europens , mit der Diade oder dem Nibelungenlied, so bemerken wir dass es im 12. und 13. Jahrhundert, obwohl es in einigen Hinsichten sein ursprûngliches Geprâge beibehâlt, doch sich ail- mâhlich umgestaltet Es hat sich von seiner ursprûnglichen Quelle, von den Ueberlieferangen aus der Gôtter- und Heroensage, entfernt, es hat au^ehôrt die Begebenheiten die die Ueberlieferang aufrewahrt batte , der Einbildungskraft den Dichters oder der Dichter , welchc der Ausdruck der jedesmaligen Volksstimmung sind, zur weitern Entwick* lung mitzutheilen ; hat sich wohl durch die Schuld der Zeit - un- geschickter Weise in Geschichtserzâhlung, in Erz&hlung eines Lebens- laufs verwandeit, berichtet jedoch keine wirklichen, sondem nur sagen- hafte Begebenheiten.

Da es mitten unter Trûmmera von Werken lebt die einer unter- gegangenen Bildung, oder vielmehr der Zeit des Zerfdies dieser Bil- dung angehôren, so mischt und verbindet es die niedergeschriebene Geschichte und Sage mit der lebendigen Ueberlieferung , die noch im Volk und dorchs Volk gesungen wîrd. Daher berufen sich die Gedichte dieser Zeit insgesammt , oder doch der Mehrzahl nach , auf eine alte Quelle , ein Buch , eine Chronik , eine Klosterarkunde ; und der mittel- alterliche Dichter, gewôhnlich zu sehr eingenommen fQr den geschicht-

VII

lîehen Werth solcher Berichte, hal sich bemûht ihnen elne hoheWich- Ugkeit beûalegen , indem er aile Quellen aufBucht , indem er die Er- sahlangen und die Berichte fiuammenstellt und vervielfiltigt Es liegt uns niclit ob ans niher auf dièse Fehlgeburten des mittelalterlichen Heldengedichtes einzulassen , das sich in ûbermâssiger Fruchtbarkeit immer nea geboren and so selbst vernichtel hat : das bildet eine selb- stândige Frage, die Geschichte des Zerfalles dieser Dichtung. Die Un- tersachong ist yon hôcbster Wicbiigkeit fur das franzôsische Volk, welchem man yorgeworfen hat es besitze kein Heldengedicht» weil man nicht bemerkte dass es statt eines einzigen vîelmehr eine xu grosse Zahl hat; doch ist wie gesagt dafur hier der Ort nicht

Die einzige fur uns bedeutende Thatsache ist dass die mittelalter- lichen Dichter , indem sle zahlreiche , weitschweifige Werke m Tage fordern wollten, neue Gegenstânde aus Bûchem herbeiholten; seis weil ihnen keine Sagen zu Gebot stunden , seis weil sie sich lieber auf ge- schriebene Werke hezogen, seis endlich weil sie in diesen vollkomm- nere Vorbilder zu finden glaubten als in der lebendigen Ueberlieferung, die entweder zu sehr entstellt, oder ihnen zu wenig bekannt war. Dièse Frage , welche sich auf die Quelle des Aleianderliedes bezieht , ist um so wichttger, als der ungjaubliche BeiM den die neue Schôpfung fand, eine grosse Zahl von Dichtem , in Frankreich und in Deutschiand, be- wog sich ihr zu widmen. In Deutschland betriigt ihre Zahl sechs * und was Frankreich betrifit so werden von den Literargeschichtschreibern aosser Lambert dem Krummen (Lambert li Tors ') und Alexander von Bemay *, den unbestreitbar âltesten Bearbeitern des Alexander , noch Johann aus Nivelle (Jehan le Nivelois *) , Guy von Cambray ^ Peter yon S. Cloot, Jacob yon Longuyon*, Johann von Motelec, Johann yon Brisebarre , und Hugo oder Hiîon yon Villeneuve angefuhrt ^

1) LmfTMht, BertoU Tom Berboltabeim, BUterolf, RvdolfYon Bai^ Ulri«h Ton BsehembMh ,

2) Amin loMB LMBb«rt li Oon (Laaibert der Kvse).

8) Bersa/, Bttit aa 4er Oharentoaae ia der Nonaaadie (Bore-Derarteaieal).

4) Vi Telle* (ICyreli) , Stadt aa der Thieae, eildlich yob Brûetel, waUoaieebea Tbaila vos atd-Brabant.

9)0aMbra7, im flraaafttUehen Norddepartemeat. Die Heiiaat aller dieser Diebtpr lieft sebr oder weaifer la der Nihe der fraaaôeiaeb-aiederdeaueliea Spraohcreaae.

6)LoBrayoBaM OUera, aaUrhalb Loagwx, ebealUle aah aa der Spraohffreaae.

7) HUft. Utt. XV, 100. 119. 160. Wir haUea dieeee Veraeiohni. fur nareaaa, aad rUaie» daae Oraad TOrbeadea ial ciaife der feaaaatea Diebter aa Uifen , da maa ibarn aUaabarciftwUliff alae der BearbeHaarea dea Oedlebtes aaffoaebriebea bat.

VIII

Pauchet fuhrt auch (in seinen Origines, 541. 552) einen Geistiichen von Bologne ^ mit Namen Simon an, und Deutschiand nennt uns einen Alberich von fiisenzun * als Quelle des âltesten deutschen Gedichtes, das den PMen Lamprecht zum Ver&sser hat Trotz der Wichtigkeit virelche die Entdeckung des ursprûnglichen Dichters fur die Geschichte der franzôsischen Dichtkunst haben musste , weil das Alexanderlied das âlteste Gedicht in zwôlfsilbigen Zeilen ist, und vreil der Vers des Hel- dengedichtes der den Namen Alexandriner trâgt, von ihm herstammt, ist es doch noch nicht gelungen, zu bestimmen welchen Antheil an der Bearbeitung die beiden âltesten Dichter gehabt haben, und ob der Vers nach dem Gedichte benannt ist in dem er zuerst gebraucht vrard, oder nach einem der Bearbeiter, Alexander von Bernay. Und doch gab das Gedicht einen Anhalt fur die Entscheidung. Sie lâsst sich entnehmen aus der Stelle :

Bia Cki«ai«ber yod CMtoMan » Lamkert der Kramoio , Mhrieb*! } £of*fl au 4em L«teiiiLieh«ii «ad hraobt* •• » die Ludeeepraelie <

und aus der andem:

Dm Mffl «■■ Alexander , der tob Bernay war rebârtif ,

Vad Toa Parie ferner war eeia Eoaame f enasat |

Der BSB eelne Zeilen denen dee Lamkert hak kciffeaileehi «

60 data die Brobernar tob Oaaa mit dieaer Zeile yoUflàB^ rc«^l>iM*r* ^"^

Im 12. Jahrhundert konnte die Geschichte dés macedonischen Alexander bel den Vôlkem des Abendlandes kein Eigenthum der leben- digen Ueberlieferung sein : sie hatten sie nur aus Bûchern kennen ge- lemt, und da uns Lambert sagt er habe sie aus dem Lateinischen in die (romanis.che) Landessprache gezogen oder iîbertragen» so muss man jene Quelle unter den lateinischen Schriftstellern suchen. Ist sie einmal gefunden, so wird es leicht, durch Vergleichung der

i) Veraiathlieh Boalofae.

2) BeiaaçoB.

S) Ua elere de Oaateldaa , Laoïbert li Tore , Peeeril,

Oai de rutia le traiel et ea roaaa le aiiet. (0. 250, I. 2.) ' Oaeteldoa iat Ohàtcandaa aa Finie Leir , aordweeUieh von Orleeae , im hentifea Depar- . (emeat der Bore aad dee Loir.

4) Ci aoe dit l*Alizaadre , «ni de Barri 0 Beraay) Ait née , et de Peria refta eee eoraoBe apielée , «ni or a lee eieBe rere o lee Laartert neUée «aa li fneree de Oadroe eet à eeet vier aaée. Die vorletate Zeile léhlt ia aaeera drti Haadeehriltea, Aadel eiek aber Aiel ia allea aBdera.

IX

Telle ZQ eriennen was yon Lambert herrûhre, und zu entscheiden welches die Zeilen seien die Alexander foeigemischt hat. Denn indem dieser sehr nachdrûcklich die Zeile hervorhebl: welche der Bericht ûber die Eroberung von Gaza schliesse, erhellt dass er diesen Theil ganz besonders als sein Werk in Ansprucb nimmt Die Aub< scheidung war also, wie man sieht, ziemlicb leicht gemacht: es bandelte aich bloss dariim das ursprûngliche Geprâge zu finden, jene Geschichte

•n ■•brera Ortea anllrcaehrieben vnd miadiieh erzâhlt, *

die nemlicbe sonder Zweifel die Peter der Ehrwûrdige in einem seiner Schreiben erwâhnt, wo er einem Mônche Namens Nicola auftrâgt ihm einige Biîcber mitzubringen, unter andern die Geschichte des grossen Alexander. ^ Oa nun dieErzâhlung nicht die des Curtius ist, so war es naiûriich dass man sie im falschen Kallisthenes aufsuchte. Und in der That rûlirt von ihm der Stoff her, von ihm hat sich der Dichter fûhren lazsen, er giebt das Gewebe fur den grôsten Theil des Gedichtes. Ich sage den grôsten Theil, weil es auch Steilen enthâlt die an Curtius und Arrian erinnern, so namentlich die fielagerung von Tynis, woran sich, 'als Zwischenerzâhlung des Alexander von Bernay, die berûhmte Eroberung von Gaza, die Erstûrmung des Felsen und einiges andre schliesst Es darf nicht auffallen dass die Geschichte des falschen Kallisthenes, mit ihi# Neigung zum Wunderbaren, den Vorstellungen des Mittelalters besser zusagte aïs die ernsten Geschichtschreiber. Der Vorzug den es ihr gab, erhellt nicht nur aus der Wahl des franzô- sischen Dichters, und aus der Menge von Handschriften vrelche man Ton diesem Alexander besitzt ^ sondern vrir finden seine Spur auch onverkennbar in einem altdeutschen Sprachdenkmal, dem Annolied:

Dm dritte Thicr war ein Leopvd, rier Adleraflâfel balte w, éêr beieiehaato dca f rieabUebmi Alexaadari der nit rier Heerea dareh die Laade tabr, bia er der Welt Bade bei roldeaeB B&nlea ftuid.

la ladiea dorehbraeb er die Wfiate :

adl iweea Bâamea hall* er da Ualerrednar {

f) Sa ploiaora liez «aerife, et par booee coalée (0. 2, Z. 20.)

2) Hialoriaa Macai Alexaadri ... et ai f aa alla boaa habaeria, teeani defer. Bplt. 30. lib. VI.

3) Be hciael Alezaader de proeliia oder Vite, aetaa et obilaa Aie- saadrl. Dia «ratea Aaaffaben aind aae dem 15. Jabrbaaderl.

mit iween Ortifen fahr er ia dem Lâlten) in rineni Okue Uaeht* «r iai Meer. *■

Wir sehen hieraus dass die verbreitetste und anerkannteste 6e- schichte Aleianders. die lateinische Uebersetzung des falschen Kallisthe- nes war. Dazu kam ein Grand welcher seibst in den Augen der da- maligen Gelehrten Bedeutung batte, da sie alten Scbriften einen unbe- grenzten Werth beilegten und mit wunderbarer Glâubigkeit die seltsam- sten Berîchte gut hiessen. Dem faiscben Kallisthenes ist nemlicb das Schrelben Alexanders an seinen Lebrer Aristoteles ûber die Wunder Indiens beigegeben. Da sie dasselbe fur ecbt hielten, so glaubten sie einer Erzâblung die von dem Kônîg seibst herrûhrte, unbedingtes Ver- trauen scbenken zu miissen. Ein ganz entsprecbender Fall bietet sich dar bei dem Berichterstatter ûber den Kreuzmg Friderich Barbarossas, welcher sagt: nwenn, was Dares der Phrygier ûber die Zerstôrung yon Pergamus erzâhlt, aus dem Grande roehrGlauben findet weil erAugen- zeuge yon dem gewesen ist was andre nur von Hôrensagen gemeldet haben ...,«»

Wenn femer Benedict von S. More, welcher dem Konrad von Wirzburg und dem Herbort von Fritzlar als vttbild gedient bat, in seinem trojanischen Kriege dieser Darstellung den Vorzug giebt, so ist es nicht auffallend dass der falsche Kallisthenes bei Lambert gleiche

1) Dm driui dier wu ein lebarttf:

Vier arin Tederich ker haTÎM )

4er b«aei«iaBOle den enMhiskia Alexaaderia,

4er malt y|er beria rûr aftar laadia,

■aa her dir werilt eiade

M rvMiain •ivlia bikaate.

la laiia her die wAeli darehbraeh ;

■il aweia baaMia ker eiek (eepraek,

ait aweia ^rlfea

rûr ker ia laltea, «•

ia eiao flaie

liea er eieb ia dea eé. Rkjlkmae de S. Aaaoae, U. Jfarttaae Opitàae. Deatteoi 1S39. XIV. (B. 23). Vrl. 4$n Abdraek ia Sehiltert Tkeeaanie I. an 0ekla«a. Die biblieche SIelIe die kicr aaf Alexaader redeatet wird* ist bei» Propbelen Daaiel 7, 6.

2> Qaod ei Friffio Dareci de Perganaram eTemioae poeiae ereditar, faia «ood alii re- talere aaditan, ille preeeae eoaapezit .. . BraebatAek Aber dea Kreaaaaf Friderieka I., keraaef. roa Fr. Freikerra Toa Beiffeaberg. Bibliotb. des lit. Vereîae. Neaater Baad. 0844.) B. 6.

XI

Giinst £uid, und dass dieser das oben erw&hnte Schreiben vollstandig in sein Gedichi auHaaluii.

Ich sage der faische Kallisthenes , und nicht mit Angélus Mai Jolios Valeriiu, denn die treffliche Untersuchung von Berger de Xi- vrey * hat mich ûberzeugt dass der Julius Valerius nichts weiter ist als die Uebertrâgung einer der zahlreichen Bearbeitungen des griechischen Geschichtschreibers oder yielmehr Erzâhlers ; Bearbeitungen die gleich- wohl ohne Zweifel weit hôher hinaufreichen als Letronne annimmt, der sie erst aus dem 7. Jabrhundert herrûhren lâsst S indem, nacb einer einsichtsToUen Mittheilung Keumanns \ die zu Venedig herausgekom- mené armenische Uebersetzung *, zufolge der Angabe ihrer mechita- ristischen Uebersetzer, denen bei Entscheidung von Fragen aus ibrer Literatiir and Spracbe wohl ein Urtheil zugestanden werden darf , bis ins 5. Jahrhundert hinaulreicht Die Bearbeitung die A. Mai heraus- gegeben hat, enthâit nicht aile Abenteuer unsres Gedichtes: einige der wunderbarsten feblen ihr, wâhrend andre weiter ausgesponnen sind. Zwei Handschriften der Bûchefsammlung zu Metz, die eine aus dem 12., die andre aus dem 11. Jahrh., haben mir gleichmâssig Abweichungen dargeboten die in den Pariser Handschriften nicht zu finden waren, und wenn man dièse Abweichuifgen, denen vielleicht einige andre we- niger bekannte beizufûgen wâren, zusammenfasst, so weisen sie auf den ùdschen Kallisthenes, der so als die voUstandige Quelle des franzô- sischen Gedichtes erscheint, wâhrend die Bearbeitung des Julius Vale- rius nur einen Theil derselben bilden wûrde.

Fasst man die Andeutungen die unsre Handschrift giebt, und ausser- dem noch andre, wie die dass Alexander seine Zeilen denen des Lambert beigemischt habe, zusammen, so zeigt sich dass sie ob man sie nun als abweichende Lesarten oder als Zusâtze spâterer Abschreiber be- trachte ait genug sind um Zùtrauen zu verdienen , und dass ihr fort- wâhrendes Wiederauftreten ihnen einen ziemlichen Werth verleiht Mit- hin ist aller Grund yorhanden, der Vermuthung Raum zu geben dass das Gedicht wie es Lambert ursprunglich bearbeitet bat, eine der Bearbeitungen

1) 'Koûcêa et «tniti les ntavierito , T. Xm.

2) JmirMl def MTUM. Oei. 1818. 6(9.

3) OeUkfte AsMigmi. M Anehen , 14. Dec. 1844, Nr. 250. 351 252.

4) PftiMvtUvn Aehoknadri Mftketonaiwoi. JT. Wene^if, dparanl ■•rbain OhtMta. 4 1812. (ClM«Ueht« AlezMidtra dea HfeMdonien. Vracdiff, ia der Dniekcrei de* kelllren

Im Jehr 1S42.)

XII

des fsdschen Kallisthenes gewesen sei, und dass dann Alexander von Bernay wenigstens die Eroberung Yon Gaza , vielleicht auch noch einige weitere Zwischenerzâhlungen beifûgte, die er von andern Geschicht- schreibern entlehnte , wîe z. B. die Belagerung von Tyrus aus Curtius genommen ist

Der weitere Verlauf meiner Nachforschungen scheint dièse Ansicht za bestâtigen. Die Bûchersammlung des Pariser Zeughauses (la biblio- thèque de l'arsenal) besitzt, ausser der neuen von Sainte -Palaye her-* ruhrenden Abschrift des Alexanderliedes , eine Duodezhandschrifl auf Dnickpergament (No. 162, Belles-lettres) die weit âlter ist als aile andern von demselben Gedicht, und vermuthlich aus dem Anfang des 13. Jahrhunderts stanunt Sie enthâlt auf 129 Blâttem, die einspaltig mit je 27 Zeilen geschrieben sind, eine Geschichte Alexanders. Wenn gleich um vieles kûrzer als die Bearbeitung der von mir herausgegebenen âl- testen Handschrift der kôniglicben Bûchersammlung, stimmt sie doch mit ihr auffallend ûberein. Sie ist bis znm sechzehnten Blatt in zehn- sUbigen Zeilen abgefasst, und beginnt

Olwnçon Toil lliûre ptr rino «i par lioine *■ io V ûl Felipe , le roi de Iboédoine.

Auf dem 16. Blatte, das neuere Schrift und Bnderes Pergament hat, schliesst ein Absehnitt von zehnsilbigen Zeilen mit den Worten

•près orrea tôt atireeneat

de Ma procaeee , de aoa eonqnerement ,

und nun konunt ein Absehnitt von zwôlfsilbigen Zeilen:

De Daire , le Peraaat ,- ai eam il Tôt eo«f «ia , 01 de V roî Pron de Iode, faUl ehaiea et oeia,

beinahe ganz wie wir es (249, 24) nach der Handschrift von Sainte* Palaye geben, die am Ende Lambert den Krummen als Verfàsser des Gedichtes nennt, eines Gedichtes das allerdings mit der Erzâhlung des falschen Kallisthenes ziemlich gleich lautet, aber viel kûrzer ist als aile die andern Bearbeitungen. Eins von den eigenthûmlichen Merkmalen der vorliegenden war dass sie, bei einem zuweilen sehr reinen Franzô- sischen, zahlreiche Spuren limosinischer Sprache darbot, ein Umstand welcher um so mehr Beachtung verdiente als Fauchet S dem darin Borel und Ménage folgen, dem Geistlichen Simon von Bologne (Bou-

i) la leoBÎaiaelieli Veraea. Siehe Ferdiaaad WoW, Ueker die Laia «nd Se^oeftacii S. I7B. 2) Oririnea , B. 541. 54?.

XIII

logne) ein Alexanderlied xiuchreibt das in denelben Mundart verfassC sei, and mit den Worten beginne:

Cluuifon voU iir» p«r rjwf «i P«r loolii 4a I* m F«lip« , le rojr 4e Itoeèdom ,

was anzudeuten scheint dass der Verfiaisser des so beginnenden 6e- dichteswirklichderGeiflUiche Simon gewesen aei, und dass man dasselbe mil Unreeht fur ein Werk •LamberU erklârt habe. Indessen ceigt sich bald dass Fauchets Zeugniss doch kein besonderes Gewicht bat Einige Seiten spâter nemlîch giebt er, als demselben limosinisehen Gedicbte gebôrig (somit in xebnsilbigen Zeilen yerfassi), folgende (iwôlMbige) :

U entet «e 4éf«rt«at, U plera ea ta «otomt

M U tatr* diTient HMopoiMiieu

U antre fa Torfvobi li autre Elimitane,

Il aatre fa EeaiaBe «i U antre Toeeans,

1* aatre fti Bepeifaoe et 1* aatre tk HonMae , li aatre Erapiei ^ et parla Uea RoaiaBi li aatre fa Fraa^oie et li aatre Normaas ,

die sich in der Handscbrift des Zeughauses nicbt finden, und entfemt nicht in limosinischer Mondact sind.

Verglichen mit den ûbrigen Handschriften , bietet das Gedicht des Zeughauses mehr aïs Aehnlichkeit : es ist eine kûrzere Erzâhlung Ton wdcher Ausdrûcke, Zeilen, ja lângre Stellen in jenem wieder auftreten, oder Tiehnehr der Kern des Gedichtes , ganz so wie der Dichter der es zuerst untemahm «Alexanders Geschichte zu emeuern und lum Besten derLaien in die Landessprache zu ûbertragen", ' es anlegen und niederschreiben konnte. Wegeilend ûber Aleianders Kindheit, seine ersten Kâmpfe gegen Nicolaus und Darius, kommt er nach den 400 ersten Zeilen auf den Plan seines Gedichtes, der in der vorliegenden Ausgabe S. 249 gegeben ist, und den er treulich befolgt Was den Inhalt selber betrifil, so hat er wenige Zwischenerzàblungen, eine grosse Nttchiemheit in der Schilderung der Kâmpfe , wenig Eigennamen und geographische Angaben ; was die Form anlangt , so findet man meistens ganz kurze Abschnitte mit durchgehendem Reim. Vôllig in dieser Art

1) Saropëeaf

2) Rafreoeir l*eetoire rAlizaaire

et la eoiniaeaeier

ea raaaaM, e'à r^t laie 4oit aafaes praStier (0. I. aoS 2.)

XIV

haben wir uns hôchst wahrscheinlich das Gedicht Lamberts zu denken, oder man mûsste zugestehn es sei ihm gelungen ein frech gestohlenes Werk fur sein Eigenthum auszugeben, was sehr schwer gewesen und am Ende doch entdeckt worden wâre. Fauchefs Angabe kommt also darauf hinaus, dass uns unbestimmt und ohne Beweis yerncbert wird ein gewisser Simon von Bologne habe ein Alexanderlied verfasst; aber Fauche! scheint das Limosiniscbe nicht -so genau gekannt zu haben, dass wir auf sein Zeugniss hin annehmen kônnten das Gedicht sei in jener Mundart verfasst gewesen. Was die Spuren dieser letzieren in dem Gedichte des Zeughauses betriffl, so kommi in Frankreich nichts hfiu- figer Yor: nach der Versicherung meines gelehrten Freundes Guessard, der mit diesen Dingen aufs Grûndlichste veirtraut ist, enthalten die Archive eine Menge von Urkunden die aus der Reichskanzlei hervor- gegangen, und urspriinglich in der reinsten Sprache des Zeitraums ab- gefasst sind, aber in den Provinzen in die man sie sandte umgeschrie- ben, und hier hinsichtlj|^ der Sprache vielfaltig verândert wurden, wo- bei sie jedoch ihr ursprûngliches Geprâge noch guten TheUs beibehiel- ten. UnserText giebt uns hievon zahlreiche Beispiele, sofern er hâufig Picardisches neben Franzôsischem zeigt

Hinsîchtlich seines Inhaltes ist der Text welchen wir herausgeben (kônigliclie Bûchersammlung Nr. 7190, 4.) ûber Gebûhr weitschweifig, und enthâlt eine Menge Zvnschenerz&hlungen und Wiederholungen, die nicht immer dem Aleiander von Bernay zug^schrieben werden dûrfen, sondern wohi andern Dichtem, -vielleicht auch den Abschreibem, denn auch sie haben îhre ZeUen denen des Lambert beigemischt Aber ausser der Eroberung von Gaza kann man unbedenklich die Belagerung von Tyrus, die beabsichtigte Belagerung von Athen, und die List wo- durch Aristoteles dièse Stadt rettet, auf seine Rechnung setzen. Er hâuft, om uns von seiner Gelehrsamkeit einen Begriff zu geben, die AnfQhrungen, die Vorschriften, die Belehrungen; gerade wie ers im Eingang zum Atys und Prophilias thut:

Wcr webe iil tob WUsen ,

■us «ifriff MiBaii 0MMeB ansitr««eB,

4Badi der «ai j«B«r iha aBaiMelB m5rt,

woriBs fBlBs Bai^piel kOBiaieB kiBB.

Hdrai Ton Wistea Alenaders (tob Beramy) ,

4er ianuB leiBe TarM «iek BBsbreitcB lieta,

4Baiit ar, weBB er «as 4ar Scitlielikail f«adiie«eB wir»,

kai 4aB aaiarB anrâkBl wirda.

XV

Br m «mM wmm fai F«lf« ftwtlMhêa I

MBiOTB Toa iea fl«hrillflten«ra kinBle er 4m Lttoa

▼!«!•• aaefe keiehiieb er m leiner BrinBaniBf. *

Nach dem Geschmacke seiner Zeit yenchwendet er Tumiere, Schlach- teo, Eimelstechen. Aiiuerdem fiilt die Menge Ueinasiatischer Vdiker- and Stidlenamen auf , em Beweis des Einflosses der Kreiuzûge. Da Lamberts Werk hievon anberûhrt geblieben war, so dûrfen wir anneh- men daas es weit Slter ist ala jenes.

Die Zeii genau zu besUmmen wo das Gedicht oder seine beiden Bearbeitangen erschienen sind, w2re wohl eine sehr schwierige Auf- gabe. Doch kann man unbedenklich aoli 12. Jabrhundert zurûckgehn. Ich will bier aile Anspielungen auf die franfôsische Geschicbte, die man so bereilwillig darin gefùnden liât, bei Seite lassen, und die ganse Frage hier nicht weiter verfolgen: es werden sich andre, strenger be- weisende Thatsaohen ergeben.

Ajmes Ton Varenne sagt in seinem Florimont:

Ibr Herren, lek weUs gênm ««Terl&Mif

iMs il» TOB AI«bb4w r«k5rt kÉbtt

Bk«r BO«k wîMcC Ihr Biebt

woker mIbo Hntter Olymfiu warj

TOB Kftair Pkilipp wimet ihr Biekl ,

i«r ■•!& Tattr ww, wok«r ier f«bArtif «. ■• w. *

t) Oal nffM oat Saritafthe,

kiaa 4oil Mpaair* sa •«■•B«ke,

faa leva la paisM reeaeUir ,

loal boiaa «xeiaplM paiit Teair.

Oèa ia 1* Mrair AUzaaira,

«ai poar «a isl aaa Tlera aapaadra,

f aasl il sera de 1* lieale iieas,

e*ae aalree eoit raMeatèaB.

■a tma paa eafee le elergie,

■ali dea auCaara Mrait la vie |

«aak aiaatra selaa sa aieiBoira. A^ H rropklUaa, C9à Vr. 6987 der kftairUebea Bickeraaamiluar. Vrl. P. Paris, «aaa- seite ftaaiiii 8, «96.

2) Selcaear , Je eeay asses de tj

«aa d^AUxaadra avea eay:

mais ae eeaTes eaeore pas

daal Au aa aièra Olyaipias }

da r07 PkilippoB ae seavea ,

«al faa« ses pires , daat te aés aie. BiftL «e yieaaal^ Flarlaïaa», S. <05. VfL P. Paris 8. <2, wa dia Siella eiaife abWflakeBde

XVI

Nun halte Aymes von Varenne sein Gedicht nach Borel im Jahr 1128, nach Sainte-Palaye, wie aus einer Angabe der ofTenbar genaueren venetianischen Handschrift herYorgeht, 1188 vollendet und verôffent- licht*; das Alexanderlied muss mithin vor dem Jahr 1188 yerfasst sein. Diesem, nach meiner Ansicht schlagenden Beweis kônnte man andere Anxeigen beifûgen, die er bestâtigt: die Berufung auf Elinant (S. 413) der im 12. Jahrhundcrt scbrieb und die sich im ursprûnglichen Gedichte nicht findet; die Envâhnung des Gedichtes von Landri (2, 14), das nicht auf uns gekommen ist und das nacb Petrus Gantor aus Paris (f 1197) einen der beliebtesten und verbreitetsten Gegenstânde fôr die Sânger jenes Zeitraums bildete, * und das sich gleicher Weise bel Pons von CapdueU ' findet. Endlich wâren die SchUdeningen der Waffenstûcke, die fâr die Zeit wo Lambert das Gedicht ursprûnglich abge&sst hat genau passen, fur die zweite Bearbeitung zu ait; wogegen dièse in der Ausmalung der Wappen, Zweikâmpfe und Turniere, Erfahrungen und Kenntnisse beweist wie sie fur die erste nicht gedenkbar sind und sich erst spâter gebiJdet haben. Eine genaue Untersuchung ûber das deutsche Gedicht von Atys und Prophilias, das um*6 Jahr 1200 ver- fasst ist und eine Uebersetzung des gleichnamigen Gedichtes von Alexander von Bernay zu sein scheint, werden behilflich sein die Lebenszeit unsres Dichters zu bestimmen; vielleicht endlich liessen sich auch auf gleiche Weise aus den Stellen welche das Gedicht des Pfaffen Lamprecht mit dem des Lambert und dem spâteren franzô- sischen Gedichte gemein hat, einige Anzeigen entnehroen. Wir kôn- nen und wollen uns hier nicht im Einzelnen auf aile die literarischen Fragen einlassen die hiemit zusammenhangen, und versparen sie auf eine spâtere Gelegenheit, auf die Herausgabe des Gedichtes das nach unsrer Ansicht von Lambert herrûhrt Doch lassen sich einige Zusam- menstellungen schon jetzt versuchen. Die Versicherung des Pfaffen Lamprecht hinsichtlich Elberich's von Bisenzun* soi! hier nicht in Zweifel gezogen werden: sie findet BestâUgung in dem Zeugnis des

O HUt. lUl. 15, 468.

2) Yilenkea oantilenam de La^dneo non plteere Mdhorifem. Vwbvni ■bkrerifttvai, eap. 27.

3) RftjrBOaarda,298.— Pons bt wahriehainlick imJftkrli»! fosiorton. But. litt. 16, 22. 43 Ansser Vesoniio (Besançon) fiekt es in Frankreieh noek Oiie Hnaons Besnatan,

Biseaton, Basenton, die Jedoch sohweriiek in Betraeht koamea, da ihr T Im l>ealeeben •ieb nieht In S b&Ua verwaadela kftnnen, well das I dafcinter fekU. Dai lonkariieeke Vieenaa ainse wohi fans aaaser Betraeht bleiben.

xvn

Strickers, der nach EJberich eineii Daniel von BlumenthaJ In deuUcher Sprache bearbeitet bat Was keinem Zweifel unterliegt, das ist dass in Frankreich jede Spur von diesen zwei Gedichten oder von ihrem Verfasser fehlt, deun unter den SchrifUtellern Namens Alberich oder Ëlberieh ist keiner dem man ste zuachreiben kônnte. *■ Wer aber jener Elbericb von Bisenzun aucb gewesen sein roag: wenn wir seine Arbeit nach der Uebersetzung des Pfaffen Lamprecbt beurtheilen dûrfen, so kônnen wir nicht in Abrede ziehen dass sie mit Lamberts Gedicht, wenn ^eich in einzelnem merklich von ihm abweichend, docb in der Hauptsache auffallend ûbereinstinunt Der Gang des deutschen Ge- diebtes, und das Wesen der Ëreignisse die es schildert, sind zuweilen vôDig verschieden ; gleichwohl darf diss nicht als ein Verdienst des Dichters betracbtet werden, indem sich seine Darstellung in dîesem FalJ genau an andre Bearbeitungen des falschen Kallisthenes ' hâlt, so- weit wir nach der Erinnening denn wir haben uns Massmanns Aus- gabe hier nicht verschaffen kônnen und nach der Inhaltsangabe bei Pischon ' urtheilen kônnen. So finden sich die Verkleidung mittelst welcher Aleiander ins Lager des Darius eindringt, die Kriegslist mit den Baomzweigen durch die er die Annâherung seines Heeres verdeckt, die Unterwerfùng der Lacedâmonier, in einer der Bearbeitungen des Kallisthenes \ obgleich dièse Zwischenerzâhlungen im franzôsischen Ge- dichte fehlen. Die Fahrt nach dem Paradies auf Ërden findet sich nur in einer von den Handschriften der kôniglich«nBûchersammlung *; und, mit dem franzôsischen Gedichte verbunden, in einer Handschrifl des 15. Jahrhunderts. Dennoch stôsst man auf Stellen die im Ausdruck 80 verwandt sind, dass man glauben muss Elbericb habe unser Gedicht gekannt Uebrigens, obwohl sich der AntheO des Pfaffen Lamprecht, der nur Uebersetzer ist, nicht bestimmen lâsst, und trotz der schônen Einfsichheit in Lamberts Dichtung, die weit ûber allen spâteren Bear- beitungen steht, finden wir docb dass Lamberts Werk als Kunsterzeug nis und dièse Thatsache wiedorholt sich bei mehreren Gedichten die unter den Hdnden ihrer Uebersetzer, eines Wolfram von Eschen-

I) 0ielM «• Hbt. litéraire XV-XVin. vntcr Albtrie.

2> 0iekeriieh wM die Anifftb» m der Zacher arbeilet, itor aUe dièse Frfts«» viel Liebk ▼erbreitea, msd wir erwerten sie, de sie nasere femeren Uatersvehunfen sehr erlciehtern mus, ait lebhaAer Unr*'*!'.

3) Seakailer i, 468.

4) Setaer Hndselirift B. 190.

5) Codex 8519. Folio 49-57.

XVIIl

bach, eines Hartmann von Aue gewonnen haben unter dem des Pfaiïen Lamprecht steht, bei welchem das sittliche, christliche Gefuhl vorherscht, wâhrend Lambert bei seinem Vortrag nur darauf bedacht ist Ritterlichkeit und Edelmuth, die er vorzugsweise als sein Ëlgenthum in Anspruch nimmt, und ûberhaupt die welUichen Tugenden seines Zeitalters, zu preisen.

Wir haben nicht die Absicht gehabt hier voUstândig die Frage nach Herkunft und Entwicklung des Alexanderliedes zu erôrtern. Ohne dass wir ganz von der Bewunderung erfQUt wâren virelche Gervinus fur Lamprechts Gedicht hegt, kônnen wir doch auf die treffliche Benrtheilung desselben in seiner Geschichte der deutschen Nationalliteratur i , 269 iï. verweisen ; insbesondre hat uns seine verdienstvolle Arbeit ûber die Wichtigkeit des Gegenstandes belehrt, und sie ist es auch was uns von einem Versuch abhielt, der zu weit hinter seiner Leistnng hâtte zurûck- bleiben mûssen. Wir bedauern vor allem dass es uns nicht vergônnt war die Arbeiten Ferdinand Wolffs in Wien zu benutzen *, des gelehr- testen, grûndlichsten Kenners altfîranzôsischer Literatnr; sodann die Jacob Grimm's ' und die Massmanns : gewiss hâtten sie die Lôsung der Frage, die wir nun geschickteren iîberlassen miissen, wesentlich gefor- dert. WiT bringen nur einen weiteren Beitrag, der, wenn er von den Hâuptern der KriUk besprochen wird, ein festes Ergebnis liefern muss. Massmanns schon so lange versprochene, mit so lebhafter Ungeduld er- wartete Mittheilnngen ûber den Alexander, und dieAusgabe des falschen Kallisthenes welche Zacher beabsichtigt, werden dazu krâftig beitragen; in geringerem Grade die aufmerksame Prûfung neuer Handschriften die wir noch nicht yerglichen haben, der Abdruck des Gedichtes das wir fur Lamberts Werk halten, und die Beschâftigung mit andern Ge- dichten oder ihren Abzweigungen , namentlich, was wir beabsichtigen, mit dem des Thomas von Kent '

Noch seien dem Herausgeber einige Worte ûber die Geschichte seiner Arbeit gestattet. Nachdem der literarische Verein die Verôffent- lichung des Alexanderliedes, die jedoch keine kritische sein sollte, be-

1) Wmbw Jfthrkaeher, 67. Bini.

2) Ofttttiif«r rel«hrt» Ajunïttn <835, 0. 66.

3) Dm Werk Walthen Ton Lille (Gantier ie LUle) , 4er ien BeiMmen Watther tob ChâtiUen (OnaUenif Oaetilloiieiie) fâhrC, iet «eaweftB aiekt anfeCabrl wordea, weU sein Oe4ielit «ker Alezaader , ias einir^B 4er firemiea Bearkeitaafea aie Vovbtll r«<lMt hat, an «en vMem ia tu keiner Besîekvnr atebt. (0. Qiet litt. 4e la Franee , i. XV.)

XIX

schlossen batte, beauftragte er mich eine der Uandschriften fur ihn abzuschreiben. Ich begab mich daher im verflossenen Jahr (1844) nach Paris, um dieserArbeit drei Monate zu widmen. Leider giengen davon, bis ich die Erlaubnis erhielt eine Abschrift zu nehmen und drucken zu lassen, fûnf Wocben verloreh. Paulin Paris, welchen ich ûber die Wahl einer Handschrift zu Rathe zog, nannte mir die in der Cangé- Stillung N. A 7190' als eine gute Bearbeitung, besonders wenn man B 7190^ dazu nehme. Da jedoch in diesen Handschriften des 14. Jahr- hunderts die Sprache yiel von ihrem alterthûmlichen Geprage verloren bat, und der Umiang des Gedichies durch die Abschreiber bis auf 25 oder 30,000 Zeilen angeschwellt ist, so bezeichnete er mir ais atteste Bearbeitung die Nummer 7i90\ die nach meiner Ansicht um ein Jahr- bundert âlter ist als die ûbrigen. Dièse Pergament-FoUohandschrift mit zweispaltigen Blâttem, von P. Paris in seinen Manuscrits français (VI, 166 ff.) beschrieben, enthâlt eine sehr schlechte Bearbeitung, mit einer Menge sinnstôrender Fehler, die durch die Unwissenheit des Abschrei- bers yeranlasst sind, sowie mit hâufigen Auslassungen einzelner Zeilen und ganzer Stellen. Ich zog sie gleichwohl den ûbrigen vor, weil die liltesten Handschriften immer die'kûrzesten, mithin der orsprûnglichen Gestalt am nâchsten kommenden Lesarten enthalten, und weil die Sprache, obwohl vielleicht fur das Ausiand dunkler, doch Anlass zu werthvoUeren Beobachtungen giebt Unglûcklicher Weise war es mir, nachdem ich meine Abschrift beendigt hatte, unmôglich gemacht die Lûcken durch Vergleichung mit den ûbrigen Handschriften auszufûllen, weil die kônigliche Bûchersammlung eben geschlossen wurde. Ich konnte mich jedoch nicht entschliessen eine so ungenaue Abschrift zu liefern, und da die Bûchersammlung des Zeughauses vierzehn Tage langer geôffnet blieb, so verwandte ich dièse Zeit, um aus einer ganz neuen, von Sainte Palaye herrûhrenden Abschrift die abweichenden Lesarten, die zu Herstellung eines deutlichen, vollstandigen Zusammen- hangs nôthig waren, 'auszuziehen, und vomehmlich um die fehlenden Zeilen' beizufûgen, die ich durch Sternchen bezeichnet habe. Ich bin weniger darauf bedacht gewesen abweichende Lesarten in grosser Zabi zu geben, als, nach den trefRichen Vorschriften Raynouards, in seinen Bemeriiungen ûber den Roman de Rou, diejenigen auszuwâhlen welche die mangelhaften Reime, und die zahllosen, entweder hinsichtlich der Silbenzahl oder hinsichtlich des Sinnes gcstôrten Zeilen wieder her~ stcllten. Dièse Arbeit, eilig gethan in den wenlgen Stunden wâhrend

XX

welcher die Bûchersainnilung offen steht, und welche darch Fest- and Sonntage noch betrâchtlich Yerringert werden , war natûriich noch sehr unvollstôndig. Bennoch hab' ich sie in diesem Zustande dem Druck ûbergeben, und obwohl ich mich nachher im Stande sah, die Correc- turbogen noch mit den beiden oben erwâhnten Handschriiten zu ver- gleichen und eine Anzahl Fehler zu tilgen, so mnss ich doch aner- liennen dass meine Arbeit hôchst mangelhaft geblieben ist AJlein es war fur mich lieine Môglichkeit Yorhanden die zwanzig Handschrillen der lLÔnigh*chen Bûchersammlung aile zu vergleichen, und obwohl icfa ûberzeugt bin dass die Gedichte des Mittelalters, wenn Handschrillen- kenner und Sprachforscher auf sie eben so viel Fleiss yerwendeten wie auf die Schriftsteller des Alierthums, in Folge der Verbesserung des Textes betrâchtlich gewinnen mûssten, so sind sie doch meinerAn- sicht nach nicht von so grossem literarischem Werthe, dass eine solche Arbeit sich der Mûhe lohnte. Dessen ungeachtet ist es mir leid dass ich diss nicht wenigstens in Betreff der laufenden Ueberschriften iîber jeder Seite, und der verschiedenen Abtheilungen oder CapiteL gleich Yom Anfang habe thun kônnen. Dass ich dem Wunsch der an mich in dieser Hinsicht ergangen ist, nachgegeben und dièse Bezeich; nungen angebracht habe, muss ich um so mehr bedauem aïs sie hâafig den Nachtheil haben -dass sie alte und neue Sprache auf lâcherliche Weise durcheinander mischen, weil es nicht immer môgUch ist in alter Sprache den Inhalt mit zwei oder drei Worten deutlich anzugeben, was dann die Nothwendigkeit herbeifuhrt Ausdnicke neuerer Herkanit zu Hilfe zu nehmen. Dieser Uebelstand war hier um so empfindlicher, als in der Handschrift die ich beniîtzt habe, die verschiedenen Ab- schnitte durch Miniaturen getrennt sind, unter welchen sich jedesmal eine Angabe befindet, jedoch nur um das Bild zu erklâren, nicht um den Inhalt einer AbtheUung oder eines Capitels anzuzeigen. Schreiber und Maler haben sonst zuweilen so viel Einsicht dass sie ihre Zugaben an der entsprechenden Stelle des Textes anbriiigen; hier aber ist diss nicht der FaU, indem z. B. die Eroberung von Gaza sich yiel'weiter hinten bei der Eroberung von Chaldâa befindet, wodurch eine Msche Inhaltsangabe entsteht. Auch beziehen sie sich hânfig nur (uif die ersten Zeilen des neuen Abschnitts, und geben in keiner Weise den Gesammtinhalt Daher habe ich sie zuweilen verbessert, aber ich be- kenne dass es mir nicht immer gelnngen ist.

XXI

Ich mius mich noch ûber die Aenderungen erUâren die ich mir in den Formen und in der Schreibung des Textes erlaubt habe. Da er in Deutschland gedruckt wird , so war meine Absicht beides der gegen- wârtigen Sprache so sehr als môglicb zu nâbern: darum habe ich die Buchstaben a und ▼, i und j so gebraucht wie es jetzi ûblich ist. Aoch Accente hab' ich zuweilen gesetzt, am Verwirning und Doppel< sinn zu hindern; doch glaube ich dass man sie im AUgemeinen besser wéglâsst, weil sie die Bestimmung haben die Aussprache anzugeben, und weil wir die der vergangenen Jahrhunderte nicht so genau kennen dass wir sie festsetzen kônnten. Die Trennpnncle (le tréma) sind weggelassen, weil sie den Diphthongen ûber dem sie stehn in zwei Siiben spalten. Es ist ohne Zweifel ein Uebelstand wenn man schreibt pais (Land) stalt pays, wie pais (Frieden); oder caus, das Particip von caoir (fallen), wie caus, das fur ceux (dièse, jene) steht; auch gewâhren die Trennpuncte den grossen Vortheil dass man dadurch die Zahl der Siiben andeuten kann die zur FiîUung einer ZeiJe nôthig sind. Aber wenn ich sie einfuhrte so war zu fôrchten dass der Einschnitt auf eine Silbe Me der er nicht gebûhrt, und es finden sich eine Menge Zeilen wo er auf zwei oder drei verschiedene Worte fallen kai^n, ohne dass sich lAit voUkommener Bestimmtheit angeben liesse welcher er zukommt Ueberdiss liefe man, wenn man den Werth der einzel- nen Siiben danach festsetzen wollte , Gefohr sich an der Rechtschrei> buDg roancher Wôrter zu rersûndigen, denen man, um eine voile Zeiie zu erhalten, eine Sylbe zu viel gâbe, ohne zu wissen ob die Stôrung nicht Tom Wegfell eines andem Wortes, oder sonst aus einer ganz ab- weichenden Ursache herrûhre. Ein genau verwandter Grund bat mich bewogen das Hâkchen unter G (la cédille) wegzulassen. Das G wird von den Handschriften verschiedener Gegenden bald furs harte S, bald fursCh gebraucht, und letzteres spricht die picardische Mundart, deren Formen im Alexander hftufig vorkommen, wie K. Eine letzte Neuerung die ich eingefûhrt habe ist der Apostroph, zur Scheidung des Artikels und der Fûrwôrter von den Prâpositionen, und von den iîbrigen Par- tikeln mit welchen er sich yerbindet Bis jetzt bat man ihn im Alt- iranzôsischen bloss fur den Nominativ angenommen, und geschrieben: Testoire, l'espée, Taigue u. s. w. Nun schien es mir naturlich dass man auch, wie es heutzutage gebrâuchlich ist, à Tesperon, à l'estendart schreibe , und nicht einen Artikel del , al anwende , den ich mir nicht zu deuten weiss; denn es sollen ja nicht de el, à el zusaromengezogen

xxn

werden, sondern de le, a le, da der Artikel des Masculins immer li, le isl, niemals el. ' Nachdem dieser Grundsatz fur Wôrler die mil einem Vocal beginnen cinmal anerkannt war, musste er folgerecht auch fur die gelten die consonanUsch aniauten, denn die Zusammen- ziehung der Silbe, die beim Gebrauch des Artikels damais wohl eben sogut eintrat wie noch heutzutag, und die damit verbundene Auswer- fung des Vocals werden durch den Apostroph bezeichnet, der in unsrer Sprache stâts besagt dass in der Silbe durch Einwirknng des nachfol- den Wortes etwas ausgefallen ist. Dièses Verfahren war um so noth- wendiger als es auch auf das abhângige persônliche Fûrwort Anwen- dung fand, welches im Worte nel (statt ne V) mit der Verneinung zu- sammengeflossen war. Mein Teit batte mir es mit Bestimmtheit vor gezeichnet, da in Redensarten wie je vous V di par Sainte Elaine (8, 10), je r di por Gadifior u. s. w. wohl niemand auf den Ge- danken kommen wird ein Pronomen je! zu schaifen und jel di zu schreiben; denn man musste dann auch ein vousl und eine Menge andrer Verbindungen ins Leben rufen. Ist diss einmal zugegeben, so wûsste ich auch nicht zu sagen warum die verneinende Partikel auf das Pronomen eine stârkere Anziehung ausûben, und warum man zwar je r dis, daneben aber je ne! dis pas statt je ne V dis pas schreiben soUte, welches letztere eine feste, bestiromte Regel giebt Es finden sich ausserdem noch FâUe wo die Anwendung eines Apostrophs nach dem Buchstaben L, welcher das verkûrzte Pronomen darstellt, durch das Bedûrfnis der Deutlichkeit geboten ist; z. B. in qui V puisse ga- randir, le caus qui T destraint darf nicht zugegeben werden dass der Buchstab L sich mit dem vorangehenden Wort verbinde, indem sonst etwas Widersinniges herauskâme. Entgegnet man, es reiche hin diesen Buchstaben zu trennen, so weiss ich nicht welche schlimme Folge es haben kann wenn man einen Schritt weiter geht, und die Auswerfung, um sie recht herrorzuheben, durch einen Apostroph be- zeichnet Im Uebrigen erwâchst hieraus, meiner Ansicht nach, fur die Aussprache kein Schaden, denn die Sprache selbst bleibt bei dieser Frage vôllig unberiîhrt

Nach den Anfuhrungen die ich oben- vielleicht in zu grosser Zabi gemacht habe, scheint es mir nicht nôthig ein Verzeichnis der Werke zu geben die sich auf den Alexander beziehen: es ist hinreichend wenn

0 Fallot, Clra«MMr« ie U lanffu* ronuBo.

XXIII

m den bereîts genannten der Artikel von Bninet und Ëbert genannt wird; die Histoire littéraire fûbrt reichlich aile Quellen an ans denen sich schôpfen liesse, und wenn ich zu dieser Aufzâhlung noch einige weitere fOge *, so erweitre ich nur die Untersuchung, ohne dass ein wirUicher Gewinn davon zu erwarten wâre. Ebenso verhâlt sichs mit den zwanzig Handscbriiten der kôniglichen Bûcbersammlung, die ich nur nacb den Zahlen angeben kann mit welchen sie bezeichnet sind.

Das einzige was mir noch zu thun ûbrig bleibt, ist dass ich den lebbailesten Dank ausspreche gegen dlejenigen die mich bei meiner Arbeit unterstîîtzt haben: die Herren Paulin Paris, Ritter Amyot bei der Bûchersammlung des Zeughauses, Guicherat, Guessard und Leroux de Lincy ; Yomehmlich aber gegen die Mânner welche den Ausschuss des literarischen Vereins bilden: leider bat meine schwache Kraft nicht hingereicht die Arbeit welche sie mir ûbertragen haben, in der VoU- stândigkeit auszufûbren wie es mein Wunsch gewesen wâre.

1) FMiebeft i Lacroix do Uaàne uni eu Verrier ) Laborie, eaaai sur la «Mif ne 2, 150 ) ■AMieii , iritter Thdl ; Le Grand d'AuMÎ , Fabliaux 3, 'iZi ; Roquefort , do la poéaie fran- «aiae 8. 118 j Poéaiea du roi NaTarre 1 , <58. 165) de la Rue, oavai svr loi bardes ?, ^1 ; Augvim , poêtco fiaBçaie 2, 83.

Paris, im Herbst 1B45.

Hcinricii Alielielaitt.

Druckfehier.

Es war, ungeachtet aller Sorgfalt die der Herausgeber uiid die Druckerei angewendet haben, nicht anders môglich als dass sich in dièses Werk zahlreiche Druckfehier einschlichen, da es in fremder Sprache and so weit Tom Wohnorte des Herausgebers gedruckt worden ist, dazu durch Setzer die entweder des Franzôsischen ganc unkundig waren, oder doch nur die neuere Sprache kannten, und geneigt sein mussten dieselbe in die alte einfliessen jeu lassen. Der Vereinsaus- schuss sandte zwar dem Herausgeber die Correcturbogen nach Paris; aber eine einzige Durchsicht reichte nicht hin. Die Fehler die sich bloss auf Unterscheidungszeichen oder Accente beziehen, zu sammeln schien ûberflûssig; es folgen also nur diejenigen die den Sinn ver- f&Ischen oder gar ganz entstellen.

IA0i„9^ 1. i. pria. 10, Anm. peroit. il, 93. en >on. H, 26. à bftndon. «4, 87. abandon. 14, 37. Alizftndr». 23,21. nU. 24, 12. Innées. 25,23. uenubUkle. 26, 26. AUzanëree. 26, 3f. nnemi. 28, 26. enbron. 34, 27. par mi. 45, 14, vert. 48, 14. elose. 51, 35. venue. 56, 34. pnndana. 61, 14. lorneral. 72, 20. feleneeee 75, 30. esfrèe. 83, 32. eonrnrant. 101, 18. alever. 105, 19. de. 108, 33. Un. 111, 15. de II. 113, 7. alla. 116, 18. eadrea. 128, 7. rernea. 181, 30. boi^on. 140, 17. li eore. 198, 15. Bmenidon. 207, 23. pot on^aea. 218, 5. nef. 221, 8. vie. 224, 32. LI. 238, 14. lors. 254, 29. eolèe. 256, 8. asamblè 270, note. Biaael. 274, note, tncal. 275 15. lai. 278 , 30. monneèe. 279 , 14. enie. 279 , 17. veée. 283 , 1. raient. 284, 7. malt. 294, 12. proavêes. 304, 28. poindre. 309, 11. s*amie. 312, 29. ean*. 813, 36. nmlves. 315, 13. en eatlle. 343, note, estaeea 353, 35. defors. 358, 31. eefreè- Koni. 360, 20. frais. 373, 12. eriae. 374, 8. isnelement. 374, 13. eenptamt 375, 11. 36. Roee pendant. 875, 35. tris. 376, 23. dekait. 378, 32. avcroie. 389, 17. deakoitiés. 390,32. amiraos. 392, 15. se. 394,9. me casent. 409, 33. Joa. 412, 26. en. 413, 18. fnant.' 414, 4 se. 414, 7. eafien. 416, 6. relonnie. 439, 32. fuarUrr. 45?, 26. Flore. 474, 17. Bmenidon. 474, 82. es. 477, 17. mérite. 477, 2t. alcure. 492, 10. s*esUsse. 498, 9. «a'il. 498, 10. Aristoles. 524, 16. sale. 529, 18 sans. 543, 20. qae n'estent. 545, 30. anUetel.

LI ROUNANS D'ALIXANDRË.

ehi MiinieitM Û VtmwunmmM de V Itot Alixandre ta sirMi deteiit le monde.

Folio 4* lliii yiers derice estore viul entendre et oir, pour prendre bon exemple de proeece aquellir, de connoistre raison d'amer et de haïr, de ses amis garder, et cièrement tenir, ^ ses anemis grever, c'uns n'en puist avancir, 5

les laidures vengier, et les bienfais merir, de canter, quant lius est, et à terme sofrir. oies donques l'estore boinement, à loisir; ne Fora gueres nus, cul ne doie plaisir; cou est de Y millor roi que Dex laisast morir. 10

d'Alixandre vus voel l'estore rafrescir, que* Dex donna fierté et è 1' cuer grant air, que par mer et par tiere osa gent enrair, et fist à son commant tout le pule obéir, et tans rois orgillous à Tesporon servir. 15

qui service lui fist, ne s'en pot repentir, quar tous fu lor' corages à faire lor plaisir; et il i para bien as durs estours soufrir, quar, au destroit besoig, ne li volrent falir. qui servir ne 1' degna, ne 1' pot tors garantir, 20

ne destrois, ne maupas, tant seust lonc fuir, à l'eure que li enfes dut de sa mère iscir, demou^tra tex,' par signe, qu'il se feroit crendr; qoar l'air convint muer, le firmament croisir, et la tiere croler, la mer par Uns rougir, 25

1) cuj. 2) «M. 3) Dex. l'i t«iBaiii i*Aliz«B4re. i

2 ENFANCE D'ALIXANDRB.

et les bestes tranler, et les homes frémir; ce fu senefiance, ne vus en qui mentir, por moustrer de l'enfant qu'en est à avenir, et com grant signorie il aroit à tenir.

L'estore d'Alixandre vus voel* ci commencier 5

en roumans, c'a gent laie doit auques profitier; et teus set bien flner qui ne set commencier,' *ne mostrer bêle fin pour s'oiivraige essaucier. F. 4^ qui ces vers detenra , ce vus os tesmogner ,

ne devra avarise lever, ne essaucier; 10

quar gentius cuers ne puet par icou essaucier.^

qui trop croit en trésor, trop a le cuer lanier,

ne puet conquerre ounor, ne tiere justicier.

je ne vus commanc mie de Landri ne d'Augier,

ains vus commenc les vers Alixandre d'Alier, 15

de cui sens et proecce ftsent confanonier;

ici prenge regart» ki se vint afaitier *

et de boines costumes sen cuer aparellier.*

la vie d' Alixandre, si com ele est trovée

*en pluisors liez escrite, et par bouce contée, 20

ele fu à son nestre par signe desmostrée,

que percoivre s'en pot toute cose senée;

quar li airs en mua, c'est vérités prouvée,

et parurent esclistre sor le noire nuée,

U firmamens croisi doot fu grans estonnée, 25

et la tiere en tranla par toute la contrée,

et la voie del ciel refu par lui tantée,^

quant la caiere d'or en fu en l'air portée

par les iiii grifons, ù ele est acuuplée;®

et fu d'astronomie sa cars enluminée,^ 30

quar de toutes estoiles connut la compassé.

por cou, crola la tiere en icele jornée;

quar celé eure naiscoit la persone doutée,

à cui la signorie de 1' mont seroit donnée,

et la mers en rougi, por celé destinée 35

1) par foêtê trmtiêr. 2) inm teuê ns »9i finer qui kien êei eammeneier, 3) ffumgmer, 4) Mrlmtrs ei êmêéiguer. 5) temptié* 6) meêtéê, 7) fondée êu pensée.

BNPANCB D'ALIXANDRB. 3

qu'en lui prist-il l'engien de la guerre adurée, et d'enbuscier agait dedens selve rainée, dont de maint orgillous abati la posnée. les bestes en frémirent, ki sorent la jornée, que manière de car ne seroit es mont née, 5

dont aucune ne fust par le roi sormontée. a l'eure k'il fu nés, fu joie recouvrée, et bamages creues et bontés ravivée, que par mauves signor est si anientée, que nul hom ne doutoit* vallant une denrée, 10

s'il ne seust de coi fust guerredonnée. mais poi' dona li enfès, et ot ciere levée, quar la soie manière li fu trop esmerée, et la soie bontés d'autre desnaturée. qui coses li rouva, ains ne li fu vée. 15

oisiaus donna et ciens et mainte rice amée, mainte pelice grise et bermine engolée, et maint hanap d'argent^ mainte cope dorée, maint ceval bel et cras, mainte mule afeutée,* ducées et roiaumes, por* k'il ot çaint espée; 20

et par cou, fu sa gens si bien entalentée de conquerre s'ounor, en batalle jostée; por que il fu armes et sa gens conraée, autre gent contre lui n'eust nule durée, ounor de signorie fu à cestui donée; 25

mais cil ki ore sunt,^ cantent la discordée, li dons que cis donna, li fist tel présentée que, par tout Orient, fu sa force mostrée, dusc'as bones Arcu fu s'ensegnes mostrée,' et il les trespasa plus d'une arbalestrée; 30

et lança son espiel tout outre une ruée, toute tenist la tiere ki puet estre abitée, se ne li fust si tos la puisons destemprée, par coi sa bêle cars fu morte et entierée, F- 4* quant ot pris Babilone l'il ot si désirée. 35

xixii. ans^ vescui et plus n'ot il durée;

1) io$tûit, 2) fuiê. 3) afêuiréé. 4) puis. 5) pH êoni rtmés. 6) forUe. 7) MMM XX ans.

4 ENFANCE D ALIXANDRB.

nus hom en si brief tans ne fist tel conquestée, ne Julius César, ne Crasus, ne Pompée, après lui fu la tierre à martire livrée par Torguel des barons, et desierte et gâtée; perte de bon signor n'est pas tos recouvrée; 5

de toutes bones gens devroit estre plorée; ains par/ tiere ne fu à si bon commandée. Li rois qui Macidone tenoit en sa baiilie, et Grese et le pais,.' et toute Esclavonie, cil fu père à Tenfant de cui oes la vie;' 10

Phelippes ot & non, rois de grant signorie. une dame prist bêle, et gente et escavie; Olimpias ot non, fille au roi d'Ermenie qui rices est d'avoir, d'or et de manandie, de tieres et d'ounor, et de gent bien hardie. 15

et la dame fu preus et de grant signorie; si ama biaus déduis de bos, de cacerie, harpe, rote el viele, et gige et cyfanic,*' et autres estnimens et douce mélodie, cil est privés de li, ne 1' mescrées vus mie, 20

qui par armes conquist pris de cevalerie; et lor donnoit grans dons» car de biens est garnie, les biaus cevaus d'arabes, et les mus* de Surie, les siglatons d'Espagne, les pales d'Aumarie; puis, li fu sa bontés a grant mal avertie, 23

quar la mauvese gent qui plaine est de boisdie, l'orent en traison, de maudire aquellie; disent qu'ele faisoit de son cors legerie, ne gardoit preu la foi que le roi ot plevie, quar à piour de lui se connissoit amie, 30

et de cors et d'avoir li otrioit partie, autresi font encor li garçon plain d'envie; n'est dame, se tant fait, que ele jut ne rie, ne monstre bel semblant, que ne soit envaie. qui mal lor quert à tort, li cors Deu^ les maudie. 35 la roine le sot, qui mult en fu irie;

1) puis. 2) en êOH domains. 3) doni vous ores, 4) pgis et einfoniê. 5) wmU. 6) Dstns Bex,

ENPANCB D*ALIXANDRB. 5

quar li plusior disoient, sens nule legerie, qoe Alixandres est nés de bastarderie; car è 1' tans k'il fut nés, si com la letre die, ert i. clers de Y pais, plains de grande voisdie;* Natabus ot a non' en la langhe arrabie; 5

à r nestre aida Tenfont, coi qae nus li en die.* Holt lu li enfes larges et preus de totes riens, car de lui commença li doners^et li biens; ki de r sien demanda , de Y teer ne fu riens, il conquist les Hermins, Persans et Suriens, 10

et la gent d'Orient, et tous les Indiens, et trestous cens d'Aufrike, et les Eutropiens; ce conte l'escriture que tous li mons fu siens, et k'il fil tous li miudres des princes terriens.

Grant joie fu en Grese le jor que il fu nés; 15

ja estoit tous li mons issi anientés, et li donnera ceus,^ avarises montés, qui avoit le trésor, jamais ne fust mostrés; ancois estoit en tiere et repus et boutés, ancor en a en tiere v** sommiers torcés, 20

qui jamais ne sera ne yens ne trovés. mais puis fii par le roi mains trésors, effondrés , F. 4' et as fins cevaliers départis et donnés,

dont il prist les castiaus et brisa les cités;

de coi fu par le mont roi et sires clamés. 25

muh fu par lui Porrus griement araisonés

sour Faighe de Gangis, ù il fu encontrés.

a plus de xx. m. homes i ot les cies copés,

et li cors de Pomi i fu pris et matés.

mult fu* fiers Aliiandres et hardis ses pensés, 30

quar se nus i* moustra ne orguel ne fiertés,

ne le pot garandir ne castiaus ne pités,

ancois que il ruist^ xl. jors passés.

fu ses cuers, de valeur isi enluminés,

que ains sers de putaire ne devint ses privés, 35

vilaine ne puciele ne Y pot servir a grés.

I) fram fêtonie, 2) Salmuàuê non. 3) vouê en. 4) rêniiéë. 5) H. 6) wmê ëmeoiê pt'il euêt.

ENFANCE D*ALIXANDRB.

L'enfance d'Alixandre fut rouit gentius et bêle; bel semblant fet et rit à <*elui ki l'apele. onques ne T pot servir vilaine ne ancele, ains le convint tous dis norir une puciele, et d'une france dame alaitier la mamele; 5

de si en Ocident ea ala la nouvele. quant li rois Alixandres fu nés en icel jour, avoec lui furent zxx. fil de contor, ki tout furent vasal et bon conqerreor; de la tiere de Grese estoient li plusiour, 10

et If autre restoient jentil Macedonour. cil soufrirent o lui mainte ruste dolour en la tiere escaudée, ù n'ot onques froidor, tous jors vescuirent d'armes, n'orent onques iabor. par cens et par les autres conquist-il gcant ounor, 15

quar partout Orient le tinrent à signor.

En Taé de z ans» ce conte l'escriture» se dormoit Alixandres en i. lit à painture, d'un cier pale or frésé estoit la couvreture, *de martrines estoit dedans la foureure. 20

icele nuit sonja une avison oscure, que il manjoil on oef , de coi autres n'ot cure ; o ses mains le roloit parmi ^ la tiere dure, si que li oef brisoit contre la paveure ; uns serpens en iscoit, d'orgillouse nature, 25

ains nus hom n'en vit un i. de si laide figure ; * son lit avironnoit iii. foies a droiture et puis se repairait' droit à sa sepouture; a l'entrer cai mors, ce fu bêle aventure.

Quant li cambreiens vit,' Aiixandre s'esvelle, 30

effraès de sen sonje estoit-il à mervelle. ses garnimens saisi, ricement s'aparelie, et quant fu acesmés, à Phelippe conseille, quant li rois Tôt oï, durement s'esmervelle. ù sot sage clerc, dusqu'en la mer vermelle, 35

pur espondre le songe ses mesages travelle.

Phelippes a mandé le sage gent lontaine, 1) contre, 2) puis repairmit arriire. 3) vnU.

BNFANCB D'ALIXANDRB. 7

les bons augureors a fait querre d'Espaigne,

deTins et sages clers communalment amaine.

premiers i est Tenus Aristotes d'Ataine ;

quant furent asanlé, une cambre en fu plaine.

tout le songe lor conte, et cescuns d'aus se paine 5

de respondre le roi boine raison certaine.

Premiers paria un Grius qui cuidoit estre fors* de maintes sapiences, et de sortisseours , et de r art d'ingremance, et des devineors. por c'ot non Astarus, que il savoit les cours 10

F. 5' des estoiles de Y ciel et de 1' sens des auctors. nOr m'entendes, fait-il, des grans et des menors, „ie Yostre sonje espondre serai ore doutors.' „li oes est vaine cose, petite est sa vigours; nli serpent qu'en iscoit, fel est, de maies mours;^ t5

„c'est i. hom orgillous qui mouvra mains esters, „et verra sormonter rois et empereours, nCt mettre desous lui et rois et aumacors,* „et conquerre par force les castiaus et les tors,' net prendre et retenir et tieres et ounors ; 20

„mais ne le pora faire, petite est sa valors^' „ains.tomera arrière, petite est* sa vigors.** quant Felipes l'oi, d'ire mua couleurs, et cuida qu'Alixandres venist à ites tours. ^

Après cestui parlas Salios de Monmier;^ 25

sages hom de la loi, ases sot de Y mestier: nOies, fait-il, signer, que je vus voel noncier „de cose qui en songe pecoie de legier; ^ne croi-jou que nus hom peust bien esploitier. ftW oes est vaine cose, legiers est a brisier; 30

Ji serpens qu'en iscoit, k'il vit félon et fier, „est i. hom de fol cuer qu'il® voira guerroier, „et toutes les contrées guerpir et exillier; „mais tout son desirier ne pora expioitier, „quar tout cil li fauront ki li voiront*^ aidier; 35

1) fiors. 2) maiêiré Hoetorê. 3) mors. 4) et frinceë ei eontor^, b)p0Hê est M iakor. 6) êi pterra. 7) é^AUxmdres fu'i^ soit utauomiê oûar« 8) Turmiêr. 9) qui, 10) devront.

8 BNFANCE D'ALIXANDRK.

„et mult yilainement l'esteura repairier, „si com fist li serpens qui retorna aiier.'' cis a fait' Felipon durement esmaier.

Après ces iL parla Aristote d'Ataine; en pies en est levés, de bien dire se paine: 5

„oies, fait-il» signor, une raison certaine. „li oes de coi parlons, n'est mie cose vaine; „le monde senefie et la mer et Faralne, ^et li mijous dedens est tiere de gent plaine ; ,,de r serpent qu'en iscoit, vou Tdi par Ste. Ëlaine, 10 „que cou est AUxandres qui souferra grant paine, „et ert sires de V monde, ma parole en ert saine; „et si homme, après lui, le tenront en demaine, ^puis retournera mors en Grese Macédaine.''

Felipes ot grant joie de V songe ki bien penl, 15

mult ama Aristote, et le tint cièrement; tout li abandonna son or et son argent. Alixandres fu preus et de bon entient; ccrficonte l'escriture, se Testore ne ment, que plus sot en x jors que r. autres en c. ; 20

la nouYiele en ala de si en Orient ' de ne sai quans pais i sont venu la gent, li mestre des escoles, li bon clerc sapient qui Yoloient connoistre sen cuer et sen tolent. Aristotes d*Ataines Taprit onestement, 25

il li monstre escriture, et li valles Tentent, Griu, Ebriu et Caldiu et Latin ensement, et toute la nature de la mer et de V vent, et le cours des estoiles, et le compasement isi com li planette maine le' firmament; 30

et le vie de V mont et quant k'il v apent, et connoistre raison, et savoir ingrement,* si commes retorikes en fait devisement; après cou li a dit i. bon castiement: que ja sers de putaire n'est' entor lui sovent; 35

F. 5^ quar maint home en sunt mort, et livré à tonnent,

1) rêêponê fist. 2) Oecidont. 3) kurleni «m. 4) «f momV eonmmêtrê raiêon êi JugewÊênl. 5) vaiL ^

BNFANCB DALIXANDRB. 9

par losenge, par mordre, par enpuisooement ; li mestre U ensegne, li damoisiaus Tentent.

Une grant pièce après c'Alixandres nés, vint i. hom è V pais, de grant sens renomés, Nataburs ol à non, des arts ert bien fondés.* 5

cil fu puis d*Alixandres et mestres et privés; cil U moustra de Tair toutes les qualités, et en quele manière est li solaus levés, et si comme la lune remue ses clartés, et de r cors des estoiles li moustra-il ases. 10

cil sot tant d'ingremance, et si en fn usés, c'ainc si bons encanteres ne fu de mère nés. quant eust devant vus v^* homes armés, vus sanlast que cescuns fust i. arbres rames,' et par' aighe corant qu 'i disies vus i près,* 15

et mesist en sa bourses les tors de xx. cités, de lui fust Alixandres mescreus et blâmés, por cou que de sa mère fu durement privés; dist-on ï!'û ert ses ftus et de lui engenrés. .L jor le prist as maints'^ sor i. mont ù il ert, 20

si le bouta aval que il fu lues tués.

Huit fil ber Alixandre; quant passé ot x. ans, de par toutes les tieres a mandés les enfahs, les Sus a rices princes et tous les plus vallans. ases en poi de tans en ot ave lui tant 25

que s'il tenist la tiere à xiiij. amirans ; largement lor donoit et faisoit loc talanU ses osteus resanloit festes de marceans, tant avoit entor lui de petis et de grans ; ne prenoit pas consel as mauves recreans, 30

mais à ses gentius homes et tous les plus poisans; et cou est vérités, n'en sui mie doutans; ja de maie racine, n'est arbres bien portans.

Alixandres s'aloit par i. jour déporter dehors les murs d'araine, lès la rive de mer. 35

li contrée fut bêle, li solaus luisoit cler;

1) d'^mpm êsioii pmréê: 2) p^ii fetUt de tos mrkrêê rmrnéê. 3) éî 'mm. 4) ftMire mrpetu de préë. 5) iiuiiW.

10 ENFANCE D'ALIXANDRB.

entour soi commença le règne a regarder; environ lui aloient tel ccc. baceler; n'i ot i. ne soit fins a demaine, u à per, u à prince de tiere, que li rois dut amer. Alixandres les fist par ses letres mander, 5

pour cou, quant il sera au terme d'adouber, avoec lui les fera ricement conraer. puis lor convint, o lui, grande paine endurer, et mainte nuit viHer, et maint jor jeûner par les tieres sauvajes que il vot conquester. 10

Alixandres s'estut et prist à escouter; desour toute la vile i. cri crier; a tous caus qui Toïrent, estut le sanc muer; n*i ot i. si hardi, ne convenist tranler. Alixandres, lès lui, vit i. sien mestre ester; 15

de r cri k'il ot oî, li prist à demander; ii mestre commence une^ cose à mostrer, por cou que cel afaite li viut' faire oublier; quar il sot Alixandres ' si félon à douter ^que nus de son corage ne le poroit trener.* 20

de Nicolas le roi li commence à conter, qui gueroie sempre, et vint desiretet,* et vint toute sa tiere exiller et gaster; F. 5* car treu li demande qu'il ne li viut doner.

Alixandres ot ire, si commence à jurer, 25

après li respondi: ^ne V puis ore amender,

„tant k'iere chevaliers,* me convint endurer,

„et quant avérai eles, si m'esteura voler;

4eus me viut or mal faire, qui le puet couparer.""

Alixandres apele i. sien dru Festion; 30

si le conjura fort, qu'il li die raison, de r cri que il o! si die Tocoison; et cil li respondi: „n'en dirai se voir non, „et si est cou folie que nous le vous dison.^ nC'est une fiere beste, ains tele ne vit-on, 35

1) mtirê, 2) veut, 3) sou eawagê. A) que ja de rien qu'il voelie V foim eomirêëi^r. 5) son père y por lui desireier. 6) imui eam je «tit en mue. 7) eelon.

BNPANCB O'ALIXANDRB. 1 1

^feleneske et hydeuse, ceval Tapele-on.

„eD L jour* fostes né, ensi corn nous qiiidon,'

„la roine d'Egipte Tenvoia Phelipon,

„asses de peu de gent,' petitet et feon.*

„or nus en tout le mont* ceval ici félon; . 5

nonques nus hom ne Tit beste de sa façon;

„le costes a bancans et fauve le crépon,

nia ceue' paonnacé, faite par devison;

nSi a teste de bouc^ et s' a ious® de lion,

»et s' a ous* de cheval, s'a Bucifal à non. 10

nclos est en une tour, s'a mures environ;

,jà ne quert riens veoir en la soie maison,

«ains, en toute sa vie, n' ot i. jor compagnon.

»qnant on prent ci-entor*® traitor u laron,

njà nus hom n'en fera justice, se il non; 15

y,h la beste le livrent, s'en fait destruction ;

Ji en ociroit bien xiiii. d'un randon.

nn'a c. houmes en Grese, isi com nous cuidon,

^qui osasent gieter Bucifal de prison:''

lors a dit Alixandres, à guise de baron, 20

que il savera tos se cou est voirs u non.

à cest mot le saisirent trestout si compagnon ;

il en jure sen cief et mist sa main enson

que, se nus le tient plus, n'avéra garison

de r puig u de 1' pié perdre , sans nule niencon ; 23

puis n'en i ot celui ne 1' lessast abandon.

De r reson de 1' ceval fu Alexandres lies, jamais n'avéra joie, si en est acointies; ases plus le convoite que familleus dainties. n'a homme en sa compagne, qui mult n'en soit iries; 30 quar il ne gardent l'eure que il soit depecies, et les membres de 1' cors desrômpus et saciés, quar cescuns en cuide estre destruis et exillés. droitement a le vote est venus airies, a l'uis est arestés, si a féru des pies 35

1) é e jtmr ke. 2) que fi U set-on. 3) atêeê de pot d'eage. 4) et fUitet {non. 5) n'a «ti tôt le oieeU. 6) queue. 7) iuef; 8) iex, 9) ei cors. 10) en eeet règne.

12 BNPANCE D'ALIXANDRB.

et d'un mail k'il trouva, tant qu'il a trebucies/

li cevaus vit sen^ mestre , si est humelies ;

signourage li moustre, si est ajennolliés;

plus fu et cois et mus.qu'esmerillons en giés. ^

Alixandrjes le vit, si en fu forment liés, 5

sempres li f u li cols et li nos' planoies;

hui istra de prison ii ot esté liiés.

Mult fu lies Alixandres, quant il vit le ceval qui vers hii s'umelie et ne li fet nul mal; la crupe il manie* et les crins contre val 10

qui plus estoient cler que pieres de crestal ; et le pan^ li essue de ï pan de son cendal è r cief li met i. frain à or et à esmal ; F. 5' au plus tos que il pot, monta sour le ceval,

et issi de la porte, dont fort sunt li mural, 15

en miliu de V palais, a pris li ber estai;

de -toutes pars le fuient, n'iot issi vasal

qui osast arrester, tout le tienent à mal;

quar ne sai à quans homes a fait laidure et mai.

Alixandres descent devant le dois roial, 2U

li petit et li grand crioient communal:

„icis nos mostre ensegne de roi emperial.''

Tout ont ceste mervelle oie et entendue, que Alixandres a Bucifal trait de mue: onques n'ot è V pais plus fiere beste mue; 2d

quant le virent venir, s'ont tel paor eue, et la gens d'environ en est si esperdue, cil se tient à gari, ki premiers se remue, tos fu par le pais la no vêle seue;

Griu et Macédoniens en ont grant joie eue, 30

et dient que lor tiere ert par lui defifendoe, et la Dan Nicolas gastée et confundue.

Mult fu de ceste coste*^ joians li roi Felis, que ses fins Alixandres est si preus et hardis ; onques en tout le mont ne nasqui si bons Gris. 35

la roine en fu lie, qui souvent i ot mis son or et son argent, et sen vair et sen gris 1) pietOêBêiesmuéê. 2) luntiê^. 3) doê. 4) p/mtc. 5) /Wml. 6)co#0.

ENFANCE D'ALIXANDRE. 13

qu'AIiiandres donoit as demoisiaus de pris, as fias as genttus hommes, de par tout le pais, . si qae, par toat le mont, ert si montés ses pris c'on ne quidoit qu'è i' mont fust autretens hom vis. à xiii. ans et y* mois fa ses termes asis 5

que cheTaliers dot estre, li congiés en est pris, li baron Yont an roi à raison l'en ont mis: r,d'ane riens soies vas, sire, sears et fis, „que Tos fids a le cuer de grante force espris; nquar tant conquerre cuide desor ses anemis, 10

..qu'au partir en sera li plus rices mendis; net TUS soies à aise, en repos soies mis „et aies en riyiere od vos faucons volis; nTos fius soit chevaliers et deviegne pénis, „8i conquerre la tierre à tous ses anemis. 15

nDex a fait peu. de tiere, si com lui est avis, „qaar se il en estoit sires et poestis, ntoute l'aroit donée de si à xv. dis. nicest plet comperront li mauves rice asis, „qui les firans chevaliers ont fait povres mendis, 20

„et ont les grans trésors et les ciers pales bis' ftdont li règnes de Greses ert vestus et porpris."*

Entor le roi estoient li demaine et li per; d'Alixandre li prient, ne 1* face demorer, car bien est de 1' eage que armes puist porter. 25

la roine de Grese en vet au roi parler; li rois ot la parole et le tierme noumer, si dist à la roine: „or vus estuet pener „de querre rices dras, por lor cors conraer; „et jou m'entremetrai de boins conrois doner, 30

»et ferai ccc. autres pour s'amour adouber."" la roine en fu lie, si se vot fort pener, quar c'ert la riens è V mont qu'ele doit plus amer, à icest mot commence 11 baniers à crier, por les valles bagner facent aighe aporter. 35

Alixandres l'oi, si a dit comme ber F* 6* que ja n'i aura aighe, fors le sause de mer. 1) 4 Sept. 2) gris.

14 ENFANGB D'ALIXANDRB.

le soir d'une grant feste que on dut célébrer,

sont venu à la rive por lor cors eslaver;

ilueques veiscies bagnier tant baceler,

et courre par celé aighe et salir et noer;

icel jour les aierent mainte gent esgarder. 5

Entrues' qu'Alixandres estoit aies bagnier, la roine de Grese fist ii. cevaus cargier de rices vestimens qui erent bon et cier; droitement é la rive les a fait enroier le' novel roi de Grese qui le coraje ot fier, 10

qui onques jor n'ama félon ne losengier, qui fist' ses compagnons devant aparillier, et dist que li plus povre soient vestu premier, s'ait cascuns bones armes et bon corant destrier, les conrois Alixandre ne set nus esprisier, 15

toutes ses vesteures ne vous puis desrainier. ses hauberc fu ouvrés en Tile de Durier, li pan sunt à argent, la ventalle à or mier^ (onques, de sa bonté, ne vit nus si legier,) ses Ç8CU8 de sinople et ses brans fu d'acier. 20

iiii. mois et demi mist Biles ^ au forgier. devant lui amenèrent Bucifal le legier, Alixandres i monte, estrier n'i vot baillier. la veiscies grant joie, à l'iscir de 1' gravier, il erent bien tii. c. tôt novel chevalier; 25

cescuns point le ceval des espérons d'acier. Felipes -commanda la quintaine adrecier, icel jor i ferirent li nouvel chevalier; li auquant se déduient au traire et au lancier; quant il ont behordet, s'asient au mangier. 30

la peuscies veir tant comte et tant princier; de la tiere de Grese i furent li guerrier, ains qu'il fuscent levé, atant es^ i. mesagier, qui conta tel parole, sans dit de m.encognier, dont morurent as armes c"*- cevalier, 35

Huit fu bêle la cours en la sale à lanbrus. par amour Alixandres servi Antiocus, 1) Demetareê. 2) ei, 3) m fait 4) BaUê. 5) m vouê.

BNFANCB D'ALIXANDRB. 15

Tolomes et Dans Clins, Aristes et Caunus, * *

Pierdicas et Liones, li ber Antigonas*

Lincanors et Pilote» Aristes li membrus;

devant le mestre dois serri Emenidus.

atant es le mesage qu'en la sale est Tenus, 5

le roi Felipe apele devant contes et dus:

«rois Nicolas, te mande que li renges' treus

„de toi et de ta tiere, que n'i demeure plus;

net se tu ne le fais, de cou soies seurs,

^en ta tiere venra o Hermins et o Turs. 10

„ne te garra castiaus ne cités ne fors murs,

„ci que par vive force vos metra au desus.""'

Felipes ne dist mot, ains clina le eief jus.

Dolans fu Aliiandres, quant il vit le mesage qui li a aconté son doel et son damage; 15

de mautalent noirci et mua son visage, voiant toute la cort se drece en son estage, sor l'espauie s'apoie Ëmenidon d'Arcarge, le mesager apele se le dist son corage: ijou manc à ten signer, trop a fait grant outrage, 20 F. 6^ „qui de V règne de Grese demande* (les) treuage. „il Tara à bon terme, si je puis, si sauvage ^que li retomera à honte et. à damage. ,ja por tant que je vive, ne li donrai ostage „*jà n'ara si je vie fremeté ne estage. 25

^qui Y puise garandir, tant i ait fier pasage. „or me convient prouver sor lui son*"^ vaselage. jamais n'avérai joie en trestot mon eage, «si m'arai^ ceste honte amendé par son^ gage, «si que le cief de lui en avérai en gage."" 30

Li mes ot la parole, si se met è V repaire; aine ne fina d'errer de si que à Cesaire. a Nicolas a bien aconté son afaire, conta lui d'Aliiandre com a fier le visage,® et le cuer plus hardi que lion c'en ot braire: 35

„ains ne nascui teus hon^ por boine gent atraire;

1) Cauluê, 2) rende. 3) U venrM ai dê^uê. 4) m demandé, ô) mon, 6) Umi qu'il m*aii. 7) «Mm. 8) riaire, 9) tes ham me luMftii.

16 BNF4NCB D'AI.IXANDRB.

„a caus qui sont o lui eçi frans et de bone aire/

„et a ses anemis est feP et de mal aire.

nUe vus cuide laisier ne castiel ne repaire,

„ain8. vus en cuide bien par vive force traire.**

quant Nicolas Toi, de riens ne li pot plaire, 5

il en jure sen cief et sa pelice vaire,

s'as puins le puet tenir, il li f^era contraire:

,Je li quit destemprer si félon laituaire,

„n'aideroit sen parent, s'il 11 >eoit Tuel traire.

li mes dist en riant à Brian de Calvaire:' 10

„de lonc le manecies, il ne vus prise gaire.**

Mervelle ot Alixandres, quant il ot de le guerre que li rois Nicolas vint treu de sa tiere. par les lointains pais ^fist les bacelers* querre, qui tout vegnent a lui qui or voiront conquerre. 15

li nouviaus rois de Greses ses grans trésors desere; . nus n'en puet remanere en huge n'en soustiere; a ceus le fait donner que li povretés navre,* et venront avoec lui les grans paines conquerre.*

De cou fist Alixandres que gentius' et que fiers, 20 que frans et deboinaires, que gentius chevaliers, quant ot par le pais mandé ses soudoier, par congié de sen père a pris les useriers, les sers de pute orine, les félons pautonniers qui les trésors avoient et les mons de deniers, 25

qu'es laisoient pourir a muis et a sestiers. tous les a départis as povres chevaliers, as gentius bacelers, que il estoit mestier, et les a atornés d'armes et de destriers, n'i a L isi povre qui n'ait ii. escuiers. 30

quant furent asanlé par les plagnes d'Aliers, plus en ot Alixandres de Ix. milliers; ^

Emenidus d'Arcade fu ses confanoniers.

Onques n'isci de Grese tel jent por* Felipon, com Alixandres ot^ si nos dire le son,* ' 35

en la tiere d' Aller de coi ot le somon.

1) dekaiHMrê. 2) /ier#. Z) Beeker de Valemire. 4) ehêvaiiaré. 5) mtère. 6) êùferre. 7) i^aiUmHS, 8) ieê de. 9) éê pUtmêë de VaOa».

W^ANCB D'ALOANDRB. ^7

la veiscies tendu maint rice pariUon; Aristote* se jut sor i. pale* esclaron.

Aljxandres apele, si Ta mis à raison: «eslisies idi. pcrs qui soient compagnon, «qui menront ros esceles,' totes par deTison.* 5

nS'ames vos cheraliers et fuîtes lor gent don ; nYus saves, qui bien done, tolenliers le sert-on, «et par donner puet-on amolier félon, «qui tout vint et tout part, des auqilans le dist-on/ «se voles larges estre, plus en seres preudon, 10

F. 6* «et coûquerres la tiere eirtor et environ,

«si que nus hom n'ara vers vous desfension."

Alixandres Toi, si dreca le menton,

et a dist à sen mestre: „ci a bêle raison;

«eslisies vus -meismes de qui nos le feron.** 15

primerains i metes Tolomé et Clincon,

«Lincanor et Pilote, et Dant Emenidon,

«Perdicas et Lione avoec Antigonun,

«et le conte Arides, Ariste et Caunon,

«Antiocus avoec;* or sunt xii. par non. 20

«icist sunt tôt preudomme et chevalier preudon'

«Emenidns d'Arcade por® vostre confanon.**

et a dit Alixandres: „à Deu bénéichon.**

En icel jor que furent eslit li xii. pers, que H rois Alixandres les ot fait deviser, Hb

a fait monter sa gent et ses grailes soner. è ¥ règne Nicolas voira très or* aler. Emenidns*® commande son confanon porter; jamais ne finera, si venra à la mer. devant soi, encontra li rois i. baceler 30

qui les ceviaus ot blont et le viaire cler; son samblant ne sa face ne vus sai deviser; de plus jentil dansiel n'ora nus hom parler, alulés d'une cauce, n'ot houce ne soller. à cens devant a pris le roi è demander; . 35

1} AlîX€mdrê4. 2) Ut 3) baUdlUê. 4) deviêion. 5) M veuiy ireêiot

P^, à «Mtr U voit ^ an. 6) eU. 7) harans. 8) fori. 9) dés or. \0)BmtÊddom.

u Braatu l*AlliMiir«. 2

18 ENFANCK D'ALIXANDRK.

i. dansiaus Tesgarda, si li ala mostrer, et il ala le roi hautement saluer: „sire, entent ma parole, bien le dois escouter. „ne m'aies en por* vil, se me vois povre aler, ,ge me peuise mius vestir et àtourner; 5

,,mais teus faom me fait querre,' s'il me pooit (rover, „qui me feroit le bu de la teste sevrer. ,ge sui cousins^ roi Daire, ne le te doi celer, „fius sui de sa serour, si me deust amer; * „mais il me* tôt ma tere, pour moi desireter. 10

„or Siui venus à toi, car j'ai conter „que tu retiens les povres qui voelent amender, „et plus povres de moi ne pues tu esgarder, „quar je n'ai tant de tiere ù me puise eseonser.""' à icest mot a fait maint chevalier pasmer;* 15

Alixandres mdsme commence à sospirer. après li demanda com il se fait noumer: . „sire, jou ai nom Sanses, fins le roi Oteer.^. „li rois Daires, mes oncles, le fist emprisonner „et moi fis del pais et cacier et jeter. 20

„Tir me toit et la tiere qui siet' joste la mer, „plus que on ne porroit en iiii. jors errer. „è r roiaume de Perse foi ferment loer; nonques de si à toi ne me voel arester. nbui deveg* tes hom liges, si m'en voel mult pener 25 „de faire ton service, bien t'i poras fier.** Alixandres ot joie qu'il Toi si parler, a pié est descendus, se 1' prist à acoler. son mestre cambrelenc fist II rois apeler, de rices dras soie le fist bien conraer, 30

ceval et bones armes li commande à doner; sa tiere ii rendra, s'il le puet conquester, et donra de le soie, s'il le sert sans fauser, dont il pora en l'ost x"* homes mener, et Sanses cerement' l'en prist à mercier. 35

F. 6' Bel home ot en Sanson quant il fu bien vestus

\) fwr e%, 2) guerre. 3) méê le. 4) fhrer. 5) Oioner, 6) deviemf. 7) Mnememi.

BNFANGB IKALKANDRB. 1 9

ses manUaus tvt hermius, de deseure Tolsas

d'an samit de Paterne vermel ou ver menus;

li tasiel sunt à pierea^ H ors i est paras;*

cances ot de bran pale et esporons agna.

en riant dist au roi: ^tes amis est creua; 5

»qne ja ne vus bura, tant com durt sa yertus;**

et Q fn d'Alixandre liement retenus;

de tîere à x"* hommes, li est ses ftus creus.

„sire, cou a dit Sanses, grans biens m'est avenus;

»eacor quit reoir Feure que Daire ert deceus. 10

„Ia tiere en areres et il ert confondus.

„quant escapai de Perse, et j'en sui fors iscus,

„ases fui de ses hommes pour ocire sens,

„par CesarieP le grant m'en yig tous irascus;

„mais onques par nul homme n'i fuis reconneus. 15

„la trouvai Nicolas qui est d'ire esmeus;

„cil remanace Grese a ardoir comme fus,

„por cou^e ne l'en est aportes li treus/'

lors respont Aiixandres, sens consel de ses dras:

„vas ires à Gesare qui en estes venus 20

„et dires Nicolas que jou sui ja venus.'

„le treu* 11 aporte à tout c"** ' escus; *

„se partans ne 1' vienc querre, à son oes ert perdus.

„mais avant li dires, de par moi, tes salus,

„que j'en serai ocis n il sera vencus, .25

„ains que ja li treus li soit par moi rendus.

„la bataille li manc o mes armes u nus,

„et cil ki vencus ert, sera rois abatus;

„ne doit tiere tenhr jouenes hom recreus/'

Sanses entent le roi, si monte è Y bai de pris; 90 tant cevauce li ber qu'en Cesare est vertis, et trouva Nicolas en son palais assis; entor lui ot ases domaines et marcis. son mesage li conte, ne fu mie esbahis: Aiixandres vus mande, li rois- poesteis 35

„qni de mort vus detBe, ne* pas n'est vos amis, „por cou que de sa tiere aves treu requis.

1) 4«hi#. f) Cêsairê. 3) nutu. 4) Irerage. 5) irenlê m. 6) emr.

20 BNFANCB 0'ALUUNDRB.

,,mull fier le vus aporte, à tout c*"- Gris;

„eD Yo tiere est entrés^ de cou «oies tos fis,

,,ne jamais n'en istra à nul jor k'il soit vis,

„dusqu'il sera vencus et il en ect ocis.^

„ne Tiut ja c'autres hom en soit mors ne malmis; 5

„le batalle yus mande et jou le vus devis,

„cor8 à cors contre lui, sor le' ceval de pris/*

Nicolas Tentendi, si abaisa le vis, d'ire et de mautalent fu et mus et pensis; après li respondi, com hom mautalentjs: 10

„mesagier, com as non? sire, Sanses d'Alis,' „et sui nies le roi Daire, mes br en suis escis. „à tort me disirite; mes à tel me sui pris „qu'il me rendra ma tiere, et plus m'en a promis „dont jou menrai en ost x^'^ fer vestis; 15

„cou est li miudres rois, li plus amanevis „qui nascui, puis c'Adans isci de paradis „qu'il perdi por le pum ki li fu contredis. „or vous di je por voir, et si en soies fis, ' „s'il vus trueve en batalle, vus «seres malballis; 20

„vencus i remanres et de V règne caitis; „sor le fier de sa lance est tes jugemens mis.*' F. 7^ quant l'entent Nicolas, de fauset' fist i. ris, et a dit à Sanson, oiant tous ses marcis: „va, si di ten signor, ses morteus anemis 23

„le soumont en bataille, d'ui en xl. dis, „se il vint cors à cors u gent contre geAt mis.**

Quant Nicolas oi le dit de 1' mesagîer, qu'il manace Alixandre de la teste à trancier, et com son an^i le voira enpirier. 30

le mesage commence mult bel à losengier; à soi le vofara traire s'il le puet esploitier: „amis, ce dist li rois, je me* voel acoiatier „puisque tu es nés Daire, tu en fais à prisier; „il est près mes parens, ne m'en dois losengier; 35

„muU eslaidist sa face, qui sen nés fait trencier;

i) aitu i êtrêê veneuê u- U i ert oeis. 2) bomê. 3) ii« Lis, 4) Ami. 5) fmmiê, 6) #«.

ENFANCE B^ALIX ANDRE. 21

„qai son lignage abaise, ne Tdoit' on avoir cler.

»,or guerpis Alixandre, et si me vien aidier;

„de men règne avéras, s'il te plest, i. qnaftier,

„et si t'acorderai à Daire le guerrier.'

,,ta tiere te rendrai toute sans calengier; 5

„ne dois celui servir qui te' viut gueroier.

,,8'il treu ne me rent, jou le viuc gueroier'

„et de l'orgnel c|u'il a si durement plaisier

„que ne Y voiront veoir cil qui or Vont plus cler."

„0r oi plest, ce dist Sanses, ki bien fait alaisier, 10 nquant me rouves celui qui bien me fait cangier, ,,et ki ja m'a doné si très cortois louier, „que servir m'en poront x*- cevalier. ,Jà tant com jou araî le cuer de 1' ventre entré,* „ne l'guerpirai pour homme, pour les membres trencier. 15 „comment m'aidera cil ki lui' ne puet aidier; „toi meisme quide-il confundre et exillier, „et tout desireter et de 1' règne cacier. „il ne resanble mie le cuivert pautonnier, „roi Daire le Persant, qui Dex doinst encombrier, 20 „que d'un ser de putaire a fait son consiUier. ,ga devant Aliïandre n'oseroit aprocier; „s'on li disoit losenge,* pour autrui enpirier, „li rois le feroit pendre u en aighe noier. ,,de lui 'et des ses homes te bonvient-il gaitier. 25

,Jou t'ai dit men mesage, si m'en voel repairier." atant monte è 1' ceval que phis n'i vot resnier; jusqu'à r tref Alixandre n'ot cure de targier.

Quant Alixandres voit son mesage Venir, il l'enbrace et le baise, que ne le pot tenir.' 30

nouvieles li demande, et si les vint oïr. „Sanses, ne 1' me celés, s'il vus vient à plaisir, „que vus dist Nicolas? s'en voira il fuir, „u se vohra vers moi en batalle tenir?"® certes sûre, dist Sanses, il est de grand air, 35

1) si u ferai vers Daire Um oncle repairier, 2) me. 3) je V fuie «i emeHUr. 4) è V ventre enHer. 5) êoi. 6) Undenge. 7) ne s'en poi aeienir. 8) venir.

22 ENFANCE D'ALIXANDRE.

„si com cil qui vos viut de tout sen cner hair, „et mult nos quide bien par sa force honnir. „ainc home de batalle ne si araifiir;^ „par losenge me vot de vus faire partir, „et dist qu'il me feroit tout rendre, à mon plaisir, 5

„quanque Daire me toit et que jou suel tenir; „et me vot de son règne i. quartier départir, „por tant qu'à son service me vosise obéir; „mais jou n'ai mie cuer de mon signor trair, „si U sot bien respondre, à bon mos, sans mentir, 10 ,,que jou signor avoie plus vallant à servir, F. 7^ ,»qu'il ne fust, ne rois Daire qui me vot malbaillir. „et sacies, de V treu ne se (Viut astenir „que il ne V vus demant, que qu'en doie avenir." quant l'entent AUxandres, si commence à frémir; 15

d'ire et de ihautalent prist sa faces à noircir, et jure celui Deu qui solel fait luisir que l'un d'ans ii. convient en batalle morin ' à ces mos en alèrent as batalles' jesir» et au main,' quant il virent le solel esctarcir, 20

fait li rois le harnas et les tentes quellir. jamais ne s'i voh*a arester ne tenir de si que de Cesare pora les tors veir.

Dolans fu et pensis Nicolas des respolds que li mande Alixandres, li cûvers,* li félons, 25

que ne 1' |)ora garir fermetés ne dognons. de partout son roiaume a mandé les félons,* que lor convient laisier esperviers et faucons, et facent ratérner* de novel les blasons, et bones armes aient et les cevaus Gascons; 30.

quar bien lor est mestiers, isi com nous quidons, et viegnent à Cesare, à coite d'esporons, aparillié de guerre; partans en est besons. tous esmuet les pais k'il ot larges et Ions; " si en jure les Dex à cui il fait ses dons 35

que se il i remaint chevaliers ne peons

1) Mfîr. 2) hêrkêTfië. %)'à V matin. 4) orjfuiiimiê et b) êê 6) rafreêfuier.

BNFâNCK D'ALIXANORB. 23

qui armea poist porter ne seçir en aroons,

destrois ert, u pendus, u rostis à carbons.

qpmi furent asamblé caus que il ot soumons,

bien furent ce"*-, enai corn nous quidons.

peuaciea^- (veoir) tant rices confanons, 5

indea, Termaua et gausnea» de diverses façons.

8or l'aighe de Cobar tendent lor pavillons.

Quant li rois Nicolas ot tote s'ost mandée, sor Taighe de Copar en le plagne année', plus durèrent lor loges de demie jornée; 10

nequedent' que par home soit ja desbaretée; mais il ne reront ja la quinsaine pasée; qui teus a grant orguel, qui perdra. sa -posnée. Alixandres cerauce, s'oriflanbe levée, 0 sa ricea compagne d'une gent ordenée,* 15

qui toute est de batalle essaie et provée. il n'avoii gent è 1' monde ki plus fust alosée, de bon signor garnie et bien enluminée, qui tout fait lor plaisir et quant que lor agrée; et ele est en batalle por lui si enbrasée 20

que vii. tans d'autre gent ni aroient* durée, il cevauéent à force et passent la contrée. Tbolomes regarda vers une plagne lée, des tentes Nicolas i coisi la fumée, et vit les pavillons è 1' funs d'une vallée. 25

li L des Grius à l'autre a l'ost au doi* mostrée, et dient en riant: , jamais ne cagne espée, „qaî de ces partira, s'en est^ targe quasée.^ „la bontés Alixandre ki si nos est privée, „doit bien estre a ices primerains acarfée.''" 30

ja fust l'os des Gregois maintenant aprestée, mais li rois Alixandres a sa teste jurée que mar s'en mouvra i.,- s'est *^ sa gent ordenée et cescune batalle à sen droit devisée; quar puisque si grans os est ensanble jostée, 35

F. 9* il n'est hom si poiscant par cui fust desevrée,

1) Uueques r«i>#te«. 2) asêotUée. 3) ne pùe. 4) aHurée. 6) n'aroii À li, 8) r « toêî à V M. 7) êi mu 8) êêffndrie. 9) eottn^mrée. 10) •'••$

24 BNFANCB D'ALIXANDKB.

devant que mainte teste seroit de 1' bu copée, '

chevaliers abatus et siele renversée,

et de maint bon ceval la resne traînée.

„por cou voel que par sens soit ma gens ordenée/'

Quant les os de ii. pars se sont entreveues, 5

et les geldes à pie ki après sunt venues, ont de Tost Nicolas les herberges veues» tentes et pavillons et ancubes tendues, et çnt les grans ricoises de Tost aperceues, il n'orent les deffenses Alixandre entendues. 10

celé part vont corant, n'i ont règnes tenues, grans cos i ont donés de lor lanees agues; li dar que li Griu lancent et sigaites molues i volent plus espes qu'en Mai herbes^ menues, et cil bien se desfendent o les espees nues. 15

ains qu'en ait Alixandres lés noveles eues, i ot sanc et cerveles de mains cors espandnes. „Sire, dist Tholomes, les os sont esmeues. ,Ja i a d'ambes pars maintes testes tolues.. „faites armer ik)s gens, par ces plagnes ramues, ' 20

„que ne soient ancui folement deceues; „si erent' ces iii. batalles Nicolas bien férues „que jou voi ordener, lès. ces bruelles foUues, „si que soient ancui laidement deronpues, „* jamais totes les autres* ne seroient cremues.*' 25

Tholome, dist li rois, les coses > porvenes „vienent sovent a bien, se bien sont maintenues.'' or' ouus (sic) dont par sens as premeres venues.

Quant Nicolas voit l'ost des Grejois dans la plagne, et les geldes à pie ki paient lor bargagnes, 30

teus i ala tous sens que percié ot l'entregne, isnelement commande à armer sa conpagne, et fait les faamas traire vers les puis d'Aliagne;'. s'il vient a desconfire c' aient large canpagne.* mult bel les amoneste et sajement ensfigne; 35

cescuns prie par foi, que il or ne se fagne, que l'os ne se desroie, mes ensanMe se tegne, 1) piveuêê, 2) s'êreni. 3) ^Araigne, A) iargmigne.

BEViUCK D'ALIXANDRH. 25

quar fters est Alixandres^ et fiere sa conpagne :

„ne vus esmaies mie» se Tuna l'autre mahegne;

„au départir de V camp, vera-on le gaegne;

Jl ne puet avenir que li i. ne a'en plegne. .

„mias volroie morir que il ma tiere eopregne; 5

ntrop est grana ses orgius, et fière sa conpagne.

^melons fort contre fort, n'i ait autre bargagne.*^

Abilor de Loseme^ a commandé s'ensegne;

ne quide que nus autres à sa valor atagne,

ne que miUor de lui nule part mius aeagne. 10

Quant Alixandres Tit de l'est le commencaille, et li geldes à pie ki muèrent la batalle, L Griua en est partis, fenis desous rentraiUe; li «ans qui de lui ist, desous son arcoû qualle. Alixandres a dit: „ci n'a pas devinalle/* 15

et dist par mautalent: „ja Dex m'ait à bsdle, „se jou de V asamblée fac mes la desevralle; „or gart cescQns sa -cape à ceste commencaille.'' xii. escieles devise, à bien les aparaille. Emenidus d'Arcade la primeraine baille, 20

et dist que bien les maint et sagement i aUe, et gart ne se desroit et nus des rens ne salle ; quar à si fait be9oig et à tele asamllable F. 7' ne puet-on bien trouver, se par sens ne travaille.

Emenidus respont: „jà tant corn aurai maille, 25

„ne mon hauberc tenir, ne gieron, ne ventalle,

„por doutance de mort, ne lôr i ferai falle.

„ancois serai férus très parmi le coralle, .

„et avérai bendé le cors d'une toualle

„qne jou ^e face cose qui à ounor vus vaille.'* 30

li rois dist en plorant à Garson de Vialle:' <

„on l'en puet mult bien croire, n'i a nul qui le valle."

La première bataille conduist Emenidus, Perdicas li seconde et le tierce Caunus, le quarte Liones, le quinte Antiochus; 35

en le siste batalle fu mis Antigonus; en cçli ot asses de princes et de dus 1) !• Sêre, 2) riatU à Qartn tfAbiaiiU.

26 HNFANCB B ALIXANDRK.

qui feront en la route* Nicolas gran^ pietrus;

quant venront fl l'estor n'i feront nul refus;

bien quic c'a Y despartir, n'en pora gaber nus.

les iii. autres batailles se rengièrent en sus;

celés voiront ancui desrainer' les treus. 5

Mult fu preus Alixandres et de sens ot plenté; des autres vi.' batailles a-il bien commandé que li baron les mainent sagement, par fierté. Dan Clin balle le semé, V uitisrae Tolomé; cil doi sunt d'un eage et près d'un parenté, 10

et si erent' andoi de proeèce esprové, d'un samblanl, d'une guise et d'un grand parenté.* *de tote l'ost de Grese furent li plus douté, fors seul Emenidon, ki Xant ot de bonté c'ainc ne fui d'estor demi pié mesuré, 15

porvet* c'estre i peust a ntile saureté. la nueme esciele guie Nicanus* par fierté, ' et la disime baUe li rois à Ariste; cil doi furent rasai de corage aduré, en guerre et en bataille cevalier esprové. « 20

L'onsime des batalles conduira Pilotes, Arides de Yâleste ot la dousime après; cil sunt boin ccTalier et en ester en grés. Alixandres revient o sa grant genl après, qui en ester saroient sofrir les grignors fés. 25

le jour flst Alixandre c'aine de roi ne fist' mais, que toutes ses batailles a ouvrées en pais, en la première- esciele est venus à estais, si que premiers josta li rois Macidonais ; celui jor le trouvèrent si anemé en grés.^ 30

En la première esciele que Emenidus maine, sist li rois Alixandres, sor Bucifal domaine, car des joustes voira avoir la primeraine ; il le désire plus c'oir cant de Sierainé. este vus de Cesare l'estore premeraine, 35

devant trestous les autres est li dus de Betaine,

1) geuL 2) des fendre. 3) iii, 4) iPune voiotUé. 5) priant qu\ 6) Lieanar. 7) n'oï. 8) irée.

BNPANGB D'ALlXilNORB. 21

et sis! 8or i. destrier U plus cort d'une alalne ^ qu'esmerillons ne vole à Y aloe procaine;

il ot l'un costé brun^ et l'autre blanc com lafne.' quant le vit iJixandres, d'à hii jouster se paine, Bucifal esporone, se li lasque le règne. 5

ja ores d'ambes pars une joste certaine, li dus a la ferir Alixandre le maine^ que sa lance pecoie sor le roi Macedaine, et li rois le feri en l'escu d'Aquitaine,' que tout li a percié et te brogne clayaine, 10

F. 8* si que muU près de V cuer li a trencié le vaine; toute plaine sa lance, V abat mort en Faraine. les îi. batailles hurtent et la tiere fu saine, fièrement s'entrecontrent à la première estraine.

As premeraines jostes cairent maint vasal 15

qui puis ne remontèrent en sele de ceval. peuisies velr fier ester communal, tant escu destrancié, tant elrne, tant nasal, le sanc et les ceireles espandre contre val; au couart convenoit de*guerpir son estai; 20

et li preu sostenoient et le paine et le mal. et Alizandreq point son destrier Bucifol ; è 1' cief de la bataille va joindre Anabisal; cil est niés Nicolas et mult sot de Y ceval; non porquant li ronpirent et caingles et poitral; 25

parmi le cors li mist Tensegne de cendal, si que parmi le crupe Y abati.de l' ceval; puis a traite l'espée, à 1' pug d'or à cristal; à 1' tomer de la jouste ala ferir Gortal, que l'elme li trenca et le vaine orgenal. 30

Emenidus Tesgarde, s'en apele Hunbal: „voies, fait-il, de 1' roi ki fait tel bastitaL „onques si hardis princes ne monta sor ceval; „il n'espargne nu lui, car si cop sunt mortal; „cui il ataint a cop ne demeure en ceval; 35

„ancui lor fera traire i. dolerous journal „il ne r laira garir ne en mont ne en val."

1) kUme, 2) krun avoine. 3) de quintaine.

28 BNPANCB D*ALIXANORB.

Ëmenidns seoit è V destrier Airagon; si cerke la bataille entor et environ; ricement fu armes, regart ot de félon, è r cief de la batalle va jouster à Sanson» amis ert Nicolas, de V mius de sa maison. 5

Emenidus li vient à poignant de randon, à r cors li met le fer, à tout le oonfanon; si l'abat de 1' ceval, qu'en vuident li arcon. Aspiros d'Escalite sist en alerion:

iries fu et dolans de la mort de Sanson, 10

s'or ne le puet vengier, ne se prise un boton. en la prese grignor ala ferir Begon; toute plaine sa lance, l'abat mort de Tarçon; mult en poise Alixandre de la mort au' baron et dist: „vus m'ares sempres mult près à compagnon/' 15 automer que il fist, li fist le cief en bron, que ronpue est la coife et avoec li bouton, et la teste 11 cope pardesous le menton, cil de Cesare voient icele^grant marison, si dient que trop sunt M oop des Grius félon. 20

Es vus par la batalle, ses soudoiers venir* Sanson, le neveu Daire, xpn fu gietës de Tir. ricement fu armés, si vint par grant air* enmi la grignor prese, ala i. duc ferir qui ot de Nicolas mult grant tiere à' tenir,' 25

que l'escu de son col li fait fendre et partir; et de cel tM>p li fait 1' anne de 1' cors iscir; puis a traite Tespée; as autres vait guencir. Amilas de la Sere' fait à i. cop morir; Alizandres le voit, mult li vint à plaisir, 30

et dist: „mult doit-on bien tel chevalier tenir,* „qui si set son signer en bataille servir; „qui tel home toit tiere bien l'en doit maus venir.'' F. 8^ la conpagne Aliiandre fert de si grant air

que la première esciele ne le pot mes soffrir; 35

par force les convint lor ester déguerpir."

1) #011. 2) êor i, destrier, 3) Losere, 4) vasai retenir. 5) à toe fremerainê a fait estai guerfir.

BMFANCB D'ALIXAIIDRB. 29

Es yns l'autre bataille que conduit Perdicas; à le seconde escieie des lionies Nicolas - se jouste» com ains puet, et Tient phis que le pas. de lances et de dars i oiscies les quas, tant elme et tant escu yeiscies jesir bas , 5

maint cheralier i ot Use pot clamer las, qui gisoit à la tiere, à mort navrés et mas. sor Beart d' ^ Olifeme sist armés Bélias ; cU estoit nés de Grese, de V lignage Eneas *qui escapa de Tfoie quant li pails fa ars; fO

è r cief de la bataille, va joindre à Jonatas, i. baron de Césare et de Caïfas; grant tiere ot à tenir de jusqu'en Elinas.' Elias le feri qu'il li perça les dras, si que, plaine sa lance» l'abat de V ceral cras. 15,

Sabilor de Losere a ocis Brunadas, L cheyaliers de Gresse, cousins ert Pilotas, ja Teiscies ferir Grius et Macidonas; la mesnie Alixandre ki ne T'espargnent pas, as espées trencans les vont ferir è 1' tas. 20

lor anemis aboivrent de mult félons hanas, c' onques de ceste esciecle, ne V tenes mie à gas, ù bien furent ii**, n'en escapërent pas XX.» ne dis» L sens, ne fust navrés et mas.

Es vus la tierce escieie que Caunus.li preus guie, 25 qui maint bon chevalier ot en. sa compagnie; sor le gent Nicolas avoient grant envie, fièrement le requerrent» que tos jors l'ont haie, veist-on percier mainte targe-florie. Caulus point le ceval ù durement se fie, 30

va férir Samador en le targe brunie, qne li fent et estroe devers destre partie, li haubers de sen dos ne li vaut une pie;* parmi le cors li passe l'ensegne d'Aumarie, sor Tarcon daeirain renverse tôt et plie, 35

outre s'en est pasés, mes le branc n'i oublie, de 1' fuere le trait fors quant li lance est falie; 1) ie kimuf. 2) BêHmmê, S) n'et. 4) èiUie.

30 BNPANCB D'ALIXANDRB.

au retor fiert i. autre sor Telme de Pavie,

mais pardevant Tescu est l^spée guencie^

que Tespaule senesire li a de 1' cors partie.

li bras à tout Tescu ciet è V pré ki verdie,

et cil por la dolour a le prese guerpie; 5

iiii. fois est pasmés sor Terbe ki yerdie.'

Caunus prist por le règne le destrier d'Orcanie , '

a i. Griu Ta bailliet qui le sien n'en ot mie,

nus ne voit si fais cos ki soit de sa partie,*

qui por sa grant proecce, dedens sen ciier ne rie. 10

la batalle Caulnu a si l'autre envaie

que plus de ii. arpens est arrière sortie.

Es vus l'autre batalle que conduisoit Leone; joste à la quarté (*esquele) Nicolas, sens essone;'

N maint escu i percierent ki vint de Babilonne. 15

atant es vus poignant Friande de Sadone ; ' cil est hom Alixandre et tient Escalidone, . et sist sor i. destrier ki vint de Calidone.^ sor Tescu de son col ala ferir Anlone, i. baron Mcolas qui est de Babilone ; 20

F. 8* si pecoie sa lance com unrain de peone.' lors a traite Tespée à 1' pug d'or à 'Sardone, amont le fiert en l'elme 6 ot maint Casldone,^ que U trence et deront la coife sor le brogne. è r cervel li enbat le branc, cui sans ensone; 25

fièrement s'i contient la flors de Macidone.

Quant la première esciele qui as Grius fîi jostée, vit la g«nt Alixandre tant fiere et redoutée, et duite de batalle et si bien ordenée, c'ainc si hardie gens ne fu de mère née, 30

et ont l'autre C4>npagne Alixandre esgardée; cescune des batalles est* par soi de visée si com li maines rois ot' par soi devisée, *^ et voient la lor gent mult près desbaretée, bien sevent, ne poront vers ans avoir durée. 35

1) gUieée. 2) en mi la praêrie. 3) de Surie, 4) de kan ctter n'en riê, 5) enêoine. 6) dwerêU Coine. 7) péoine, 8) CaUiMne, 9) vtni. 10) Vwoit He» wrdwée.

BNTANCB H'ALIXANMUB. 31

tel cccG. en gisent aval, parmi ^ la prée, dont li mains mehagnies ot la teste oopée. lor première batalle en est si reusée, * que la seconde après en est toute esfraée; la tierce en est fremée et la quarte branlée. 5

quant .la gent Nicolas qui. «près Tint armée, ▼it celé de derant' en tel point formenée, ' que toute est en fuiant devers aus retornée, ^ r^foute^ fu de bien faire enfin destalentée,

si que ruQ^n|i(^ Tautre est en fuies tomée. 10

Alixandres le» siut o sa gent ordenée:

la peuisies venir -mainte ensegne fresée,

en cors de chevalier tainte et ensanglentée ;

en icele cace ot mainte large esfondrée.

tros qu'à puis de Lieme n' i ot règne tirée 15

ù li hamas estoit et Tautre gens alée;

ÎL liues et demie a li fuite durée.

par dehors la cité à V destroit de l'entrée

est la gens Nicolas qui fuioit,' arestée.

Abilos de Losere a s'ensegne' escriée; 20

iluec voiront encor mainteniiv la mellée.

Les ii. 08 sont jostées a 1' destroit de Cesaire; durement s'entrefierent» car «ne s'entr' aiment* galre. maint navré oîsies iluec crier et braire, qui preu chevalier furent et franc et deboinaire. 25

Etnenidus seoit sor ferrant de Liaire;^ de toute l'ost de Grese ne pot-on millor traire, et si estoit genUos et frans et deboinaire. en l'escH va ferir te marcis de Navare;* li brogne c'ait vestue ne li vaut une haire; 30

le cuer li a trencié sos le police vaire. quant le voit Nicolas, mult li tome à contraire; cil *estoit ses coosins, ^' si li dut bien desplaire. volontiers se volroit vers Emenidus traire, por vengier sen coosin, se il le pooit faire. 35

Nicolas point et broce le destrier remuant,

1) M miiiu de. 2) fuir, 3) m gent 4) s^mnermi. 5) Lueairê, 6) 8êdan Unêf. 7) car U eêêaii êêê niée.

32 ENFANCE D'ALIXANDRB.

quant voit mort son neveu à la tiere gésant; mult durement li poise, le cner en a dolant; de cou n^ se doit dus aler esmeryillant ; nus ne pert bon ami, damage n'i ait grant. fius estoit de sen frère c'on apele Persant; 5

en toute sa compagne u'uvoit j nùus yallant. en le targe florie s'en va ferir Brûlant,^ que il li a perciet son hauberc jaserantr *desrompi douze mailles trestotes d'un tenailt, de jouste le costé va l'acier conduisant» 10

la car (a) atamée, mais ne l'a mort atant; F. 8' non puis quant de 1' cevaP à la tiere l'espant lors a. traite l'espée, si regarde le brant; i chevaliers Grijois en fiert *en trespasant, si qu'à cet cop li va li cief de 1' bu rasant 15

Tolomes esporone, si li vient au devant, si graût tof li. dona parmi l'elme luisant, que tout le fait cliner sor son arcon devailt; de l'espée li done iiiL cos en ferant, si l'a si estoné qu'il n'en ot ne entant. 20

par le raisne le prenti si l'enmainent atant; en ranprone li dist iiL mos en reproçant: ««Nicolas, or aves cou qu'avés demandant; ,«le treu de Cesare avères maintenant.'*' ja fint pris Nicolas et retenus atant, 25

et si home vencu qui aloient fuiant, quant li quens d'Abilor i est venus poignant bien sunt en sa eompagne cccc. combatant ja ores d'ambe part une mellée grant Nicolas ont rescous si home maintenant; 30

ariere le remainent, n'i ont plus demorant, quar de tel compagnie n'ara hui mais talant

Quant- li quens d'Abilor ot rescous son signor, il feri Tolomé parmi son ehne à flour, que le ciercle en abat et les pieres entor; 35

et Tolomés fiert lui en i'ebne de coolour, que il li a percié le cercle de valeur. 1) Bêliani. 2) «Mrt> u il voetië u mu.

BNPANCB D'ALIXANDRB. 33

li cols est descendas en l'esca paint à flor;

de tel yertu le Sert et de si grant iror,

durement le hurta, si l'abat à sen tor;

maintenant Teast mort et torné à dolor,

quant la gent de César a enclos tôt entor. 5

sonr Tolomé s'arestent tel xxx. fereour

qui as brans li estoient de mort presenteor;

*desos lui li ocient son bon ceyai lejour;

mais li vasaus fu preus et plains de grant iror.

fièrement se desfendent* o les brans de coior; 10

ja fust pris li vasaus et tenus sens demor,

quant Dans Clins ses conpains est yenus à l'estor,

et connut Tolomé qu'il asalent entor.

le ceyal esporone, s'est venus à T contour;

en sa conpagne furent maint rice poigneor 15

de le gent Alixandre, le roi Macidonour;

bien en ont caus encontl-és' en lor premerain tor,

fièrement les asalent, car point n'i ont demore.

Dans Clins fiert le premier qui tenoit Tolomé, que l'esctt de son col li a fraint et fausé. 20

parmi le cors li a l'anste et le fier pasé; de r ceyal l'abat mort, si l'a bien asené; par le firain à argent a le ceyal conbré, à Tolomé l'a tost par le frain présenté, et li ber i monta qui mult l'a désiré. 25

Emenldus fiert l'autre de V branc à or letré; le car sor les espaules li a de V bu seyré. Perdicas fiert le tierc et li quart Aristé, et Licanors le quint, si com l'a encontre que tout le hanepier li a de V clef osté, 30

deseure les orelles li a le branc rasé, tel corone n^ont mie ne mone ne abé, que a cis que on a d'un seul cop coronné. li xiL per de Grese sont entour aresté, qui sunt en mainte coite' cfemu et redoté; 35

F. 9 par force ont recouyré le conte Tholomé que la gent Nicolas ayoient aresté; 1) éêêfant. 2) iêë o$U etusonirés, 3) iêre. U EoiMM rAlixaUre. ^

34 BNFANCB ITALIZANDRB.

mais trop l'ont cierement de lor cors acaté.

adonques yeiscies bien aidier Tolomé;

corn il trence ces elmes o le branc acéré.

le prince de Corinte lor i a mort jeté;

et Dans Clins i fait d'armes^ au coraje aduré, 5

et 11 autre baron qui plain sunt de fierté.

Li mellée est laisié et Tolomes rescous; fière i fu la bataille et l'estors perillous. Arides point et broce parmi les prés herbous, et il ayoit ceval courant et yigerous; 10

en l'escu de sen col va (èrir Maladous, i. baron Nicolas qui fel ert et estons; toute plaine sa lance l'abat de V ceyal rous, et cil resaut en pies, tous iries et hontous; Tespée tint ë V pug, yers lui yint courecous, 15

par desor les orelles feri le ceyal rous, que de la teste l'a à celui* cop fait blous. Arides saut en pies, iriés et corigous, et li i. et li autres fu fiers et yigerous.' des espées se donent grans cos et meryillouÈ, 20

ains qu'en remagne mais li mellée d'ans doua, et n'est, ce quit» li i. coureciés et irous.

Saletrons' tint le branc, yers le Griu* yint à trait,* si le fiert parmi l'ehne qu'il l'a quasé et frait. Arides refiert loi qui le sien^ ayoit trait; 25

fièrement se combatent eus è 1' cief d'un garait li Hermines li a son escu parmi frait, è r cors, par mi l'auberc, l'eust mort d'un retrait; mais il contre le branc a l'escu ayant trait Aristes li regiete un tel cop de retrait 30

que l'os de 1' bras li «trence, et cil geta un brait et proie que merci por Deu de sa yie ait; ' grant ayoir l'en donra; mais que plus de mal n'ait: or et argent et dras li donra par tel plait quant l'entent Aristes, por tant yiyre le lait 35

lors se rent cil prison et ayoec lui^se trait

1) lé# êmetmee. 2) éi fu iui rêquêrre et (Urê et Cêmfoilûuê, 3) Mêimreanê. 4) Turc. 5) à hmi.

BNFANCB D'ALCCANDRB. 35

Alixandre le renl ki désarmer le fait.

le cief avoit plus blanc que ne soit glous de lait.

le roi demande i. mire et raençon promet,

or et argent asses, se il garir le fait,

il l'en fera raser tonte plaine une met.* 5

„Salatron8, dist li rois, vus estes mes prisons. ~ voire y sire, fait-il, grant ert mes raencons. „faite8 moi bien servir; ne sui mie garçons, „quar jou tieng bien de tiere, que castiaus, que dognons,' „dont mener puis en ost xx*- compagnons; 10

„et tout vienent à moi quant jou les ai somons. „por cou, que de nous' est par tout si grans renons, „et que donner saves à nous si -rices dons, „devenrai vos hom liges et ferai tos vos bons. „ne ja n'ière en ma vie traîtres ne félons; 15

„ains vus voirai servir, si com chevaliers bons, à Alixandre plot mult bien ceste raisons, ii. siens mires li balle, sages et mestres bons^, et dist, s'il le garisent, il ior donra grans dons, et cil ont respondu: „nous nos en penerons. 20

„à l'aide de Deu, (tos) sain et sauf le rendrons „deden8 xL jours; plus n'i meterons.** F. 9^ à tant estes vus ii. desrices compagnons, li L fn Tolomes et li autres Clincons. cist ont en la batalle conquis tes 11. prisons 25

des hommes Nicolas, de ses millors barons dont mult rices sera et grans li raencons. au roi les ont rendus ans ii. par les gernons,^ et li rois les commande mener as . pavillons.

Alixandres commande ses prisons à garder. 30

grans ert li raencons, s'il le vint demander; cescuns s'en fera d'or ii. fois contrepeser, 0 les autres louiers qu'il en voiront donner, li rois de l'autre part se prist à regarder et vit de la bataille un Grijois retorner. 35

ferus' ert d'une espée è 1' cors, à Y traverser.

1) Mff. 2) éê DtOrê e, emêHamê à donfonê. 3) vauê. 4) Aiixmndrê ^rm m iêux fmr U kauiimê,

36 ENFANCE DALIXANDRE.

tant ot perdu de 1' sanc qu'il ne pooit aler;

sour le col de V ceval le convint-il pasmer.

quant li rois l'a veu, si prist à sospirer,

dolans fu en sen cuer, ne V pot plus endurer.

Bucifal esperone, ne Tot plus arester, 5

sempres le convenra cui que soit comparer.

il va cercant les rens, ne trueve à qui joster.

i chevalier de Perse feri a rencontrer,

le cief sor les espaules fist arière verser;

de prince si poisant n'ores vus mais parler. 10

li rois crie s'ensegne ^or sa gent vigurer;*

trestoute la bataille fait ii va branler;'

environ lui se traient si demaine et si per.

Li xii. per se traient tot environ le roi; dont peuisies veir i. menillous tomoi. 15

il n'i avoit parlé d'amors ne de dosnoi. li couart fereor' sor les elmes sunt coi. cil de Cesare voient Torguel et le bufoi de la gent Alixandre qui ne lor portent foi, et dist li i. à l'autre: „or penst cescuns de soi, 20

^,quar de l'estor soufrir n'i a mès^ nul conroi.'' les dos lor ont tomes, si laisent le caploi; vers Cesare s'en vont à force et à desroi, et li Gritt les encaucent qui les espargnent poi; cil ki ne puet fuir a torment et anoî ; 25

pris est u afoles, u menés à desroi.

Li batalle est vencue, tomes lor ont les dos; vers Cesare s'en vont dont il erent esclos,^ et li Griu les eqcaucent qui sor tous ont le los. de caus que il ategnent trencent et car et os. 30

lie sunt cil qui dedeas la cité sunt renclos; il ne criement l'asaut, le creste de ii. cos; tant sunt fort li mural dont li bors est enclos, que li rois ne 1* pot prendre, dont mult ot le cuer gros, dehors se sunt logié, lès les prés d'Abilos;® 35

celé nuit forent Griu à pais et à repos.

1) rM^amblêr. 2) devant lui brmnUr, 3) vmUêourê, 4) e^mvimt. 5) l«tf eonfanoHs entors, 6) d'Aiior.

ENPANCB D'ALIXANDRB. 37

Es plains deyant Cesare, sunt li Griu ostelé; lor très i ont tendas et de lonc et de lé. mais la vile est tant fors qae ne crient home né; qaar li mur en stint haut, et parfont H fossé, et les tors batilliés de brun marbre listé, 5

et li quariel en sunt tout à plonc saielé. ii. liues environ, par riiière et par pré, sont li Griu herbregié entor et atrayé/ la batalle est yencue; cil laiens sunt maté, mult fu grant li escès qu'il i ont conquesté. tO

F. 9* li rois Ta à ses homes départi et donné, s'en i ot chevalier ne blecié ne navré que il n'ait boineraent veu et visité. Tolomé et Clincon a li rois apielé

et tous les xii. pers; si lor a devisé 15

et monstre sa raison; de boine volonté: nsignor, ce dist li rois, la merci Dame V Dé, „bien se sunt hui li Griu en batalle prové. ^ou vus promet i. don, et tenrai par verte, „que ne conquerrai ne castiel ne cité, 20

„que tout ne dolent estre à votre volonté. ,je ne finerd mes, en trestot mon aé, „si arai de cescun fait i. roi coroné."* quant li per l'ont oï, mult l'en ont mercié. lors commande li rois que iiii.' armé 23

escorgaitascent Tost, quant il ert à vesprée, que cil dedens ne facent salie à recelé;' quar reposer convient les Grius qui sont lasé.

Àlixandres commande l'ost à escorgaitier, que cil dedens n'en iscent por les Grius damager; 30

et Nicolas laiens ne li vint atarger, ains apela ses homes et prist à oonsiller: ^signor, consillies moi com porai esploitier. „Alizandres me vint destruire et exillier; nil est mult orgillous et li Griu sunt mult fier; 35

^ne castel ne cité ne me quident laisier.""

\) nH a pMM9«# «0 gvé ù ii Griu se êoienî logié et alratM'«. 2) to. ml, 3) n'en iêseni eoiêmêni a cêié.

38 BKTANCB D'ALIXANDRB.

Abilos de Losere et Salos de Nanmier entendent sa raison; si respont le premier: „rois, fai mander tes homes jusqu'as pors d'£giiier/ „et jusqu'à la montegne ù on trueye Tor mier. „qu'ii viegnent à Cesare por lor signor aidier; 5

„et cil qui n'i venront soient tout senrager-, ^,et tout en ta merci de lor testes trencier.*" et respont Nicolas: „ce ne pris i. denier; „tout li home de V mont, seijant ne cheyalier, ,,ne poroient as Grius loi^ement guerroier; 10

,,ne fuiroient i. pas,' por aus tous dépecier. „on ne poroit sour aus nule riens gaegner, „fors anui et damage et mortel enconbrier. „autre cose ai pensé que tous voel acoîntier. „demain voirai conbatre, armés sor i. destrier, 15

„cors à cors, seul à seul, contre le roi d'Alier. „se je y pooie ocire. et les menbres trencier, „desconbré en seroient mi home et li* terrier; „par nule autre manière ne me porai* vengier. „mais cest plest conyenra de ii. pars ostagier. 20

„li Deu nos en poroient mult bien, ce croi, aidier;* „mais grant péril aroit à tel plait commencier.'' E r demain par matin, quant solaus aparoit, Nicolas prist i. mes ù il mult se fioit, et. sot que son mesage mult bien 11 ftimiroit,* 25

que par paor d'oume à dire ne Y ^ lairoit. au roi Ta enyoié qui en son tref seoit ores le mesage que cil faire devoit et toutes les paroles que Nicolas mandoit. li mes descent à pié quant AUxandre voit, 30

et conte sen mesage que bien faire savoit: „rois Nicolas te mande et soumont, or en droit, „cors à cors en batalle, isi Totrieroit; „ne vint que autre gent jamais mahnise en soit. . F. 9' „mais se il ert vencus, sa tiere coie^ soit, 35

1) puiê CfiHer, 2) êaeiéê fU*H fuiroietti. 3) nU. 4) m'tffi fviê mie, 5) iltrenl si hamê, noê en pmeeem oiMer, 6) eênUroii 7) «mI^ rien ni, 8) ioie.

BNFANCR DfALIXANDM. 39

„et de cou bpiDs ostages envers vos meteroit

„que, jamais de sa part, riens nus n' i clameroit;

„et se il TUS vencok, en pais li remanroit

„et toute votre gens arrière repairoit

,,81 remanroit la guère qui grans est or en droit" 5

Aliiandres respont que muit bien li plaisoit,

ne miUor marcié quer^e ne l'en yolroit :

„mais je me dout, fait-il, que de cou ne refroit;

„quar si faite besogne doit-on faire à esploit."

lors yescies le roi salir en pies tôt droit. 10

Tholomé en apele que il mult aime et croit.

„faites moi Bucifal amener, tôt droit,*

„et desi que en l'ongle tout couvers de fier soit;

„quar mult me feroit mal se il le m'ocioit.

„ancui pens de Cesare recevoir le destroit. 15

„Tholomé le donrai, à son oes i clain droit."

sire, dient si home, et Dei le vus otroit."

„Rois, oies, dist li mes, que te mande me sire. „ne vint mes que li pules soit livrés à martire; „08tages viut avoir de 1' mius de ton empire, 20

„que se il te puet vaincre et en batalle ocire, „que ti home s'^ivoisent, car sa tere en est pire; „et se tu .le puet vaincre et en batalle aflire , „sa tiere avéras quite jpsqu'en la mer de Tire. „trestout te serviront li miudres et li pire; 25

„de cens aures ostages teus com pores eslire." quant l'entent Aliiandres, de joie prent à rire; tout maintenant a fait unes lettres escrire, au mesagier les baille , quant closes sunt en cire , et cil s'en est partis, tout sans plus et plus dire. 30

son signer rent les lettres et il les a fait lire.

Li mes est revenus, n'i fist arestison; à Nicolas a dit plainement sa raison: „Alixandres, li rois ki cuer a de lion, „otroie plainement toute te mandison.' 35

„bien samble que il soit hardis et jentius bom. „le cors, a-il petit, mais gente a le façon; 1) à têfloii» 2) fiM detiêé avon.

40 BNFANCB D'AI.IXANDRB.

„ne TUS be laisier ne castiel ne maison/

„el de votre cité a-il fait le don;

„Tho1omé Ta donné, ensi Tapiele-on/'

et respont Nicolas: „il a sens de bricon;

„ains li arai percié le fie et le pomon; 5

„quar entre faire et, dire' a grant devisioD.

„de nos ii. convenra l'un morir è V sablon.

,Jou li quit bien desfendre toute ma région ;

„ains mes n'en acointa yoisin isi félon,

„ne me trovera mie à guise de garçon. 10

^aportes tos mes armes, car trop i demoron;

„et couvres jusqu'en l'ongle le brun baucant' Gascon.'*

Abilot de Losère apela par son non:

„ensamble o moi venres et xxx. compagnon;

„si donrons nos ostages et les lor prenderon/' 15

et cil li respont: „sire, tout ensi l'otrion."

Nicolas s'est armés; vest l'aaberc jaserant qui ot le maille Jilancbe et sieré et tenant; onques de sa bonté ne si poi pesant, ne r pierche* cols de lanche ne de quariel traiant* 20 F. 10* la yentaille li lacbent si houme maintenant' è r cief li ont asis i. vert elme luisant, à las tiscu de soie li vont è 1' cief fermant; si ot un escarbouche ens è 1' nasal devant, a cainte Tespée qui l'acier ot trencant. 25

ses esporons li caucent chevalier avenant; devant lui amenèrent le diestrier remuant. Nicolas i monta qui n'i vet demorant, a sen col a pendu i. escu d'olifant, anste ot roide de frasne et gonphanon pendant. 30

parmi le mestre porte en est iscus errant.' le lanche tint sour fautre, et l'escu mis avant. xL® cevalier le vont après suiant. lors vait parmi le prêt,* son cheval eslaissant; il ne le conduist mie à manère d'enfant, 35

1) dojon, 2) entrB fait et parole, 3) duêpfen têre U bon dêêtritr. 4) ne iotê, 5) fumrêl d'are traiant, 6) iaeeni #t karon en ploramt, 7) «'en iêêi galopant. 8) quatre mit. 9) flatfna.

BNFANCB D'ALKANORB. 41

à loi d'empereor se va bel démenant;

jiuques devant les très se vait ademetant

son ceval fait restraindre et le poitral devant,

et le frain li recangent à un plus destraignant,

por cou que son destrier trova un poi tirant. 5

il redrece son elme ki li va s'esclinant ; *

de plus biel adoubé ne sai que nus vos cant;

et plus ot d'Alixandre piet et demi de grant.'

s'il ne fust orgillous, .par le mien enciant,

il n'eust millor prince en trestot Oriant. 10

mult li vont li Griois, si com vait, regardant;

s'il fiist bien d'Mxandre, mult Falasent prisant.

Dédens son tref de pale s'en est 11 rois armés; vestu ot i. vert pale* qui fu fors et serés; à malles de fin or estoit par lius ouvrés;* 15

devant, en mi le pis et devers* les costés estoit li haubers dobles et rieement serés." i. elme de haut cuig li est è 1' cief fermés, à las d'or et de soie ataciés et noés; devant ot i. topase ki bien fu esprovés. 20

si a cainte Tespée dont li brans fu letrés, si fil de bone forge, trancans et acérés, les esporons li caucent Gaunus et Arides, dont li fu Bucifaus en la place amenés:' par son estrier à or i est li rois montés. 25

hanste ot roide de frasne dont li fers fu quarés, . dejusqu'as puins li bat li gonfanon fkrlsés. ses ostages a pris et les siens a livrés, que tenus est li pies si com ert devises; m. ot des plus vallans et des plus renoméa. 30

adont fu li i. rois de l'autre desfiés; ambedoi s'eslongiérent en' le coste d'uns prés; ores la batalle des ii. rois ordeaés.

t) e*im poi va soiwani. 2) ei ot bien éPAiixandre ii. piéê le eortfiuê grmÊt, 3) 9t VBêti t. haukere, 4) bendéê. 5) encontre, 6) ouvrée, 7) de- vont iui fu eoverê Bueifax amenée»

COMBAT D'ALIIAKDRE ET DE NICOLAS.

€1 dl0t 0l «om U rel0 Allmaudre* et U ■*•!• NImIm «onbatlreiit 11 L ene#iiti*e r»iiti*e.

F. 10^ Li prés ta grans et lés, et li herbe yerdie, et li jouste des rois durement aprocie; les ceyaas laisent corre, n'i ot règne sacie. Nicolas Sert le roi qui sa lance a brisie, quar de mult grant pooir la porta eslongie, 3

et li rois-feri lui, qui ne Tespargna mie, que le targe li a ronpue.* et percie, le malle de l'hauberc ronpue et deslicie;* mais le car n'en a mie atainte ne blecie. non porquant est li lance jusqu'en è V pug froisie, 10 et tel cop li donna ke Feskine li plie; l'un des estriers li toit, la coroie est lasquie, por poi que Nicolas a la sele widie; se li lance ne fust de- celui cop froisie, faite eust Nicolas la première jostié 15

Nicolas fu de Y cop corecous et iriés; en le siele est mult tos, par rertu, reficiés. se yengier ne se puet, mult est mal engigniés. le céyal esporone, à val est adreciés,' le ceyal esporone, si com hom coureeiés.* 20

menrillous cop li donc, quant en est aprociés; en l'escu d'olifant est li brancs enbroiés; por un poi qu'à 1' retrëire, n'est par mi pecoiés. quant li rois sent*, le cop, si est i. poi baisciés;

1) êêtroée, 2) dêsartié. 3) fur iui «'Ml eêiaiêêiiê. A) U krmu mt en sa wudn. 5) vîl.

COMBAT IVALIXANDRB BT DB NIOOLAB. 43

en Tescn s'est malt bien couvers et enbosciés,

lors a traite Tespée, si regarde ses pies;

li cners li est è 1' ventre plaine paume hanciés,

et feri Nicolas, com hom bien afaitiés,

à mont parmi son ehne qui par rai est traneies. 5

les pieres en abat» li cercles est froisiés;

de cel cop fu ii elmes dnrement enpiriés,

que parmi les espaules en cai li moitiés.

mult par fu grans li cos, li brans est entesdés;^

a poi que li cevaus n'en est ajenelliés. 10

Nicolas ot paour, ne vus esmervillies,

et dist à soi meisme que ses jors' est jugiés:

„de r treu Alixandre serai hui engigniés.'^

yolentiers tos s'enfùist, tos s'en fust' consillies;

mais bien set qu'ausi fust destruis et exilliés; 15

mius 11 yaut morir rois que si soit décades.

lors a tiré sen frain^vers lui s'est adreciés.

Nicolas s'esmaia de 1' cop c'ot receu; por L poi ne l'en fu durement mesceu, et de cou se tient il à mort et deceu,* 20

que encor ne li est de riens bien avenu, lors Sert des espérons le bon baucant grenu; d'Alixandres s'aproce et tint le branc moulu; mervillous coup li donc par mi son ehne âgu, F. 10* que le ciercle li a en ii. moitiés rompu; 25

au dévaler descent li cos parmi Tescu, si c'um quartier en a et copé et fonda mult fu fors li haubers qui le cop a tenu, que jusques à la car n'a li brans parvenu; et Alizandres point Bucifal par vertu, 30

ara de sen cop contre-cange* rendu; il feri Nicolas, mult l'a bien conseu;. par mi le cief l'ataint ù i'elme avoit perdu; la ventalle est ceue, le cief ot auques nu, si le Sert Alixandres, à loi d'oume irasco 35

que la tieste li trance et fait voler de l' bu.

1) ftMMl U ^roHê est hmueiéê, 2) mêê terme». 3) en eêL 4) a «««eu. 5) êêetm^e.

44 COMBAT D'ALIXANDRB BT DE NICOLAS.

d'autre part est ceue par mi le pré herbu, puis li dist en ramprone, que tout l'ont entendu: N ^Nicolas, or vos ai paiet votre treu; „or ne 1' deniandes mais, bien le vus ai rendu/' 11 Griois sont joiant qui- le cop ont veu, 5

et dient que n'est princes qui soit de tel vertu, lors sunt contre le roi à grant joie^ venu; Dans Clins reçut le branc et Tolomé l'escu. è r roial tref de pale ont le roi receu; bêlement le désarment si ami et si dru. 10

cil de Cesare sunt dotant et confondu; n'est mervelle s'il plegnent lor signor c'ont perdu, en son tref a li roi icele nuit jeu.

A r malin, quant li rois vit le solel luisir, fist le cief Nicolas et le cors requellir, - 15

et si le fist com roi ricemeni seveHr. „par foi, dist Aliiandres, dire puis sans mentir „qu'il fu preus et hardis por dur estor soufrir; „mais on ne puet au lonc.de grant orgueP joir.*' sire, dist Tolomes, bien le saves garir 20

„rorgillous et le fol, quant le poes tenir.'' li rois fait ses ostages pardevant lui venir: „baron, dist Alixandres, rendes moi sans falir „la tiere Nicolas, qultement à tenir. „Tholomé le donrai, si l'en lairai joir; 23

volant toute ma gent, l'en voirai ravestir. „et se vus le voles par force retenir, „et contre le devise par fauseté venir, ,Je vous ferai trestous de maie mort morir, „u pendre u escorcier.u en flame bniir. 30

„puis le reconquerrai par force et par air; „si ferai caus des tors' à la tiere salir; „ne se poront au lonc . encontre moi tenir.'* et cil ont respondu: „sire, à votre plaisir. „ferons-nos plainemènt la devise tenir." 35

les tours li ont livrées et il les fait garnir; 1) $raiu torbeê. 2) oins de $raM or^uei ne vi nului, 3) tU ferw.

COMBAT D'Al.IXANDRB ET OB NICOLAS. 45

coa i met de sa gent qui lui Tient à plaisir.* Quant Nicolas mors et sa grans tiere prise, et li rois Aliiandre Tôt par force conquise, Tholomé apela, yoiant tous li devise: „Tholoiné, dist li rois, très ier' vus ai promise 5

„la tiere Nicolas; en tus ert bien asise. „tenes, jou le vus doins et otroi, par tel guise „qne tous jors en ares et rente et commandise. „quaiit reyenrons de Perse, et arons fait Justice „de Daire et de ses hommes qui la tiere ont malmise, 10 „en celé. haute tor qui est de marbre bise, „Yus en sera è V cief corone d'or asfse.'* F. lO' Tholomes s'ajenelle, en enclinant l'a prise,

et li rois Ten ravest par i. vet rains k'4k brise;'

mult l'en prisent li per et loent la devise. 15

Quant Nicolas fù.mor» qui le teste ot copée, et Alixandres ot sa tiere à lui donée, Tolomé ravesti de toute la contrée, nouviele vint au roi, ki li fu aportée c'une cité avoit en icele contrée, 20

la première ki fu ens ë 1' pais fundée. de sens et de clergie est si enluminée, qu'è r mont n'a sapience qui ne fust trovée. mult est noble li vile^ et. rice et asasée, et li baron dedens l'ont isi bien gardée 25

c'ainc ne fii rois ne dus, tant cainsist haut espée, à cui la signorie en fust onques donée, ne sire en peust estre une seule jornée. quant Tentent Alixandres, la teste en a crolée, s'en a par mautalent une raison jurée 30

que puis fu en ma vie* cierement comparée, et jusqu'en Orient en fu bone passée; et dist: „s'il ne me rendent celé cité loée, „ar8e ert et abatue et à tiere rasée, „et la tieste en aront tout li boijois copée; 35

„ensi lor renderai l'orguel et le posnée.''

1) p^ii 4 V9i me9iUir. 2) Im jwê. 3) f olive. 4) fin' m mmni rifné fu.

46 COMBAT D'ALIXANDRB BT DE NICOLAS.

Li rois ot la parole, durement s'esmervelle

que la cités est tele e'on ne set la parelle. à yeoir le désire qu'il ne dort ne soumelle, et jor et nuit i pense, durement le trayelle. Tenus est à Ataines qui sor le mer sorelle, 5

tout ensi Ta asise que sa gent li conselle; entor i ont tendu mainte tente vermelle; s'il n'en a son voloir, dont sera cou mervelie.

Li rois Macidonois a Ataines asise; tendu i ot entor tente (de) diverse guise, 10

maint pavillon de soie de color vert et bise, li rois fu en son tref ù son talent devise, et commande à i. clerc .qui erraument escrise, à caus dedens envoie tout ensi qu'il devise, que la cité li rendent avant que il Tait prise; 15

quar s'il atendent tant qu'à force soit conquise, en grant destrucion sera tornée et mise, et la gens qui le garde confimdue et ocise. ^ Mult par est forte Ataines, car ele siet sor mer; il ne doutent asaut, ne traire ne gieter. 20

en mi liu de la vile ont drecié un piler; c. pies arvoit de haut,.Platons le fist lever; deseure ot une lampe, en son^ i. candeler qui par jor et par nuit art et reluist si cler, que partout en puet-on et venir et aler, 25

et tout voient les gaites qui le doivent garder, à i. consel se traient li baron et li per; d'Alixandre parolent qui les voira gaster, si la vile ne rendent que il voira garder, vilainement les vint et abatre et fouler; 30

onques mais ne trovèrent qui cou osast penser, à Aristote prendent consel à demander, que nés ert de la vile, mestres et sages ber,' et mestres ert le roi de bien endoctriner, il savoit le consel de tous mescies doner, 35

et coment on pooU bors et viles garder. 1) iêêêmr: 2) qui €êl9ii U viie prmeê, iesMUM ei *er.

COMBAT D'ALDCANDRB BT DB NIC0LA9. 47

F. 11* par sen consel voloit li rois tons jers oayrer de casUaiu asegier et de nies preer. tout ensamble le prient que au roi yoist parler, que, por^ramor de lui, les laist en pais ester. „Oriens est mult grans; puet-il labourer/ 5

„por cités et roiaumes et castiaus conquester/' Aristotes a fait i. mulet enseler; 0 les mes Alixandre s'en yait au roi parler.

Li mesages repaire quant se carte' ot ballie; par la porte s'en ist sor i. mul de Surie; 10

tros qu'à l'tref Alixandre ne vot-il targer mie, et conte le raison qu'il avoit d'ans oie; comment ot Aristote la besogne cargie, qui requerre Alixandre et bêlement li prie que il les lest en pes» car à tort les guerrie. 15

Oriens est mult grans, s'en prende une partie; il ne l'ara conquis en trestonte sa vie. por cou qu'il est ses mestres, ne contredira mie cose que il requerre por ans, à ce le fie. quant l'entent Alixandres, ne puet laisier n'en rie; 20 d'autre part est tomes, sor Tolomé se plie; de caus dedans li poise que il pensent folie: „à cou, fet-il, que yoi, ne me connoissent mie.'' lors jure par les Dex ù durement se fto que n'en fera cose que ses mestres H die. 25

Aristote ist d'Ataines dont fn noris et nés, et i. des sinators par son grant sens només; de tout sens de clergie' est-il si aloses, qui li renons en est de toutes pars aies, ains qu'il venist au roi, li fu li pies contés 30

*que le roi a plevi et tos les Diex jurés que de cose qu'il proie, ne sera ascoutés, par coi il soit d'Ataines partis ne deseyrés* deyant cou qu'O en ait toutes ses yolentés. quant l'entent Aristotes, i. poi est arestés; 35

si est d'une tel cose or en droit porpensés

1) wmU m à eanpteêier. 2) !• Uiré. S) et eUrgie muêi. 4) eori à Aigimêê nêêumê êmiveiéë.

48 COMBAT D'ALIXANDRB ET DB NICOLAS.

dont puis fu mains pai» exilliés et gastés.

tros c'a r tref Alixandre ne s'est mie arestés,

qui mult est ricement de pales aornés;

desor ot i. carbouclc qui gete grant clartés.

li rois le yeit Tenir, contre lui est levés, 5

et ambes ii. les bras 11 a au col jetés;

de jouste lui l^sist, car mult ert ses privés,

et de sen sens ert il apris et doctrines.

Asemblé sunt li per entor Aristotes, no vêles li demandent, de l'oir sunt en grés, 10

se cil tenront la vile u le rendront en pais. Aristotes lor fait mult sagement ses trais,* et bêlement lor dist, car il n'est pas criés: ' „la cités n'en est mie clos de jointes ais; „li mur furent fondés ains que fust Moises. 13

„le chevalier sunt preu et li boijois en grés; „onque8 n'orent signer ne n'i ara jamais." Alixandre respont: dont lor est tes jus fais,* „c'as jors de lor vies n'aront repos ne pais/'

Alixandres seoit sor i. pale broudé, 20

jouste lui Aristote sen mestre et sen privé, et de cou s'esmervelle que tant à dranoré que ne li a le don requis et demandé que d'Ataines eust le siège destomé; mais Aristotes a i. autre sens trové 25

F. 11^ dont il bien quide faire le preu de la cité, quant ases ont resnié, congié ont demandé? Alixandres li donc volentiers et de gré, et li mestres remonte è l'mulet sejomé. si dist une parole dont le roi a torblé; 30

puis en fiirent maint règne exillié et gasté. „Alixandre, fait-il, por fs'as tant demoré? „or commande k tes homea que tos soient armé, „de toutes pars asalent celé bone cité, „met a fu et a flame quant k'U i a trové,* 33

„que n'es puisent garir ne mur grant ne fosé; „8e n'i laise valant i. denier monnée; 1) réfoni eortoiêetnênt aprèê, 2) vertéê, 3) ior êori un lêê feê, 4) «r«#.

COMBAT D'ALIXANORS BT DE NICOLAS. 49

„ce sera grant proecce quant Taras asomé.''

quant Fentept Alixandres, le cief en a croie,

et disl à soi meisme: „nialeinent ai ouvré.

„or quite-jou la vile, tout sont aséuré;

„de moi n'aront mesgarde, bien en sunt aquité; 5

„mes mestres m'a soupris et par sen sens maté.

,gamais ne finerai, en trestot mon aé,

„de si que jou arai par force conquesté

,,le règne d'Orient, et de lonc et de lé.'*

Quant li rois ot conquis le règne Nicolas, 10

il se parti d'Ataines, onques n'i ot mus quas.^ devant lui est venus i. mes, plus que le pas, li cevaus ù il sist est tressués et las ; il en a apelé le roi Macidonas:

„sire, or entent à moi; se toi plest, si oras 15

nia novele que port; ne V te cèlerai pas."*

quels est, dist Aliiandres, ne me di mie gas/'' et respont li mesage; ^par foi, n'en goras. ' ntes père te fait honte, par le consel Jonas,

Je Senescal de Grese, que à lui acordas. 20

„il a laisié ta mère, la franco Olimpias,

nCt vint prendre mouilier une Cleopatras,

nUée de Pincrenie,* fille le roi Guias.

ndolant en sunt si home et li haut et li bas.""

quant Alixandres Tôt, si en tint le cief bas, 25

et en après a dit: „mesager, ne ment pas,*

„quar à paines puis croire ce que tu conté m'as.''

par ma foi, dist-il, sire, il n'i a mot de gas. nli senescaus en a eu v®* mars,

„ei ostoirs et faucons, et xxx. cevaus cras; 30

„et si dist à la gent et as haus et as bas que lu n'i es fins Felipe, ne en Grese droit n'as, n* encanteor t'apelent, estrait de Satanas. li rois en a grant ire, s'apele Pilotas: „li senescaus, fait il, bien à cief en venras." 38

„mais jou n'arai jamais ne joie ne solas, 1) Mr ffM#. V) ne me mentir tu pas. 3) ma foi Porrat, A) PiACêrme. 5) eêt-cê gms. 6) m'a bien êtmê ai$hê ras. U EMaMs 4*AlUui4r«. ^

50 COMBAT D'ALIXANDRE ET DE NICOLAS.

,,de si qu'il est destruis el en fu mis. et ars.'* Quant Alexandres ot sa grant honte noncier,

de mautalent et d'ire prist color à cangier;

onques n'i vot atendre palefroi ne destrier;

il vit devant i. tref i. oeYal estraier; 5

de plaine tere i. saut, ne s'i prist à estrier;

et a dit à ses homes: „pense8 de Tesploitier,

„si en alons en Grese, icou ne voel laisier/'

à Felippon le vait i. mesage noncier,

qui à ses noces est asis au mangier. 10

„sire, fait-il au roi, celer ne V vus quier.

„ci vus vient votre fins, d'Alixandres d'Aller.

„si a en sa compagne maint vallant chevalier*.

^Nicolas a ochis a Tespée d'achier,

„et a fait Tholomé de sa tiere iretier. 15

„le douare sa mère vus voira ^ calengier;

^sempres' pores veoir ces noces pecoier,

„quar il voira de cuer ceste honte vengier.

,gou quic, li senescaiis ne pora gaegnier, ^

„n'ai fiance en sa vie le vallant d'un denien ^ 20

quant Jonas Fentendi, n'i ot que courecier;

ja fesist au message le cief de V bu trancier, F. 11* quant en Tuis de la sale entrèrent li premier.' Li rois entre en la sale, qui le cuer ot mari;

desor les tables vit le mangier establi, 25

lors dist par maltalent, si que tout l'ont oi:

„or est drois que ces noces aient^ d'un mes servi.*'

ù que il voit Jonas, ne 1' tint pas por ami;

ains li dist en oiant: Jonas, je te desfi."

lors a traite Tespée, durement ,1e feri, 30

par desour les espaules la teste li toli.

tout salirent des tables, s'ont le mangier guerpi,

si courent, par la sale durement esbahi,

et cil de Princrenie suni as armes sali,

qui avoec le lor dame ierent venu garni. 35

La sale fu torblée malt mervillousement ;

t) OItMftM mère eêt vemuê, 2) demain. 3) prineier. 4) mteyi êêreê de moi à eêê noeêê êêrviê.

COMBAT D*AL1XANDRK BT DE NICOLAS. 51

peuiscies veoir. i. fier touellement ; *

c\\ de Pincrenie furent armé hastivement,

si se vont desfendant bien et hardiement;

mais li home Alixandre les laidengent forment;

que navrés, que oeis en i ot plus de c; 5

de la sale en iscirent, li plusior sunt sanglent

quant Felippes Toi, le cuer en ot joient;'

il tenoit en sa main i. cotel à argent,

et vint vers Alixandre, corant isnelement;

l'en ferist è Y cors, par le mien entient, ^ 10

quant li pié li falirent, si ciet è V pavement.

quant le vit Alixandres, le cuer en ot dolant,

celé part vait corant, entre ses bras le prent;

en i. lit le porta, si li dist bêlement:

nCiertes, ouvré aves vers moi vilainement 15

„se ne fuscies mes père, alast autrement.

„de vus euise pris mult cruel venjement.

„mult par fait grant folie hom de votre jouent,

„qui laise sa mouiller por dit de foie gent.

„teus donne mal conseil, qui n'i gagne nient; 20

„quant il le mains s'en garde, en prentron ve^jemenl.

„or vus proie, par amours et por vo sauvement,

„reprendes votre famé et ouvres sajement,* .

„et metes bon exemple^ en votre finement.

„si vous en loeront toute la bone gent;* 25

„de vus doivent venir li bon ensegnement."

li père ot la parole, mult en bon gré le prent;

por la bêle raison a mué son talent,

et dist qu'il ouverra désormais sajement.

Felipes ot dolor, la parole ot perdue; 30*

quant li santés li fu et doucors^ revenue, de le ddor qu'il ot tous li cors li tressue; puis a mandé sa gent, le grant et le menue, par le consel d'ans tous a le dame rendue;* si l'envoie etï la tere dont ele estoit venue; 35

mais mult ot de »a gent à ces noces perdue,

1) tOQlUmmU. 2) êi mu» #«» lolmie. 3) #iifi# mil deimiewÊémi, 4) vivew komemmi, 6) mcHI. 6) forcé.

52 COMBAT D'ALIXANDRB ET DE NICOLAS.

li rois reprist sa famé qu'avoit devant eue; F. 11' AUxandres li a la coronne rendue,

qui li est par Jonas desloiaument tenue.

mais son louier en ot, le teste en ot perdue.

tos fu en Orient la novele seue 5

de le mort Nicolas, de sa conveneue,

comment par Alixandre ot la teste tolue.

quant Daires l'entendi, tous li sans li remue;

il en jure ses Dex et sa teste cenue,

que il voira vengier celé descouneue; 10

ne laira Alixandre ki vaille une laitue ;

ne garir ne pora en tiere, ne sos nue. ^

De Nicolas fu Daires dolans , qui ert ocis car il ert ses parens procains et ses amis, ses mesages envoie, si a mandé Felis, 15

sor quant qu'il tient de lui, de tiere et de pais, et il ert ses hom liges, sans nul autre devis; qu'il viegne à lui en prise,' u mes n'est ses amis, s'il tant aime sa vie et vint demorer vis. et si mande 'Alixandre que il trop a' mespris 20

vers lui, quant Nicolas sen cousin a ocis. or li rende son règne k'ila saisi et pris; et se il cou ne fait, d'une cose soit fis, - il ne vivera mie i. an et xv. dis.

et por cou' qu'il est enfes et de folie espris, 25

li envoie samblances, iteus com ci devis, i frain, une pelote, une verge d'olis, et i. escrin d'arjent, et s'i a voit or mis; et le brief por espondre li a avoec tramis.

Daires ftst ses semblances Alixandre envoler; 30

le verge et le pelote et le frain d'un destrier, et i. escrin d'argent qui tous est plains d'or mier. la verge li envoie por sen cors castoier; por cou que jouenes est et corage a legier; ne se^ doit folement en outrage haucier. 35

le pelote reonde, por lui esbanoier, * que encore se doit joer et foloyer ; 1) fvêî-il en empe en mue. 2) Pers: 3) p^rcê pt'iL 4) le.

COMBAT D'ALIXANDHB BT Dfi N100LA8. 53

se n'en pregne tel fais, que ne puist manoier.

le frain, por lui tenir et l'escrin plain d'èrmier,^

por cou que il se puist vers lui humeliier;

quar il est rois poiscans, à lui doit souploier,

*et tos dis obéir et servir et prier. 5

tout ensi sunt parti de lui li mesagier,

por au roi Alixandre ces samblances noncier.

dès que vinrent en Grese, ne volrent atargier. Cel jor est Aliiandres de la cité iscus;

0 lui est Tolomes et Clincons et Caulus, 10

Perdicas et Pilote, à lor cos lor escus,

et des xii. pers est,'avoec ces, li sorplus.

avoec eus est Felipes li vins et li cenus.

es prés, SOS la cité, estoit li rois venus,

et priés ot i. bos, plus biaus ne fu veus. 15

fu li mestres très Alixandre tendus,

et par le prairie m. pavillons et plus.

maint aigle i ot à or et mains pumiaus batus;

Alixandres les voit, li cuers l'en est creus,

il en jure les Dex à cui souploie plus,^ 20

que, por plaine. une tor d'or ki bien est fondus,

ne laira qu'il ne voist, ains que past li Avrius,'

sor Daire le Persant qui n'est mie esperdus.

se Perse ne li rent, mors ert et confundus.

dedens stfu tref s'asist sor i. pale bofus, 25

entour lui a ases de princes et de dus. F. 12* De r tref roi Alixandre voel dire la faiture.

il ert et grans et les et haus à démesure;

l'estace en fu d'ivore, à rice entalleure;

quant ele estoit drecié , il n'i paroit jointure. 30

li ciea en estoit d'or, tous à noeleure;

ii. pumiaus i a teus ki bon sont par nature;

li i. est d'un carboucle qui luist par nuit oseure,

li autres d'un topasce qui piere est note et pure , >

et tempre de 1' solel ardor et fait froidure. 35

après pores oir quel est la couverture. 1) JwftUreîCauê, 2) ne me Mraiî il mié, me meieroit jus fti'il ne veiêt étêor Dmre^ aine qu^Avens eoit venus.

54 COMBAT D'ALIXANDRB ET DE NICOLAS.

de millor n'ores, tant com H siècles dure; quar tout li iiii. pan estoient sans jointure. '

De fin or Espagnois estoient li paiscon, et les cordes de soie qui tendent environ; si ot avoec mellé plume d'alerion. 5

on ne les puet trancier de fier, ne d'acier bon; li iiii. pan sunt fait de diverse façon; Tuns est plus blans qu'ivoirs et clers com siglaton,' et li autres plus noirs que ne soient carbon, et li tiers fu vermaus, tains de sanc de dragon, 10

et li quars fuplus vers que colet de^ plancon. li roine le fist, cou iruis en licon, ^ que par sa grans biauté decut roi Salemon. de r poil fu d'une beste qui Salemandre ot non; tous tans repose en fu et prent sa norecon; 15

por cou ne poroit fus ardoir le pavillon; et quant il est ploies et mis en quaregnon se r met on en i. cofre qui fais est d'un Grifon.

Li huis de 1' pavillon est fais d'autre manière; de le piel d'un serpent qui est d'autre manière.* 20

ele est claire et luisans plus que ne soit verière, et si li aproimoit hom, ne famé legière qui port entoskement, torner l'estiit arrière; quar ausi siere l'uis, com soit une masière. après devient oscurs et giete tele fumièYe, 25

com fait deseure fu une bouUans caudière. . mult alnoit Alixandres le tret de grant manière, sa mère 11 donna, mais ce fu par proière.

Sor le feste de V tref ù sunt 11 doi pumiel, par mult bêle mestrie ot asis i. oisel, 30

en samblanee d'un aigle ^ nus hom ne vit si bel; la roine le fist, c'on nomoit Jesabiel li piet sunt d'aimant, eintallié à cisiel, et tient entre ses ongles l'escier d'un tel^ quarel; et li ongle et les eles et li mestre quartier 35

estoient de fin or, et quises et musieL^

1) éQêiêWê, 2) comme flacon, 3) eoUê nt, 4) ^roiif e% plenierê 5) le fêr d^un grant. 6) coM. 7) gmmkêê ei muêiei.

COMBAT D'ALIXANDRB BT DB NICOLAS. 55

pieres i ot entées qui raient i. casUel,

et la ceu fu faite de roa d'un piasonciel.

par mer, n'a en corant nul dromont si ianel

qu'il ne S taeè arester, se V nome-on esperrel.

et ens è 1' bec de l'aigle avoit i calemiel; 5

quant li vens se ftert ens, si cante si très bel

que mius vaut a oir que flsjot ne festiel.

Teus est li très dedens que je tus ai conté; mais or pores oir de dehors la fierté, ë r premier clef devant, ot point l mois d'esté; 10

tout 'si com li -vregier verdoient et li pré, et ensi com les vignes florisent et li blé. li xii. mois de l'an i sunt tout devisé, tout ensi com cascuns moustre sa poesté; les eures et li jour i sunt tout aconté; 15

F. 12^ li cius et li planettes et li- signe nomé, et li ans* est desus pains en sa majesté, et par lettres escrites i est. tout demostré.

En l'autre pans après, se 1' voles ascouter, * veiscies mapemonde en après demostrer, 20

ensi com toute tiere est enclose de mer,, si com li filosofe le sorent deviser; et contient iii. parties que jou sai bien nomer: cou est Asye, et Europe et Aufrike sans per. les montes, les flueves et les cités conter, 25

par les lettres escrites, i poes tout trover. . Alixandres li rois i vint mult esgarder; li xii. per o lui por^sen sens ascouter; et quant mult ot pensé, si commence a jurer que mult fist Dex poi tiere por i. home onorer. 30

ii. tans en penst bien i. haus cuers gouverner, et puis dlst en après: „se puis longes durer, „quant que Dex fist de tiere volrai-jou conquester; ^que partout m'en ferai roi et signer clamer. "*

En le tierce partie de V tref, estoit comment 35

Hercules fut concius et nés premièrement; com il jut en son lit, petit et de jouvent, I) air*.

56 COMBAT IVALIXANDRK KT Dfi NlOOIiAS.

et Judo sa marastre qui le haoit forment,

ii. serpens i tramist por envenimement.

quant Hercules -les vit, s'es prit premièrement

à ses puins k'il ot gros, les oeist erraument,

puis conquist-il le tiere desi en Orient; 5

*ilu^c mit-il ses bones, voiant tote la gent;

tout ensi le voit-on è Y tref apertement

en le fin de Testore i est com faitement

le ciel tient sor sen col, par son encantement.

Alixandres li rois i esgarde souvent, 10

et quant Ta remiré, si fait sen serei^ent

que tout ensi fera, se il vit loigement.

En le quarte partie, si com li très define, est escrite Testore d'Elaine la roine; si com Paris por li en ala à meschine,* 15

et li rois Menelaus en ot en sa saisine i. escu de painture, de forme léonime, et cevauca la mule qui n'ert mie frarine. Paris en amena la dame par rapine;

rois Menelaus en ot grant dol et grant corine;' 20

0 sa gent en ala à Troies par marine;

X. ans i fu li sièges, si com escris devine;

s'en fu Troie livrée à perte et à gastine.

Alixandres regarde volontiers la gordine,

et dist as xii. pers: „cist furent par morine; 23

„de r roiaume de Perse ferai itel ruine,

„et mettrai le roi Daire en itel desepline,

„qui damoisîaus a fait des sers de sa quisine/'

de r tref ne dirai plus, la devise ci fine.

Quant li mesage Daire orent l'ost sorveue, 30

et le grant praerie des Grius tote vestue,

mainte ensegne de soie virent à or batue,

le grant tente le roi, de lès le bruel tendue;

as prumiaus et à l'aigle Tout mult bien çonneue.

tout parmi le grant ost ont lor voie tenue, 35

devant le tref le roi est la place vestue

de chevaliers vallans et de la gent menue. 1) IHesme, 2) quen'ne.

COMBAT D'ALIXANDRB ET DB NICOLAS. 57

cescuns est descendus de le mule crenue. si Tout è lor seijans par le règne rendue. ' F. 12* Satotes Ta avant, à le teste cenue;

ù qu'il voit Alixandre de rien ne le salue,

mais fièrement li dist parole aperceue. 5

,3ois) ce dist, Alixandre, je ne vus sai noumer. „mesagîer sut roi Daire, si Tien à toi parler; „ses hom deusies estre et to treu douer, „u fos u hardis ies, quant tu l'osas penser, ^qu'ocesis^ Nicolas ke tant pooit amer; 10

„et se tu vius è lui aler merci crier, „tous descaus et nus pies, gardes n'i demorer, „ses hom devenras liges por s'amor aquiter,' „et rendras son treu, se ne V vint pardoner.'* Alixandres Toi, ne degne mot souner, 15

par mautalent Tesgarde, pris! lui à demander, puis apiele Clincon, Calnu et Tolomer, Perdicas et Filote, Antigonu le ber, Emenidus d'Arcade qui mult fait à loer, et Lione et Sanson turent li autre per. , 20

de r mesage roi Daire se prisent à gaber, dient à Alixandre: „n'ayon8 que demorer „mais alons desor Daire, demain à la jornée/'

Es vus Tenus arière' les mesages errant, et troyèrént le roi et ses homes juant, 25

por amor Alixandre ki tant est conquerrant, et ki d'autrui avoit fait ses homes manant li doi mesage dient et li doi sunt taisant;^ Alixandre,^ toi mande rois Daires li Persans „qu'à lui yiegnes en Perse, por faire ses commans. 30 „de ten cors, de ta tiere fera-il sen talent, „ne te laira tenir i. denier vallisant. Alixandres meisme puet bien estre créant, „se Daire le puet prendre, n'en ira en avanf quant Felises l'entent, fu iriés et taisant; 35

le cief baise vers tiere, si fu mus et taisant,

I) que ociê. 2) ucater. 3) en Grtset. 4) ieurtnl et li tiere eet ymrUmt, 5) Philippe.

58 COMBAT D'ALIXANDRB KT DB NICOLAS.

el ne d^sist i. mot por m. livres d'argant,

c or contre le roi Daire ne fu mie taisant, ''

ne à sen mesagier ne fu-il mot sonant.

quant ce voit Alixandres, le cuer en a dolant;

le mesagier apiele, si lor dist en oiant:' 5

„de par moi, dites Daire qui est rois des Persans,

„que mes père de Anï n'est nule rien tenans,

„ne il n'est .ses* amis, ne jou ses bienvoellans.

„jà ancois ne vera xiiii. mois passans

„que métrai en sa tiere c""* combatans, 10

„si que voel que soit moie et trestous Orians;

,g'en claim la signorie des petis et des grans/'

lors veiscies les Grius esbaudis et joians,

et par toutes ces tentes, par tropiaus consillans;

ce dist li i. à l'autre: „mes tropiaus' est corans-, 15

„et mes haubers safres* et m'esp^e trencans.

„qui or n'ira en Perse, tous soit-il recreans."

neis li rois Felippes en fu lies et joians.

Li mesages a biep à Felipe noqcié et devant Alixandre se sunt ajenellié; 20

por cou que il le voient et pensif et irié ne gardaient qUe l'eure que il fuscent jugié*^ et livré k martire, ocis etdepechié." les bries li ont bfdlUé^ que on lor ot cargié; le brief Daire de Perse Alixandre ont haîllié, 25

et il l'a receu et le saiel brisié,

F. 12' et par mtilt grant e^tude leu et encierké, et connut pour coi Daire li avoit envoie, por cou qu'il estoit enfes, l'avoit si foloié que par itant le cuide avoir ameloié. . 30

li rois se porpensa, si a le vis drecié; les mesages apiele, si a le brief ploie.

Quant li rois ot pensé, si se dreca è mont; les mes a apielé, bêlement lor respont. quanque Daires lor mande, âajement lor despoiU: 35

,,semblance lor tramist" .que à voir torneront. 1) on^ueê reniûM, 2) b^Umêni en roman. 3) fev«x. 4) tnUêrs,

5) fuêseni tUlreneié. 6) depieié, 7) ^frètent li danèrent 8} m'a IramUtet.

COMBAT D*ALiXANDRB BT DB NICOLAS. 59

„de muU grant sapieiice ai ?eu en parfont;

„ceste pelote montre qne conquerrai le mont,

„isi comme la mers encloi tout environ.

„li rerge senefie que tout cil nascui* sunt

„qui me doient abatre tous caus.qui contre estront.' 5

„et li frains de V ceval à le cavaice à mont,'

„et li resnes de soie et-li noiel reont,

„que li prince de 1' mont vers moi s'aclineront,

„et li ors de Tescrin, que mi home seront

mPIus haut que tout li autre et tous jors m'ameront. tO

édites Daire de Perse: s'il vers aus ne* s'apont,

„et vers moi n'est asis,^ isi com je vous cont,

„par les ious dont vu» voi qui me luisent è 1' front,

,gà ne caindrai espée, se premiers ne 1' confond

li mesages ot doel de cou qu'il lor respont; 15

congié prisent au roi, en* Prise ^ s'en reyonU

Li mes vienent en Perse et ont Daire cou dit isi com Alixandres despondi^ son escrit, et com par fier corage son mesage desdit; et dit que pas ne l'aime/ gart qu'en lut ne s'en fit.* 20 se Perse ne li rent et à lui ne s'apuit, . ne li voira laisier ne castiel ne fort cit; desi qu'il l'aura mort, n'i ara nul respit : „ne ses père ne tient de vus rien à sen dit.'' quant cou oi rois Daires, de maltalent sorrist, 25

vers tiere s'apoia, si pensa un petit, et dist' que poi se prise, se par tans' ne l'ocit; mais li rois Alixandres n'a talent qu'il s'eublit; tout le règne de Grese a semons et banit que n'i remagne ne li grans à 1" ® petit 30

qui puise porter armes , que Tuns l'autres n'ait. ^ ^ cascuns i viegne tos, car Daires les desfit. quant furent asamblé, par nonbre et par escrit furent bien c. millier, tôt prodome et eslit.

1) ftn d iiueqtîêê, 2) quê bâterai Ipuê eauë qui me conir' esteront 3) têt twélmice que tôt de moi -fenrofil. 4) se avoee ne. 5) aeiins e) PêTêt. 7) a leu. 8) qu'en fais le iaist 9) s'afii. 10) /• grant ne li. 11) qm mnnêê porter puise, n'i prenne nul respit.

60 COMBAT D'ALIXANDRB BT DIS NICOLAS.

n'avoit en sa compagne si povrc homme, je quit,

qui n*ait vestu bliaut, rice drap u samit.

Alixandres s'entorne, n*i quist onques respit,

et Felises remaint ki aime le délit,

et déduit de rivière et repos de sen* Ht, 5

le déduit de se fenmie ù il a grant délit.

isi furent andoi déplorant départit

par icel convenant; puis Tuns l'autre ne vit.

Meus est Alixandres et sa grans jens montée; bêle fu sa compagne quant ele fu armée. 10

la tiere au roi JPelipe a toute trespasée; mult cevaucent à force, cescun.jor à jornée. desor Daire s'en vait qui maine grant posnée; la tiere Nicolas qu'il avoit conquestée, en V. jors et demi l'ont toute trespasée. 15

en autre plus diverse est l'os de Grese entrée, F. 13* et une praerie ont mult bêle trovée.

i. fluns i coroit clers dont Taige fu loée. celé nuit est li os desor l'aighe ostelée; desi k lendemain que paru la jornée, 20

que toute Tos se liève, si est aceminée. Alixandres cevauce l'oriflambe levée; li fourier vont devant par toute la contrée et cevaucent à force, sanls nule demorée. li rois garde as senestres,' par mi une valée, 25

une roce a veue qui estoit grans et lée et haut^ vers le ciel, bien Une arbalestrée; d'une part Tencleoit la haute mers salée, de Fautre part l'avoit i. fluns avironée. la gens qu'est desus est aseurée; 30

ne doute force d'omme qui soit d'autre contrée. Alixandres le voit, si l'a mult esgardée; por veoir le montagne, si est l'os arestée, et a di (à) ses hommes, sans ûule demorée, que onques mais ne fu tele cites trouvée. 35

i. paisans a bien la parole escoutée, le raison que li rois ot à sa gent mostrée, 1) bon. 2) regardé à désire.

COMBAT D'ALIX ANDRB BT DE NfCOLAS. 61

cil a dit tel parole ki Alixandre agrée: ^

„sire, ceste cités* que tant as agardée,

„c'est une fremetés qui malt est redotée,

„dont li sire destraint toute ceste contrée;

„sou siel n'a rikecce quî ne soit troyée.'' 5

Diva, dist Alixandres, a-il porte, n'entrée."

li hom li respondi; ^devers ceste valée

„a une estroite voie, par droit' sens compassée;

„se toute la gens Deu' i estoit asamblée,

„por cou que par c.^ hommes soit lA dedens gardée, 10

„ne poroient monter une seule tesée;

„ne doute nul asaut de nule gent armée."

* Alixandres respont: bien le m'as devisée.

,Jà ne m'en tomeral, si me sera livrée.''

Lirois prist i. mesage qui mult est ses privés; 15 à le roce l'envoie et il i est aies , et manda le signor ki tient les iretés, que le roce li rende dont il est redoutés; après si soit ses hom et ses rices casés/ et s'il cou ne vint faire, si sois lues, desfiés. 20

,Jà ne m'entomerai si sera desiertés.*' cil s'en va A la roce, si s'est d'iluec tomes, à le branc de l'espée les. a tous apielés.^ quant li sire le voit, si est jus avalés; li mesages parole ki fu preus et sénés: 25

„Diva, ki est li sire? et comment est només „qui garde ceste roce et si est haut montés?'' et li dus respondi ki bien fu enparlés: „n'i a ci que nos ii.; près de vus les vées."^ li mesages l'entent, de parler est hastés: 30

„Alixandres te mande , ki est rois coronnés, „que li rendes la roce et ses hom devenes; „et se vus cou ne faites, sacies de vérités, ,JA ne s'en tomera, si seres afamés; „ne vus pora garir. ne roce® ne frétés, 35

et li dus respondi; „de folie parles.

1) U kmiU roeê. 2) Ui. 3), Dtev. 4) »x. 5) lt>#. 6) aeenéê, 7) n*i û êifmor foré moi ptê vuir iehi vees, 8) euêtiax.

62 COMBAT D'ALIXANDRE BT DE NICOLAS.

„quel8 hom est Alixandres, et de quel tere nés?*'

sire de Macidone, et li plus redotés

„qui onques portast armes, ne espée à V costés F. \3^ „sou siel n'a homme en terre,- s'il fust è lui jost^s,

„se r veist en batalle, ne fust espoentés."" 5

par mon cief, dist li dus, ancois est fol provés. „je ne pris pas sa force ii. deniers monées.

„li avoirs de mes homes est en ma tor portés,

„dont ferons nos déduis et notre - rolentés.

„jou n'ai soig d'Alixandre et de ses nobletés. 10

„teus * gens a-il o lui, amis? or me contes. '

,gou ne dont nule rien tant sui aseurés ,

„ne mais le roi de. V jciel et angeles empenés.'*

et respont Alixandres:' „bons chevaliers armés,

„et bon espius moulus, et bon escus listés 15

„ont ases li Grigois, et bons brans acérés

,.qui voleront vers vus , s'a eus ne vos rendes.

Li dus ot le mesage parler en tel manière^ c'Alixandre est fiers et sa gens est si dure, se vers lui ne se rent, trestous ses Dex en jure, 20 ne r pora garir càstiaus ne fremeure. et li dus respondi, sens point de couvreture: „de la gens^ Alixandre ne de sa gent' n'ai cure. „quant je sui à mont, tant est ma gens seure, „ne crien de à val unie mésaventure. 25

„va-t-ent à tent signer, si li di à droiture „que ne pris son dangier une pume meure; „ne feroie por lui seul, itant de mesure* „qi]e perde mon dormir aeul une nuit oscure/' li mes sace iii. peus de sa cote à droiture, 30

par itant -le desfie, de rien ne s'aseure; après s'en retoma quant il pot à droiture.

Li mes en vet à l'ost'et aconte le roi cou que li dus li mande, l'orguel et le deroi, que il n'aime ne prise nule home de sa loi, 35

ne n'en laisera son dromir en recoi.

1) fueiê. 2) eem «#l easeunê arméâ. 8) li meêà§Êê, 4) wtésurt. 5) Corgoil. 6) de V dimger. 7) de fmturB.

COMBAT D'ALIXANDRB ET DE NICOLAfiT. 63

Aliiandres respont; „par les Dex ù je croi,

,gà ne m'entornerai, si ert en grant esfroi,

„ne ii lairai de tiere ù il coucast sen doi.

les xii, pers de Grese apiela joste soi.

„signor, dist Alexandres, consel demanc et proi/' 5

et cescuDS li done bon conseil en droit soi.

Aliiandres parole hautement, sens recoi:

„yas jouene baeeler de pris et de dosnoi , '

j^qui âmes bêle dame et le rice dosnoi,

„et désires soyent et gueres et tornoi» 10

„qui primes montera sor. la roce, ce croi,'

„et de ma rice ensegne mostera le desploi

„z« mars li donrai-je, je li plevis ma foi.

^l'autres en aura ix., et li tiers ?iii, ce cror,

,,li quars vii., 11 quins ?i., li autres v. de moi;' 15

„li sesmefi en ait iiii., li wimes iii. de moi;*

„li neumes en ait il., li disme i., je Totroi,

„et cescuns avéra ceval u palefroi,

„de caus qui monteront le mur et le berfroi."

Quant li Griu entendirent que li rois lor devise 20 qu'il aront le rikécce que on lor a promise, le jor i veiscies mainte brogne en dos mise; portent hiaumes d'acier et espées 4e Frise, et bons fiers por monter et crocières de guise; de devers la mer, encontre le falise, 25

gratèrent^ 11 Griois à mont la roce bise; à fiers et à crocières percent la pierre assise.

1) iMToi, 2) ^ue oot. 3) 9. à l' êiêiniê otroi. 4) à Fviiime H trot. 5) ftirnUtnt.

ASSAUT DE LA ROGE.

Ci dlst «1 ••m H Griu asallreut la roee ù Allxandres et sa ge»%m emtoient ens.

F. 13* I uis^ que li Griu montèrent, le commande li rois que il se pucent prendre le roce et le bierfrois, que sempres i mesisent une ensegne à or frois; c'est la soie demaine à Y fier Arabiois; à cou pora connoistre la gent des vieses lois.' '5

de devers la mer, très par mi le marois, Tait li roi6 asalir à m. Macidoûois, por faire ceus descendre qni erent as biefrois, et à tel rose entendre dont lor fera sordois;' et li homme Alixandre i. montèrent ancois. 10

mais li murs est si fors et d'encoste parfois,^ que ne lor forferont^ ii"* homme i. baulois, por cou que de lor honunes i (*eu8t) xx. et iii. Alixandres li maine, li preus et li cortois, le jor en prist tel cose, par ire et de gabois, 15

dont à jgrande folie le tienent li Gregois.

Quant li Griu asalirent à la roce icel jor, por faire cens descendre qui erent plus haucor,*^ et d'ars et de s^aites traient envers le lor; et cil se descendirent à trevaP li plusior, 20

et esgardent les Grius qui sunt de bel fetor.* * Alixandres s'entorne, com hom de grant valour, *et Tait ù cil montent, qui sont de grant baldor, dont li mener* ne prisent tôt le mont une flor.

1) «tiM. 2) eeiê He sa gent H rois, 8) gorioiê, 4) devani etdêtroU. 5) meêÈrairoiênt 6) o/tor. 7) eanire vai. 8) fUror, 9) miiireê.

ASSAUT DE LA ROCB. 65

quant li i. en descendent, ce content li autor,

xxT. en ocoient contre val, à doloire.

„alii! dist.Àlixandres, Griu et Macidonor,

„com vus fac bui ester en mervillous* eçtour.

„or poes TUS conter qu'ares makès signer ; 5

„se ne ms fac aie, jamais ne vegne' ounor."

à caus qui sont cian tôt les fiers per* ...eqr,'

puis se prent à la roce por faire à eus soscours.*

Quant li rois se fu pris à roee monter,' à tant es rus poignant Clincon et Tolomer, 10-

Licanor et Pilotes et tout li xiL^per. u il Tosist u non, l'orent fait retourner. „sire, ce dist Caunus, mult faites à loer; ,Jà estes vus venu por conquerre outre-mer, „et TUS Toles ci en èest pais finer." 15

—r baron ^ dist 'Alixandres, c'or me laisies ester; y^ùfà Toi morir mes bommes et à honte liTrer, - „*si jo n'apreng à- aus les mai à endurer . „comment se pora donques nus hom en moi fier?*'

Li Grijois ont monté le roi sor i. ceTal, 20

et Tienent à l'entre ù cil tienent estai; gietent, lancent et traient, et font'grant batistal. mult cO i ont rué mainte piere poignal, et cil sunt descendu dusc'outre le portai; mais li Grius les ategnent, com renars fist le gai 25

F. 13' qu'il saisi par le geule quant ot canté jornal, et li Grijois porprendent Te roce et le casai.- tôt furent susmonté (*là) iiii"* Tasal qui traient les espées et escrient roial, et moustrèrent l'ensegne au- roi Macidonal; 30

U debrisent les murs et craTentent à Tal. Alixandres le Toit qui sist sor Bucifal. „ahil dist-il, baron, com par estes loial.**

Quant li dus se regardé, Toit sa gent decopée, prise, morte et ocise et contre Tal gietée, 35

et se roce perdue que il ot tant gardée;

1) dotêrmtê. 2) n'aie Jw. 3) frent gram* far iror. 4) manUr im iar.

66 ABBAUT DB LA ROCB.

vit Tensegne Aliiandre encontre mont levée,

lors maudist les Gregois et toute lor contrée;

ains mes teus félonie ne fu en gens trovée;

et vint à Alixandre contre val, à l'entrée,

merci li a crié et vot rendre s'espée; 5

mais li rois en jura sa teste coronée

que ja n'en sera prise, sens sa mort devisée.

si com il a tous jors l'autre gent démenée,

prise, morte et destniite, toute desbaretée,

la merci c'ot des autres est en lui encontrée; 10

à r meisme le rocè que tant jor ot gardée,

l'ont pendu tôt armé; puis est l'os retemée/

mais li Gr^ois ancois ont le roce ^tornée

qu'il ne remest riens ;^ si par fu desiertée.

Quant li roce fu prise et li dus fu pendus, 15

Alixandres cevauce qui de Grese est iscus.' mult fu grande la route des grans et des menus; il ot en sa compagne xl"' escus. à 1' desevrer* des tieres, quant de Y règne est iscus, à r flan d'une montegne, lor est i. fluns parus, 20

une aige bêle et clere, sens ros' et sens palus; mais ains que fust li vespres aprociés ne venus, de jouste le rivage orent lor très tendus. *mais l'ardor de 1' solel et le cax qui est creus, *et le tofor de l'air les a si confondus 25

*que n'i pooit garir nus hom qui fust vestus. *iluec en eussies tes sept mil veus *que se ficent a l'aighe, que jones que cenus. Alixandres li rois en est au flun venus; por le caut, tos armés est en l'aighe férus; 30

por le froidor de 1' flun dont clers estoit li rus, *et de r caut de 1' solel qui sor lui est caus, li est ë r cors li sans saielés et fondus/

De la froidor dQ l'aighe qui sort de la fontaine, est si espris li rois que sor lui n'en a vaine 35

*que de sanc saelé ne soit et inde et plaine.

1) #>#! Bêt Vù9 aide, 2) jriere, 3) meus. 4) deniêer. 5) koe. 6) iorbUê el eommeuM.

ASSAUT DB LA ROCB. g?

espris erent de V c^ut qui à 1* flun les amaine; COQ fa une mecine qui n'estoH mie saine, desor le roi de Grese n'ot onques une vaine qui de sanc saielé ne soit ondée et plaine. Tholomes le regiete quant voit la color vaine, 5

Glincon a apelé et Perdicas acainne; par les bras le saisi et avec lui l'enmaine; ne yiut que l'os le sace ne entor lui s'acaine/ ne que la gens de près le die à la lontaine.' Alixandre ont asis 11 roi et li demaine; 10

en son tref l'ont coucié sor i drap d'Aquitaine, li xii. per regraitent Alixandre demaine. ahi! tant mors i' fus, gransrois de Macidaine. par le moie foi, Grese, mult estes or* lontaine. or demorra prendre mainte tiere lontaine. 15

entor lui pleure l'os une liuee plaine; veiscies pasmer et cair en l'araine, et rompre maint cevel noir et blanc comme laine. F. 14* onques mais n'ot ë 1' siècle si grant doel d'un cataine.

i mes se part de l'ost, desor i dromadaine, 20

qui Tait Daire noncier; de l'esploitier se paine.

Li mes se part de l'ost, qui de rien ne s'oublie, quant il vint à Daire, envers lui s'umelie; la noviele li conte qu'a volontiers oie de r malage Alixandre en cui pas ne fie, 25

qui sor l'aighe de Libe^ a pris herbegerie," et a tel maladie dont il ne garra mie, et conte le dolour com li os pleure et crie, et regraitent le roi et sa grant cortoisie, son sens et sa proecce qu'il avoit aquellie.' 30

teus m. en vit pasmer parmi la praerie; se Alixandre muert, s'est sa® joie finie, et quant Daires l'entent, ne puet muer n'en rie; de la joie qu'il ot tous ses Dex en merchie. li rois se porpensa d'une grande folie; 35

Daires a* pris i mes, si le tramist à 1' mie

1) que mior ^rmnê. 2) foraine. 3) M«r. 4) êoitaine. 6) en f'flt'fife àê TuàtU. 6) kêmfêrmêrie. 7) et ee eeveierie. 8) lor.

6*

68 ASSAUT DE LA ROCK.

qui garist Alixandre, c'a ses herbes, i' ocbie;

tant li donra rouge or et pales de Rosie,

ne r poroient porter iiii. mul Surie.

ses bras li mist à Y col, piteusement li prie.

mais cest plet convient faire sajement, sens folie. 5

Li mes se part de Daire, congié prist, si s'en va: dusc'à Tost Alixandre onques ne s'aresta. à le guise de Grese sagement s'atorna; en le tente le roi si coiement entra que ne fust conneus,' forment se redouta.* 10

lès le mie s'apoie, un petit le bouttf; d'un des ious li fait signe, d'antre part le toma' et dist, s'en lui. s'en fie, sen preu noncerâ que jamais en sa vie, povres hom ne sera, et cil li'respondi: mar en doutera. 15

quitement est Tenus et quites en ira. or die qu'il lui plesi et il ascoutera. de par Daire de Perse, 11 mes le salua, en Torelle li dist, sajement 11 conta s'il ocit Alixandre , rice homme- le fera. 20

iiii. somiers cargiés d'or fin ce li* donra; c. pales d'Oriant des ihillors que il a, et envers toute jent quitement le tenra. cil entant la parole, une pièce pensa, fremist et devint noirs et de paor. trembla; 25

coiement li respont que sota plaisir fera; se cel avoir li done voirement, l'ocira à ses erbes meismes; ja viu. jors ne vivra, or penst Dez d' Alixandre, car inal consel i a; se savoirs' ne l' retient, convoitise l'ara.* 30

Li mes se part de i' tret; congié a pris à 1' mie, et cil a pris les erbes dont le roi dut ocire, et vint à Alixandre que se dolors enpire. le dçstrecce de 1' mal li fait fraindre et aflire,* le car taindre et noircir, le sanc et les os frire. 35

entour estoit sa gens qui le pleure et désire;*

1) fomê pu feêgarda. 2) d'un€ part en ê'ûPeilê ii msè ii eonêilla. 3) 999 sens. 4) eanvoUiêê U vûiuerm. 5) paie ei dêêrire, 6) éf ëOëpiré,

ASSAUT DB LA ROOB. 69

veiscies les m. qui n'oDt talent de rire. U mires le regarde, eu sod cuer prist à dire: „or ocirai celui qui des autres est sires „et a dit que li mondes se doit vers lui aflire ; „se je fac de tel oume, por avoir, omecide* 5

„et destruis si grant gent et depris' cest enpire, F. 14* „on me deveroit bien detrencier et ocire.

„li rois por lui garir m'a fait d'autres eslire ; Mse par moi est ocis, Dej^ me puise maldire.'' -

Mult fu sages li mies* qui si bien se conseile; 10

*ne veut por cortesie faire si grant mervetle qu'il ocira celui qui tout le mont esTelle; mais de 1' bon roi garir mult forment se travelie. Alixandres meisme* se dort bien et soumelle, et revint sa colour blance, clere et vermelle; 15

et li.Griu orent joie, nus ne vit sa parelle, c*or ne sevent sans lui nés qu'en fait une oelle/ Alixandres meisme les conduist et conseille, autr^si les conduit cora li prestres*^ s'oelle.

Mult fu grande la joie quant li rois fu garis; 20

veiscies par l'ost les Grius mult esbaudis, k'il quidoient de 1' roi qu'il fust mors et finis, les pavillons destendent, si ont les très quellis, cargent mus et cevaus et grans somiers de prisj et font mener en destre les cevaus arabis; 25

portent espius et* lances et grans escus forbis, et ensagnes de porpre et pales de samis, et trespasent le règne de Libe et de Lutis« ceus qui à lui se tiennent, a .li rois requellis^ et ceus qui le refusent a mors et desconfis; 30

les félons orgillous a destruis et laidis et a pris les cités et les palais voltis. Alixandres meismes les a des Grius' garnis; . les grans avoirs en a as Grijois départis, les bacelers de 1' règne, les chevaliers eslis 35

qui sunt gros et quaré et bien amanevis,'^

I) omeeire. 2) Hêftart 3) manjuê. 4) ie motanî d^uM fuêUe, 5) pmUireê, 6) aeaiUU. 7) êiens. 8) puins gros el massU.

70 ASSAUT DE LA ROOB.

caus enmaine li rois, o lui les a coisis;

tant lor done Alixandres ki si les a sougis/

que plus aiment la' paine que nul autre delis;

ne jamais en sa vie n'erent de lui partis,

ains en sera tous jors onorés et servis. 5

Alixandres cevauce qui caiele les Gris;

en Tarière garde est Tholomes et Dans Clins.''

à Tissue de Y règne, si cem moi est avis, -

truevent une montagne qui les a esbahis,

i. tertre aventurous qui dut estre* hais, 10

qui estoit grans et Ions, plus que n'en devis;*

grans vaus ot et grans costes, parfundes et sontis;

qui ceroit dedens, bien poroit estre fis

que jamais n'en istroit, itant que il fust vis.

or oies la mervelle dont li mons est garnis; 15

quant couars hom i entre, sempres devient hardis;

tous li pires de 1' mont i est plus esbaudis,

et li preus i devient isi acouardis,

et mauvais de coraje et de fais et de dis;

tous li mondes' i est fos et avilonnis; 20

et 11 ceval de garde i sunt mult alentis,

et li ronci malves desrée et braidis;

de maint homme a esté li tiertres maleis.

La mervelle du livre, ^ si c'on trueve lisant, est escrite en i. livre d'une estore lisant.* 25

li homme de la tiere l'aloient escivant,* li paisant le tiertre recréant, or oies la mervelle que li Griu vont faisant; qui plus montent la tiertre, plus vont acoardant, li retorners arrière lor vint mult à talant; 30

F. 14* mais li mons ne lor let qui les va destragnant iiii. s'en destomèrent qui se vont desrocant;**' d. en desrocièrent en sel val, pardevant;^^

1) ê'Bê û aêosplis. 2) sa 3) C/û. A) de mainê home, b) ei de ••' fars eioeië. 6) mUdreê. 7) de V mont, 8) muit grant 9) eêkievmU. 10) ••••. <?.#*«« tomèrentf onqneê n'orent garant. 11) de le eoite deerotent, à val vont piriUant,

AMAUT M LA ROCB. 71

onques puis n'en iscirent, à trestot lor vîTant;

li autre s'adrecièrent, si se vont aroutant,

et li mauvais aloient, les bons reconfortant,

qui dient as proudomes: „mult estes recréant;

„nous conquerrons le lierre, desi en Oriant.*' * 5

li bon cevai de garde' i aloient lascant'

et parmi le montagne aloient recréant/

et li ronci malves i aloient salant,

* hennissent et regibent et font noise si grant

*que cil qui desus sont, *vont sovent trebucant. 10

*n'a si prodome en l'ost qui ne s'en espoant;

* c'est une des mervelles dont gens soient parlant; Alixandres li rois s'en ala mervillant.

Li val furent parfont et li tertres agus qui a fait maint prodomme dolant et irascu. 15

mult ot li rois grant ire aine qu'il fust descendus; à r dévaler de Y tertre truevent i. pré erbns, en i. bruel d'olivier menuement foUus. iluee est à cescun ses corages venus et li ceval des prés reçoivent lor vertus. 20

llueques veiscies les roncis recreus qui avoient è 1' mont trovées les vertus, mult ot li rois grant joie quant les Griu vit venus sor Terbe qui fu fresce, est à pié descendus: por le repos qu'il aiment i est lor très tendus. 25

Alixandres meisme en apiela ses drus, dient de la mervelle qui les a deceus, c'onques mais de cest siècle tel cose ne vit nus.

La mervelle de 1' tertre fu le jor mult reprise, en i. tertre en entrèrent de trestous biens eslice; «30 les iii. jors i demeure et repose et délite; li séjors que il font durement lor porfite. toutes les gens de 1' règne qui ilueques habite, vint encontre le roi, li grande et li petite, qui ot cier drap de soie, ne bien rice aumatite 35

le roi le présentèrent, mult est vers lyî aflile, et 11 rois mult les aime et a grant cose dite 1) OeeidoHt 2) Oreêee. 3) i0ê4mU. 4) êsimneani.

72 ASSAUT DE LA ROCB.

que contre toute jent sera ior tiere qiiite; une yinagene* trovèrent de piere mult eslité qui por Neptalamon^ fu drecié et eslite.

En' délite retiegne le roi et son bamagé; volontiers le servirent et de bon cier ceraje;* 5

li rois sor toute gent Ior promet signorage.^ en mi liu de la terre trovèrent une image qui en semblance. d'omme fu drecié en estage; *Alixandres demande à un home d'«age, *„de cui est ceste forme?" cil li dist son corage; 10 *»,par Dant Netaiamus qui fu nés de Càrtage, ^^onques n'ot en cest mont i. seul home si sage/' *lors en rit Alixandres et torna «on visage; * d'autre part est tornés et tient tôt à folage. à l'issue du règne trovèrent un marage*/ 15

après icele tiere trovèrent i. passage.' l'escriture Tapele l'escriture de 1'® Trage. en mi liu se seoit une cités marage;* et fu sor une roce è V destroit d'un, rivage. la gens est felenelce et fière comme sage, !^0.

et respondent le^^ roi orguel et gcant outrage, et si ne prisent lui et sa gent i. fromage. Alixandres en jure tous caus de son lignage; qui mar ont contre lui essaucié son barnage, por tans Ior convenra mostrer Ior vaselage. 25

li Griu les ont ocis et fet mult grant damage; onqûes ne Ior laièrent i. tout seul iretagé; bien ont fait as félons comparer Ior outrage.

De la cité de Trase est li rois bien vengiés; les tors a abatues et les murs pecoiés. 30

Emenidus d'Arcade i estoit bien aidiés, F. 14' Tholomes et Dans Clins et Licanors li fiers, des zii. pers de Grese estoit li vaus^' cargiés; ù truevent fremeté, ne haus murs batillier, ne bailles environ, ne grans fosés trenciés, 35

1) ym00$. 2) Néialamuê, 3) Cii, 4) ei iui ei son iigna^, 5) #evr. I«^0. 6) trtêf osent t. rivage, 7) piue ealvage. 8) U eoniréê de. 9) brage. 10) poêsage. 11) à V, 12) fu H règnes.

ASSAUT DB LA ROCB. 73

tout prendent à abatre, De i remest i, pier.^

quant les a Alixandres destniis let exilUés,

à sa tente de pale eat li rois repairiés.

de l'asant de la vite fu forment trayilli.és,

et si fu. Alixandres pensis et enbronciés. 5-

sour L feutre de pale est i. petit couciés;

li disners Alixandre eâtoit aparilliés,

à mangier sunt asis, ases i ot daintiés.

L harpere de V Trase' est de V roi aprociés.

de lais dire à flahute estôit bien ensigniés; * 10

SOU' siel n'a estroment dont ne fust afaitiés;

par sen savoir est tant d' Alixandre apireciés,

ançois que il s'en tome, il sera bien paies;

il (i) ala pensis, mais il en revint liés.

Devant le .tref le roi est li harpere asis 15

et commença i. lai dont il ot mult apns , de le harpe à flahute dont il estoit apris;* et fil bien escouté d' Alixandre el des Gris, quant (*li rois) ot mangié, si l'a à raison mis. „Diva, dist Alixandres, dont es, de quel pais?*' 20

et cilrespondi: „sire, .vus' saves mes pris.* ^ . ,je sui i. bacelers et povres et mendis, „de ceste gaste vile tous" estrais et noris. „*que tu as hui gastée et le règne conquis; „*hier étois jou rice, hui sui povres mendis/* 25

quant Tentent Alixandre, si a gieté i. ris. „ier avois jou auques et or sui si aquis „que vus aves destruite le règne et le pais.*' par mon cief, dist li rois, voirement m'as conquis.* „se tu i es d'avoir povres, tu auras, biaus® amis, 30 „de ceste cité chi, ten cors en avestis „de la cité de Trase et de .tout le pais; ,4à n'en perderes rien, tant com je soie vis, „ne ne m'entomerai* par consel de mes Gris, „si ert ausi puplée com fu à xv. dis; 35

„et seront redrecié U'mur d'araine bis.*'

1) piêê. 2) Tàrgê. 3) iêê fiée. A) ne fu miê nitrepriê. b} iu mtêSprU, 6) «tii. '^ 7) •• pttroUê m'as prié. 8) je ê'en donrai.

74 ASSAUT DE LA ROCE.

et cil li respondi: „8ire, d. ^ merchis, „ci a mult rice don, jentius rois poestis/' devant lui s'ajenelle, et li sire des Gris li a rendu la tiere par son pelicon gris.

Quant li rois ot la yile à l'harpeor donée, 5

onques ne s'entoma desi qu'il Tôt puplée *el trestot environ autresi bien murée, si bien que fu devant, ains qu'ele fut gastée. lors s'entorne li rois, si pasa la contrée, vers le règne de Sire a sa vote tomée; 10

cou estoit une tors plenière et asasée. toute la gens de V règne est contre lui alée, ricoise et signorie ti orent présentée, et li rois mult les aime et forment les agrée; l'anor' que il ont fait 11 ont guerredonée. 15

Li rois en est entrés en Sire' le garnie qui departoit le terre de Y règne de Persie. encore n'estoit pas Andioce bastie c'Andioce* fist puis, par mult grande mestrie, quant li rois Alixandres li dona en baillie, 20

que il fu* de sa tiere en la fin grant partie, les tieres trovent bieles et bêlement garnie*^ #

de mult bone vitalle et d'autre manandie. F. 15* toute la gens de V règne envers lui s'umelie,

et li rois mult les aime et retient, et afie 25

que ne leur faura, ne por mort ne por vie.'

à r quart jor est venus et Tholomes Tenguie;

tant cevauce Alixandres que de rien ne s'oublie,

qu'il voit les tors de Tir, s'a la cité coisie,

mais ançois conquise* le tiere de Surie, 30

et le règne saisi et mis en sa baillie.

„sire, ce dist Sanson, se Deu me béneie,

„quant je voi ceste tiere, tous li cors me formie,*

„quar ele fu mes père, si l'ot en sa baillie;

„Daires le m'a tolu par »a grant signorie."*® 35

1) Dieu. 2) OMor. 3) Oude. 4) e'Aniiocus, 5) ^ift /• /Ul. 6) riee, oêosêe et plenHe, 7) à mU Jor de m vte, 8) a eanfuie. 9) fremte» 10) félonie.

ASSAUT DB LA ROCB. 75

Alixandres respont: „ne 1' mescrées vus mie;^ ne m'etitornerai, si Tayerai saisie."' cil entent la parole, durement l'en mercie.

Quant li rois coisi Tyr, si fn lies et joians, el les lors' batillies et les murs haus et grans. 5

en une ille de mer le frema Tirelans;* ce fîi li premiers rois de la tiere tenans, les tieres entor lui furent à lui tenans; pour lui le mist non' Tir, tant estoit redotans. après le soie mort l'eslaisa as enfans; tO

ce conte l'escriture, que ce lu ccc* ans après que li dolôuyes* fn par le mont querrans.® or est en le main Daire qui sire est des Pisans;* de li tenoit dus Baies la cité Toirement/^ qui est bons cheyaliers, hardis et.combatans. 15

la cité estoit fors et en tel liu séans, que toute pars li est li murs'* ayironans, ne crient asaut de gent, quariel, dart en lançant,*' ne mangoniaus dreciés, ne perière jetant; tout le siège de 1' mont ne prise ii. bes/ms, 20

fors que seul Alixandre qui si est conbatans. et li Griu se logierent par plains et par pendans; cel jor i ont tendu pavillons, ne sai quans; adonques yeiscies ceus de Tir esmaians, por paor d' Alixandre pensis et souspirans. 25

rois asîst la vile ù ot mainte persone, et par mer et par tiere trestoute Tavironne; mult ot en sa navie pain et yin et avaine.*^ de la fierté de Fost, de la noise qui sone sont cil de la cité esfrée dusc'à none. 30

li dus Baies parole, ces de Tir araisone: „Babilone vint prendre cis rois qui ci sejome,** „et conquerre par force Aufrike et Airagone.*' ,4à ne garra vers lui ki treu ne li doue."

1) lonf cm» je êoie en vie. 2) êi ert en vo MUie. 3) ieé tore vii 4) f^nna Tiriunê. 5) ot à non, 6) ce. 7) deluveê. 8) eoranê. 9) Per- inne. 10) la tient i. due, Balles fif'cM est gardons, It) la mère. 12) «0 pioHei d'ors traiant. \d) et onane, X4) et ofrés, Bseatane. \b) 8arragonê.

76 ASSAUT 0E LA ROCB.

cil de Tir li présentent d'or fin une corone; Il présent et les pierres valoient mainte somme ' de r plus cier argent' fin qui soit en Escalonne. '

Li rois prist la coronne qui mult &st à loer; Tolomes le commande por Sanson coroner, 5

et dist à ceus de Tir qu'il les laient aler en la cité dedens, por les.Dex célébrer.* adonques se commence li dus à redouter qui par force ne Y vot de sa cité garder.*^ „sire, dedens la vile ne vus caut à entrer, 10

,,quar nou9 les te ferons defors aporter." comment, dist Alixandres, que Dies yous dont penser, „se je Toel qu'en i puise par tîtc force entrer F. 15^ „oiste8 me vus onques de traisop reter'?^*

Alixandres ot ire, si commence à enfler 15

et le ciel et les nues durement à jurer, sous siel n'a homme (*en terre) qui peust acorder, ne treu, ne corone encontre lui tenser. voisent tout hors de l'ost, puis les fist defSer. et cil entrent en Tir, si font les gens armer; "20

et li rois commanda iiii. grailes souner, por asalir la vile fist les Grius ordener; mais à ore de nonne commença à venter et une grans tormente mervillause h lever qui fait les nues batre' et les ondes tranler, 25

et les barges ensanle et ferir et hurter;' et li Griu commencèrent durement à crier, et les Dez tos ensamble forment à réclamer; quar grant paor avoient li prince® d'afoler. Alixandres commande que on bâte* le mer 30

et^® les undes baisier et le flun*^ avaler.'

Oies quele mervelle, par quer devision lor vint une semblance, en guise d'un poiscon errant parmi le iner, ferant*? a esporon; le geule porte droite ^^ à guise de dragon, 35

1) vaiurêÊ^ piaine loM. 2) de /' miihr or i'Aràke. 3) 4ti#fti'ett Nér^ bonne. 4) onorêr. 5) jeier. 6) nés krisior, 7) Vûne à VmUro, 8) i^M- 9or, 9) haro, 10) fOK, 11) l€9 floU, 12) fenémU. 13) outerU.

A89AUT DB LA AOCS. 77

et giete fu et flâme daremeift à foison, les nés et la cité clooit* tout environ; por qiioi il ne furent keu' li pavillon. Equant en mer se refiert à guise de plonjon, *adont lor recommence une torblation, 5

*une ire, une tempeste, une confusion . *qui lor.nès lor abatent et froissent li dremon. Li rois a commandé la mer à laidengier et li Griu 1 ferirent por les ondes baisier. adont les veiscies durement apaisien 10

cil de Tyr se commencent forment à mervillier et li home Alixandre mult à eslaiecier. . i. fevres de la vile voloit le jor forgier quarriaus de fer agut et sajaites d*acier, pour les armes à Grius et les cors enpirier; 15

après les refaisait devenir entoscier. en la cité le mostrent, pour lor gens rehaitier; *mais i. signes avint qu'il volrent noncier *as homes Alixandre, por els plus esmaier. as batalles de 1' mur sont aie apoier; 20

uns des barons de Tyr commença à hucier et a dit: „alês-en, seijant et cevalier, ,,paour aves eu li plusior de noier, „*li signes que veistes, qui mut si grant tempier „c'est le Dex de la mer qui vus vint corecier, 25

M^ceste cités est sienne, si la veut calenger. „Neptunus qui est, qui tant fait à prisier, „encor vus fera pis, se ne r'ales arrier. „cà est une mervelle avenue, dès ier, „d'un fevres de la vile qui voloit favrekier 30

„sajaites et quarriaus, pour vo gent damagier, „et li sans de fier caut conmieiiça à raiér. «O^es-les ci, viel cieng, plus ne le quier noier. „de ces ii. aventures vus -deves esmaier; „queillies vos pavillons, aies vus ent arrier 35

„et nous vus en lairons sains et saus repairier.'* Alixandres respont: „ains orçs de Y plaidier; 1) cefol. 2) i, foi que ne finreni eatlii.

78 ASSAUT DB LA ROCB.

„vu8 en veres ancois d. escus percier. „ases aves oi de teus gens manecier „qui malves cuer avoienl d'un eslor commencier, „el au fuir de V camp estoient U premier." F. 15*^ Li rois ot cens de Tir qui le vont demosfrant, 5

k'il guerpise la tiere et s'en revoist à tant. Alixandres respont qui n'ot* pas cuer d'enfant: „cuidies vus que li Griu soient recréant? „jà ne furent-il onques en batalle taisant; ,,mais sour tout autre gent hardi et combatant. 10

,Jà ne m'entomerai à trestout men' vivant, „tant c'arai pris la vile et fait ens mon conunant." Sanson a apelé, si li rent par son gant, et c'il l'a receu, si l'ala merciant.

Alixandres ot ire, si tainst de mautalent, 15

à cens des murs parole, si se drece en estant: édites,' mauvaise gent, félon et mescreant, „vus ne deves mie estre de le cité tenant; „la tormente de mer que veistes si grant „et li Dex Neptinus. qui l'aloit tormentant» 20

„vu8 fait le demonstrance et si est aparant; „ne viut qu'en la cité soies plus demorant, „mais iscies de la vile, de par lui le commani; „et si vus en aies courecous et dolant, „et li Griu le tenront de cest jor en avant 25

„li fiers caus que veistes en le forge sanant, „ce sera i. martires que vus veres si grani „avemr desour vus et desor vostre gent,* ,Jà ne pora aidier li pères son enfant „hui veres tant vert ekne et tant escu luisant, 30

„et tant escu blanci, tant espée trançant, „et tant bon chevalier hardi et combatant, ^environ la cité et derière et devant, „que li mur de la vile en seront reluisant „se ne me le rendes ains le solel coucant,^ 35

,Je vus ferai ardoir en i. fu flamboiant"

1) p^U n'a. 2) ior, 3) Diva. 4) aneoia t. moiê fatêoni. 5) ancois t. moiê pasêonl.

ASSAUT DB LA ROCB. 79

lors furent cil de Tyr esmaié et pensant, et demandent le roi i. respit avenant, tant qu'il aient parlé dedens à lor ganl. Alixandres respont: „je Totroi et créant. „de prendre bon conseil me vient bien à talant.'- 5

^mais les murs de la vile vait sovent esgardant, et en son cuer ala mult la cité loant; mult ameroit que îust aucun de lui tenant.

Li dus prist son conseil à ses^ barons de Tyr; parolent d' Alixandres qui est de tel air, 10

que castiaus, ne cités ne le puet détenir; se ils lui ne se rendent, ne poront garir; presisent conseil des Grius à requellir, se ne fust à Y consel Ladines de Montir' qui lor dist tel parole. dont se deust taisir: 15

„ceste tiere est roi Daire, «i l'en devons servir;. „notre droit signer lige ne devons nos guerpîr, „de si que il nos vint desfier, u trair. Alixandres est preus, s'il nos pooit saisir, „comment k'il ait la vile nos en convient fuir; 20

„u' nos feroit en mer u en tiere morir, „u les millors de nos en caudière boulir.? cis consaus lor a fait la parole guerpir, et dient cens de Tost si que 1' poront oir: „6riu et Macidonais, or vous convient morir;* 25

„quar d'asalir la vile avères bon loisir; „as8es vus en pora cescun jor sovenir." quant Tentent Alixandres, d'ire prist à noircir, P. 15' et commande les Grius fors des loges iscir.

è r bos de Josafas a fait les fus queillir 30

et aporter en l'ost et en la mer salir.

Alixandres a fait m. chevaliers armer et mener caus à pié por les arbres coper. de r bos de Josapbas fait les fus amener et aporter en l'ost et iluec acoupler; 35

puis li ftst de vii. pars atacier et joster et puis après le fist ens en la mer ruer. 1) et U. 2) Dîmes de lUonmir. 3) toê. 4) aies hui maiê dormir

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desor voira-il piere et liere reverser,

et desor, les arrières et fondre et mangonner.

de si as muts de Tir voira le mer fonder,

si qu'il poront de près asalir et gieter

et les gens de la vile destruire et adamier. 5

Quant virent cil de Tir c'Alixandres lor fait, que la mer tor desfent et bastist son atrait,^ li dus se tient por mort se il ne lor desfait, quant li nuis fti venue et la blunors estait, à petites bargieles s'en iscirent à fait, 10

coiement -de la vile, n'i ot crié ne brait, et copent les loiens,' sans tencons et sans plait, metent en Idr galies bêlement et à fait, maleois soit li fus que li dus lor i lait, que cil de Tir n'enportent, .quant arière sunt trait. 15 idés ert Alixandre quafit il sara cest plait. Ce fu- à i. mtftin, quant il dut esclairier, li Griu vont A la mer lor labor commencier, virent les fus tranciés, n'i ot que courecier; adonquesne se prisent valiisant.i. denier. '20

11 rois se commença forment à courecier et maucUst le cité qui le fait travilUer; il ne 11 puet de rien, ce 11 samble, enplrier;' avant vorra conquerre et puis repairier. lors montèrent par Tost seijant et chevalier; 25

a iii. liues d'iluec alerent hebregier, pour cou qu'en autre tiere volrent aler prenuer; iluec fist Aljxandres 1. castiel commencier, deseure i. montagne, ases près de V gravier.^ Salalion'^ l'apelent, si est sor un rocler, 30

por cou que U païen, dîent au tans premier . que Candars avolt non AUxandres d'Aller, et voira en son non le castiel batlllier.^ ilueques veiscles le rçpos commencier. une vols dlst au roi, quant iu aies couder, 35

que il en volst arrière le castiel asegier;

1) tet a^nt. 2) roorêês. 3) car ire puet vert le vile nuie rien gemp^er. 4) ^im vregier. 5) CmUaiien. S) ëmfHêier,

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il le prendera bien, ne li .caut esmaier. lors retornent arière, sans plus adelaier. è r bos de Josafas ont fait les fus drecier* et aporier en Tost et en la mer lancier, à caines de fier et bender et loier; 5

les ont. fait de ii. pars ssgement 4itacier, que cil dedens n'es puisent de noient enpirier; mais cil de Tir les grievent, li bon arbaléstrier lancent- lor dars molu» et